La Sélection de Novembre 2004




Charles Loos / Fred Wilbo

So Happy, The Curve

Carbon 7 C7-067/068

-------------------------

Fred Wilbo (piano on CD 1) ; Charles Loos (piano on CD 2)
Valentin Wibaux : vocals on CD 1 - piste 15

Enregistré en août 2002 (Wilbo) et en août 2003 (Loos)





CD 1
  1. Son allure était gauche et timide - 02:40
  2. Heureuse la courbe - 03:52
  3. Métaphore - 01:44
  4. Maïs noir - 04:04
  5. 1986, en juillet - 04:28
  6. Ici la grève - 02:15
  7. Seigneur terrible de mon rire - 04:12
  8. Quand vous aurez fini de me coiffer - 02:27
  9. Et celle qui danse - 04:06
  10. Le lit, les eaux du ciel - 03:08
  11. D'autres portes - 03:48
  12. L'aile du vent - 02:41
  13. Azur - 03:20
  14. Mer déserte - 02:55
  15. Ailleurs - 02:22
Total Time 49:06


CD 2
  1. Etre telle - 05:01
  2. Au pur délice de l'amante - 04:18
  3. Le mouvement, créateur du langage - 06:18
  4. Non, violet - 02:15
  5. La volonté - 05:40
  6. Le reniement - 01:35
  7. Terre fumante - 03:55
  8. Fini de vous haïr - 06:15
  9. L'impatience du poème - 01:23
  10. Réponse - 06:29
  11. Grondement de l'âme - 01:16
  12. Soit avec nous - 01:47
  13. Un cri - 06:16
  14. Plus bruyante qu'une criée aux poissons - 02:16
  15. L'histoire fut moins claire - 03:41
Total Time 58:58




Le concept à la base de ce double compact est pour le moins original. Un beau jour, le pianiste tournaisien Fred Wilbo décide de piocher la première phrase de 15 passages choisis au hasard dans les œuvres complètes du poète Saint-John Perce et d’en faire les titres de ses nouvelles compositions. Une année plus tard, il demande à Charles Loos, qui fut jadis son professeur, d’extraire de ces mêmes passages une seconde phrase et d’en faire les titres de 15 nouvelles improvisations sur le même instrument. On peut alors imaginer qu’un lien mystérieux s’est spontanément tissé entre les interprétations de ces deux pianistes. Ce qui fait de cette œuvre en deux volets quelque chose de mystique à l’instar de cette belle photographie illustrant la pochette qui présente un ciel nuageux et son reflet : un paysage comme un tableau de Magritte où la perspective est prolongée au-delà de la réalité. La première plage du compact de Wilbo place instantanément l’auditeur au cœur d’un monde irréel. Cette musique tournée vers l’intérieur fascine d’autant plus qu’elle ne dit pas tout. Elle plane aérienne, intemporelle, chargée d’expressivité tandis que les notes traînent longtemps dans le silence telle la robe translucide d’une comète poursuivant sa course dans un ciel pur. Beaucoup de ces mélodies se lisent ainsi entre mélancolie et fragilité, toutes en ellipses délicates et envoûtantes. Et comme l’instrument est un Bechstein mythique de 1877, le timbre est forcément grandiose d’autant plus qu’il est capté avec une science de l’enregistrement peu commune. Ailleurs, il arrive que Wilbo s’envole dans des improvisations tourmentées comme si l’inquiétude reprenait ses droits le temps d’un orage avant que la lumière ne perce à nouveau les volets clos (Le lit, les eaux du ciel … et les relais du fleuve d’ombre sur la terre – peut-être même s’irritant de n’avoir pas de réponse). Là on se dit que Keith Jarrett rôde dans les parages mais si l’on ose citer une telle référence, c’est que la musique le vaut bien. Avec Charles Loos sur le second compact, on pouvait s’attendre à quelque chose de plus enjoué, de plus chantant dans le style habituel du pianiste mais ce n’est pas le cas. Après tout, la magie a quand même fonctionné et Loos s’est laissé emporter vers des improvisations qui prolongent les voyages intérieurs du premier disque, explorant du côté de la musique classique et de l’impressionnisme, s’aventurant même dans des zones plus sombres où vivent parfois des accords dissonants. Ce côté profond et obscur de l’artiste est plus secret mais il révèle un musicien plein de ressources capable de contrastes et d’alternances qui paraissent inépuisables. Il termine son répertoire sur une petite ritournelle en forme de boîte musicale, concluant ainsi un voyage mystique en revenant à ses aspirations personnelles. Ainsi ces deux disques constituent bien ensemble une œuvre unique à déguster d’un seul tenant. Laissez-vous pénétrer par les émotions indicibles de cette musique construite sur un rêve insolite et ouverte à la plus profonde sensibilité.


Sur un site consacré à Saint-John Perse, on peut lire la phrase suivante :

Son œuvre transcende à coup sûr les appartenances étroites, ne se réclamant que de son esthétique propre, cette manière élaborée sous bien des inspirations et à l'écoute de bien des influences, mais débouchant sur une originalité si marquée.

... C'est à peu de chose près ce que l’on a envie d'écrire à propos du binôme Wilbo - Loos et de So Happy, The Curve.


Sur Internet :


Vous avez aimé cette page ? Faites le savoir sur mon livre d'or.


[ Voir toutes les pochettes des sélections en thumbnails ]

[ Index | CD base | Vision | Initiation | Europe | Belge | Blues | Sélection | Liens ]
[ Les faces du jazz : 1917 - 1950 ]
[ Jazz Belge : Nouveautés ]

[ Sélections : février 98 | avril 98 | juin 98 | sept. 98 | déc. 98 | avril 99 |
| juin 99 | oct. 99 | janvier 2000 | mars 2000 | mai 2000 | juillet 2000 | octobre 2000 |
| janvier 2001 | février 2001 | avril 2001 | juin 2001 | septembre 2001 | décembre 2001 |
| février 2002 | avril 2002 | mai 2002 | juin 2002 | août 2002 | novembre 2002 |
| février 2003 | avril 2003 | septembre 2003 | octobre 2003 | décembre 2003 |
| janvier 2004 | février 2004 | mars 2004 | avril 2004 | mai 2004 |
| janvier 2005 | février 2005 | avril 2005 | juin 2005 | août 2005 | novembre 2005 |
| janvier 2006 | mars 2006 | juin 2006 | août 2006 | octobre 2006 | décembre 2006 |
| janvier 2007 | mars 2007 | avril 2007 | juin 2007 | septembre 2007 | novembre 2007 |
| janvier 2008 | mars 2008 | mai 2008 | août 2008 | octobre 2008 | décembre 2008 |
| janvier 2009 | mars 2009 | avril 2009 | juin 2009 | août 2009 | novembre 2009 |
| janvier 2010 | mars 2010 | mai 2010 | août 2010 | septembre 2010 | novembre 2010 |
| janvier 2011 | mai 2011 | juillet 2011 | septembre 2011 ]


Retour à la page d'index

Retour vers page d'index

DragonJazz - cdjazz@dragonjazz.com