La sélection d'Octobre 2014






Igor Gehenot Trio : Motion


[ IGLOO IGL 253 ]



01. Crush (Igor Gehenot) - 5:45
02. Santiago (Igor Gehenot) - 4:58
03. Prémices (Igor Gehenot) - 1:40
04. Interlude (Igor Gehenot) - 5:55
05. Jaws Dream (Igor Gehenot) - 2:42
06. Back Country (Igor Gehenot) - 3:51
07. Song from Eden (Igor Gehenot) - 4:19
08. Ô Lac (Igor Gehenot) - 5:52
09. Deep Unseen (Igor Gehenot) - 5:57
10. In The Wee Small Hours Of The Morning (Mann-Hilliard) - 4:33
Sortie : Septembre 2014

Igor Gehenot (piano) - Philippe Aerts (contrebasse) - Teun Verbruggen (batterie)

Enregistré et mixé en avril 2014 par Daniel Léon au Studio Igloo

Photographies de Maël Lagadec



Après la réussite de son premier album, Road Story, sorti en 2012 et l'excellence des concerts qui ont suivi, ce deuxième essai en studio du pianiste Igor Gehenot était fort attendu. Notons d'abord que le trio connait un changement important puisque le contrebassiste Sam Gertsman, retenu par ses obligations aux côtés de la chanteuse Mélanie De Biasio et du trompettiste Jean-Paul Estiévenart, a été remplacé par Philippe Aerts. Un choix judicieux si l'on considère que ce dernier, qui a longtemps joué avec la pianiste Nathalie Loriers, a jadis montré, en plus d'évidentes qualités techniques, de brillantes dispositions pour improviser sur le genre de musique lyrique qui constitue l'essence de l'art d'Igor Gehenot. On pourra s'en rendre compte sur la ballade In the Wee Small Hours Of The Morning, le standard de David Mann autrefois popularisé par Frank Sinatra qui est l'unique reprise du disque. Entre les notes cristallines du piano, Arts y délivre un accompagnement et un court solo dont la sûreté mélodique et la profonde sensibilité tout en rondeur ne sont pas sans rappeler le grand Charlie Haden.

Crush qui débute ce recueil est une composition animée dont les arrêtes rythmiques plus marquées feront probablement mouche en concert. Le leader y fait preuve d'une grande clarté d'expression, parfaitement soutenu par la batterie arborescente d'un Teun Verbruggen particulièrement en verve. Evidemment, ce sont les ballades romantiques qui constituent le cœur battant du répertoire: Interlude, Song From Eden et Deep Unseen sont de magnifiques photographies intimistes où le pianiste suggère énormément avec peu de notes, laissant le silence perforer la mélodie pour créer des atmosphères aussi aérées que poignantes. L'interaction entre les trois musiciens est magique. Elevée au rang d'art, elle enrichit les compositions de myriades de ponctuations et autres richesses harmoniques et rythmiques qui transcendent cette musique contemplative en lui procurant une dimension collective quasi-irréelle. Mais Gehenot a aussi un sens aigu du swing comme il le démontre sur l'excellent Jaws Dream, un thème enlevé sur lequel le pianiste s'envole avec une déconcertante facilité.

Avec de tels albums qui s'écoutent en boucle sans lassitude, Igor Gehenot n'aura aucune difficulté à nous entraîner avec lui pour la suite de ses aventures.


Mini-interview d'Igor Gehenot

  • DragonJazz: ton premier album, Road Story, a été d'emblée un grand succès à la fois public et critique non seulement en Belgique mais aussi au niveau international (et notamment en Angleterre). Comment as-tu composé la musique de ce premier disque et comment l'as-tu fait mûrir avant son enregistrement ?

    Igor: c’est une tâche qui a commencé dans les classes du conservatoire à Maastricht où je travaillais ces compositions avec d’autres élèves. Je les ai peaufinées au fil du temps, en travaillant notamment avec Sam Gerstmans qui m’a donné énormément d’idées tant sur le plan harmonique que rythmique. Nous n’avons fait qu’une seule répétition avant d’enregistrer cet album avec Teun Verbruggen et Sam. Tout sonnait très naturel. J’ai souhaité garder cette fraîcheur pour enregistrer Road Story.

  • DJ: ce second album en trio, Motion, apparaît à priori comme une suite logique à Road Story. Comment s'inscrit-il dans ton parcours musical et dans ton évolution personnelle ?

    Igor: grâce justement à Road story, nous avons eu la chance de tourner pas mal,ce qui m’a permis de « tester » de nouvelles bribes de compositions que l’on retrouve sur le nouvel opus Motion. Une fois arrivées à leur maturation, j’ai ressenti l’envie de les mettre sur plaque et Igloo records à mis tout en oeuvre pour réitérer la chose, et j’en suis ravi! Quant à mon évolution, je vais à mon rythme, je continue à composer le plus possible, je fais des nouvelles rencontres musicales et humaines fortes, ce qui m’influence dans ma vie et dans ma musique.

  • DJ: Il semblerait donc que les compositions de Motion ne soient pas entièrement abstraites mais qu'elles sont censées exprimer ou se référer à des émotions liées à des évènements vécus (voyages, découvertes, rencontres ...)?

    Igor: effectivement, la piste deux, Santiago, fait référence à notre tournée au chili avec Sam Gerstmans et Lionel beuvens. Nous avons sillonné le chili du Nord au Sud, avec des atmosphères a chaque fois très différentes mais ô combien inspirantes... Ô lac est tiré du poème d’Alphonse Lamartine « Le Lac » mais, pour moi, il est évocateur d’un séjour au Lac Léman en Suisse: le paysage y est assez incroyable où se côtoient grandes étendues d’eau et montagnes immenses et fortes.

  • DJ: peux-tu donner quelques détails techniques sur l'enregistrement de Motion? Es-tu satisfait du résultat sur le plan de la qualité technique? La musique sonne-t-elle comme tu le souhaitais?

    Igor: oui comme pour le premier album, je suis très satisfait du son de Motion. J’ai eu le bonheur de travailler avec quelqu’un de très compétent, Daniel Léon, qui nous connaissait personnellement et musicalement, ce qui aide inévitablement lors de la prise de son et du mixage. Nous avons opté pour un mixage avec un volume général assez faible, pour inviter l’auditeur à se pencher réellement sur notre musique et ses subtilités.

  • DJ: quelles sont les musiciens les plus décisifs, et en particulier les pianistes, qui t'ont influencé, même de manière diffuse, dans ta manière de composer et de jouer ?

    Igor: j’écoute depuis des années des musiciens comme Keith Jarrett, Bobo Stensson, Richie Beirach, Kenny Kirkland, Paul Bley, Esbjorn Svensson, Tigran Hamasyan.. ils ont chacun d’eux des manières très personnelles d’aborder le piano jazz. J’essaie de m’en imprégner le plus possible pour pouvoir construire mon style personnel de musique. Quant à la composition, il est par contre très difficile de composer comme un tel ou un tel, les mélodies sortent naturellement de moi, de ce que j’entends à l’instant même.

  • DJ: le contrebassiste Sam Gertsmans était un élément clé de l'alchimie de ton trio dans Road Story. Comment s'est passé son remplacement par Philippe Aerts ?

    Igor: Très naturellement. Je cherchais un bassiste qui ait plus ou moins le même profil que Sam, à savoir un beau son acoustique, qui sache faire des solos tant trop « en mettre ». Cela a été pour moi une grande rencontre à la fois musicale et humaine.

  • DJ: comment envisages-tu la suite de ta carrière?

    Igor: Je voudrais faire une trilogie avec le trio (3 albums) avant de partir sur une formation différente, un quatuor à cordes ou une formule en duo m’attirent assez bien, pourquoi pas avec chanteur ou chanteuse? Le temps nous le dira...

Sur Internet


Discographie de Igor Gehenot

  • 2012 - Igor Gehenot Trio : Road Story, Igor Gehenot (p), Sam Gerstmans (b), Teun Verbruggen (drs), (IGLOO IGL 232) - CD
  • 2014 - Igor Gehenot Trio : Motion, Igor Gehenot (p), Philippe Aerts (b), Teun Verbruggen (drs), (IGLOO IGL 253) - CD



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