01. Kinky busyness - 06:10 02. SOS - 06:09 03. Konglong - 06:42 04. Dialoges on statements - 05:50 05. Autumn sketch 1 - 07:03 06. Emond - 02:54 07. Force ceu - 06:08 08. Koart bilde - 04:41 09. Carambole - 05:59 10. Moker 1 - 02:05 11. Crush my bones - 04:01 12. Shaded - 05:41 13. Moker 2 - 03:22 14. Dulan - 05:52 |
Total Time 72:51 Enregistré au De Ontginning les 4, 5, 6 & 7 juillet 2005 Toutes les compositions sont de Mathias Van de Wiele sauf 6, 10 & 13 par Moker |
Moker est une quintet dont il est n’est pas simple de cerner la musique. Formé en 2000 à l’initiative du guitariste Mathias Van de Wiele, également compositeur de la majorité des titres, le groupe privilégie les improvisations libres et intenses mais brouille les pistes en les cadrant dans des compositions originales, soignées et riches en atmosphères diverses. Kinky Busyness par exemple donne le ton : les bruitages divers sont suivis par une section orchestrale arrangée au millimètre et ensuite par un solo de saxophone ténor soufflé dans une rhétorique free, avant le retour à une mélodie propice à un jeu de chaises musicales entre guitare électrique, contrebasse, saxophone et trompette qui emmène le morceau jusqu’à sa conclusion. C’est bien fait et contrasté : on sent la cohésion du groupe qui, d'une part, se refuse à négliger les structures au seul profit des individualités et d'autre part, privilégie la dynamique du propos plus que sa linéarité. L’une des caractéristiques du groupe est justement la force des arrangements : la musique est touffue et on a souvent l’impression d’être confronté à un orchestre bien plus important qu’un simple quintet. Parfois, le mélange des genres atteint des sommets comme sur ce Shaded envoûtant où le classicisme des arrangements orchestraux est confronté à un jazz moderne parsemé de bruitages électroniques et transpercé par un superbe solo presque fusion de guitare électrique. Moker 1 et 2 vont encore plus loin en ouvrant les structures et en laissant la place à des improvisations libertaires où le cri et la dissonance ne sont pas absents. Konglong, après un faux départ groovy, évolue en une composition plus classique pleine de swing et de chorus débridés avant de laisser la place à une section en roue libre, spontanée et dénuée de tout dogmatisme. Même la rythmique est spéciale avec sa basse profonde (Dajo De Cauter, le fils de Koen) et, surtout, les fûts de Giovanni Barcella qui évoquent bien souvent les rythmes tribaux de tambours ancestraux (ce n’est sans doute pas pour rien que le compact est logé dans son digipack entre deux photos d’une forêt insondable et mystérieuse). S’il fallait trouver une référence spirituelle à cette musique, ce sont les grandioses architectures contrastées de Charlie Mingus que j’évoquerais : à la fois traditionnelle et radicale, arrangée et spontanée, jetant pèle mêle des éléments abrasifs au sein de partitions consonantes, la musique de Moker paie son tribut au jazz moderne classique en tentant quelque chose de différent. Pour ça, il mérite bien qu’on l’écoute !
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Discographie de MOKER
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