La Sélection de décembre 2003




Olivier Collette : De l'Aube au Crépuscule



Olivier Collette : De l'Aube au Crépuscule


(mogno jo12)

Bart Defoort (ts), Bart de Nolf (b), Jan de Haas (dr)
Fabien Degryse (ac gt), Olivier Ker Ourio (hmca), Kurt Budé (Bb & bass clarinet)
Frank Michiels (perc), Olivier Bodson (bugle), Laurence Collette (fl)
Igor Semenoff (1er violon), Cécile Broché (2me violon), Dominica Eyckmans (violon alto)
Sigrid Vandenbogaerde (violoncelle), Olivier Collette (piano)

Enregistré au Studio Crescendo à Genk (Belgique) en août 2003




  1. De l'Aube... - 00:50
  2. Peaceful Dance - 05:41
  3. Phénix - 06:26
  4. Arabesque - 07:09
  5. Tango Solitude - 08:02
  6. Dancing Birds - 06:12
  7. I Don't Care - 05:52
  8. The World Needs Us To Be - 01:37
  9. Tender - 05:46
  10. Blue Conversation - 05:32
  11. You Know Why - 08:22
  12. Cath's Song - 04:50
  13. ... Au Crépuscule - 02:58
Total time 69:35

Compositions et arrangements par Olivier Collette sauf
The World Needs Us To Be (Diederick Wissels, Arrang. Wissels - Collette)



Notre univers est fait de cycles : les jours, les saisons, la vie, la mort semblable au Phénix qui renaît perpétuellement de ses cendres. Chaque instant de ces cycles possède sa beauté, sa magie, comme autant d’arabesques d’une immense danse paisible. Nous oublions souvent de les contempler… L’homme a également le pouvoir de transformer cet univers. A nous de le rendre plus tendre, plus beau qu’il ne l’était à l’aube des jours.

Ce fragment extrait des notes de pochette illustre fort bien l’ambiance de ce disque à la fois joyeuse et positive, à contre courant de l’air du temps plutôt rythmé par le beat implacable d’hommes en colère. Poétique aussi se révèle cette musique colorée dont le but avoué est avant tout de faire plaisir. Le jeune pianiste y confirme ses qualités de compositeur en créant des mélodies fraîches et aguichantes qui conduisent à des espaces d’improvisation aérés où s’envolent les nombreux solistes invités. Parmi ces derniers, on note Bart Defoort aux saxophones soprano et ténor, comme toujours mordant et passionnant (Phénix), Olivier Bodson au bugle, Kurt Budé à la clarinette basse (remarquable sur Tango Solitude) et Olivier Ker Ourio qui s’inscrit ici dans la filiation d’un Toots Thielemans avec sa manière tout en nuances de faire chanter son harmonica chromatique (Arabesque). Loin de se cantonner dans un seul registre, Collette brasse large et compose des miniatures dans des genres qui vont du tango à la ballade romantique en passant par le hard bop. Le lien entre tout ça, ce sont les arrangements finement ciselés qui privilégient la simplicité, la séduction, une sorte de respiration qui fait que l’écoute de ce disque ressemble à une promenade paisible dans l’ombre d’un sous-bois. Sur quelques titres, le leader s’est adjoint un quatuor à cordes et a demandé un coup de main à Diederik Wissels pour les arrangements mais, à l’instar de son illustre invité, on reste toujours dans la nuance et la sobriété. En tant que pianiste, Olivier Collette révèle un toucher délicat même s’il prend soin de ne pas trop s’écarter de ses mélodies laissant à ses solistes le soin d’en explorer plus avant les arcanes. Quant à la rythmique composée de Bart De Nolf à la basse et de Jan de Haas à la batterie, elle s’intègre avec aisance dans le projet en lui apportant cette pulsation tranquille et sautillante qui n’est pas pour rien dans la dynamique de l’ensemble. Ainsi, en un peu moins de 70 minutes, l’auditeur passe de l’aube au crépuscule, explorant des paysages musicaux harmonisés avec une tendresse et une joliesse que tempère avec bonheur une belle vivacité, avant que le disque ne se referme comme il a commencé sur quelques accords de guitare acoustique habilement égrenés par Fabien Degryse. Et l’auditeur se sent heureux comme s’il venait de vivre tout un jour paisible à la campagne au milieu d’une nature originelle enfin retrouvée. Objectif atteint. Impact durable. Pari gagné et disque recommandé !


A écouter en priorité :
  • Arabesque : pour sa tendre mélodie, l'intégration intelligente du quatuor à cordes dans un arrangement superbe de Diederick Wissels et la maîtrise d'Olivier Ker Ourio à l'harmonica.
  • I Don't Care : pour le groove lent et lanscinant qui donne des ailes aux solistes (Collette au piano et Bart De Nolf à la contrebasse) et bien sûr pour le phrasé virevoltant de Bart Defoort qui se sent là-dedans comme un poisson dans l'eau. Simple, souple et efficace, tel est le jazz très accessible que l'on a choisi de jouer ici.

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