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Série VI - Volume 6 Volumes : [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ] [ 6 ] [ 7 ]


Another Live (UK)

Another Live (USA)
Todd Rundgren's Utopia : Another Live (Bearsville), USA, 1975

1. Another life (7:07) - 2. The wheel (6:59) - 3. The seven rays (8:46) - 4. Intro/Mister Triscuits (5:24) - 5. Something's coming (2:49) - 6. Heavy metal kids (4:14) - 7. Do ya (4:09) - 8. Just one victory (5:17)

Todd Rundgren (chant, guitare); « Moogy » Klingman (harmonica, synthétiseur, vibraphone, claviers, chant); Ralph Schuckett (basse, accordéon, claviers, chant); Roger Powell (synthétiseur Moog, trompette, claviers, chant); John Siegler (basse, violoncelle, chant); John « Willie » Wilcox (drums) + 3 choristes


Deux mois après un autre chef d’œuvre de Todd Rundgren, Initiation, sort ce live extraordinairement oublié et composé en grande partie de matériel neuf, enregistré dans divers concerts new-yorkais, sous deux pochettes, l'une anglaise avec la BD et l'autre américaine.

Ces nouveaux morceaux enregistrés live démarrent sur les chapeaux de roues avec le titre éponyme et sa trompette jouée par Roger Powell (nouveau musicien chez Todd et inventeur du synthé bandoulière) : ce morceau en intro est bien enlevé et nous met dans l'ambiance, ça va être fort...

Guitare sèche et ballade acoustique pour The Wheel, magnifié par la voix de Todd, rehaussé par l'accordéon de Ralph Schuckett. S'y rajoutent la trompette de Powell, l'harmonica superbe de Moogy Klingman et même du xylophone : ces gars sont de merveilleux instrumentistes et, qui plus est, inspirés. Vous l'avez compris, voilà un petit joyau de plus.

Seven Rays est une belle pièce de prog devenue un classique de Todd. Tout est parfait : ligne mélodique imparable, solos majestueux de guitare par Rundgren et de synthé par Powell. Le titre provient du livre "Traité des Feux Cosmiques" qui inspira Todd pour la longue suite du même nom dans Initiation (qui, avec plus d'une heure, était à l’époque l’album de rock le plus long). La guitare flamboyante et la voix unique font merveille. Le tout sur un rythme simple emmené par Wilcox (découvert par Todd après les sessions de War Babies de Hall & Oates qu'il produisit.)

Intro/Mister Triscuit, nous envoie très haut dans le ciel avec un duel de nos deux sorciers musiciens, Todd et Roger : je saute et sors de mes chaussures quand je l'entends. Les textes comme le reste de l'album sont métaphysiques (voir Hermès Trismégiste pour les plus curieux). La conversation entre claviers et guitare vous donne des fourmis dans les jambes. Ce morceau réapparaîtra quelques années plus tard dans l'album solo (un peu décevant) de Powell Air Pocket. Du chaos apparent surgissent des lignes mélodiques Moog/guitare d'une pureté et d'une évidence inimaginables. Todd à l'époque se produisait dans d'immenses stades en tant que sauveur du Rock'n'Roll. Ce morceau est vraiment brillant et me colle la chair de poule à chaque fois que je l'entends.

La reprise de Something's Coming de Bernstein, le compositeur de la bande du film West Side Story, est bien vue dans sa réécriture avec ses solos de guitare magnifiés par la profusion des claviers et toujours cette voix de Todd... La Voix !

Heavy Métal Kids, morceau classique et très rock, écrit par Todd pour les stades, montre un groupe vraiment soudé et qui fait bloc derrière son mentor.

Do Ya des Move, morceau composé par un autre sorcier nommé Jeff Lynne (avant qu'il ne parte créer ELO dont la reprise de Do Ya fut un succès), vous donne encore l'envie de danser, même si vous êtes tout seul ! Wood, Lynne et les Move avaient en réponse repris une excellente chanson de Todd : Open My Eyes.

L'album se conclut, comme tous les concerts de Rundgren à l'époque, avec un splendide Just One Victory incluant une débauche de chœurs et d’harmonies vocales.

Encore un immense disque du sieur Todd dont la musique, comme toutes celles de qualité, semble intemporelle, inusable et inoxydable. Merci Monsieur Rundgren !

[ Chronique de Dan Lormes ]

[ Another Live (CD, MP3, Vinyle) ]
[ A écouter : Another Live (Album complet) ]



Initiation Todd Rundgren : Initiation (Bearsville), USA, 1975

1. Real Man (4:25) - 2. Born to Synthesize (3:40) - 3. The Death of Rock and Roll (3:48) - 4. Eastern Intrigue (5:06) - 5. Initiation (7:05) - 6. Fair Warning (8:07) - 7. A Treatise on Cosmic Fire (36:00)

Todd Rundgren (chant, guitare, sitar, piano); « Moogy » Klingman (synthétiseur, claviers); Ralph Schuckett (clavinet); Roger Powell (synthétiseur Moog, claviers, flûte); John Siegler (basse); John « Willie » Wilcox (batterie)


Avec 67 minutes de musique, ce chef d’œuvre de Todd Rungren avait battu, à l'époque, le record de durée pour un 33 tours. A noter que la pochette, inspirée de l'homme de Vitruve, est réalisée et mise en couleur par Todd en personne.

Dès les premières notes de synthé, on reconnaît la patte du maître avec Real Man, devenu un hymne classique de Todd, avec des textes relatant la plénitude humaine qu'il chante avec ce ton de voix si unique. La ligne mélodique toujours si évidente chez TR est épurée et de toute beauté.

Le texte ésotérique de Born To Synthesize, caractérisé par une belle prise de risque, est chanté a cappella avec quelques effets et échos de Powell. Soit 3'41 sans accompagnement musical : encore une performance qui sonne très bien !

Enchaînement avec The Death Of Rock'n'Roll. Toujours la magnifique griffe de Todd, enluminée par quelques guitares bien flamboyantes, un morceau plein de distorsion (mais toujours mélodique avec TR) et des chorus de folie délivrés par le maestro. Les paroles nous font comprendre que Todd est bien fâché avec le show bizz et les médias. Il défend sa musique et nous dit sa désaffection pour les journalistes et critiques musicaux.

Avec Eastern Intrigue, le tempo se calme et la musique s'apaise, une douceur relevée par des mélodies encore une fois imparables, le tout enrichi de splendides chœurs. Le texte est envoûtant à propos de la magie mystérieuse de l'Orient. La voix de Todd (une des plus belles de la sphère rock) passe par tous les registres et les tessitures… Magique !!

Avec Initiation, titre éponyme de l'album, les rythmes s'accélèrent pour un moment encore fort. Il s'agit d'un récit initiatique et ésotérique. Nous écoutons de magnifiques échanges de chorus enflammés entre Todd et Powell sur ses synthés, celui qui deviendra le claviériste attitré de la formation Utopia. La ligne vocale est de nouveau imparable : on peut la chanter dans sa salle de bain ! A noter quelques invités prestigieux comme Edgar Winter, David Sanborn et Rick Derringer.

Le long et majestueux Fair Warning va clore la partie vocale de l’album (et aussi la première face du LP). A noter que toutes les voix et chœurs sont de Rundgren, la performance est proche de ce que fait Freddy Mercury à la même époque. Todd possède un registre de plusieurs octaves. Edgar Winter nous gratifie de plusieurs magnifiques interventions de saxophone ainsi que d'un long chorus… On boit du petit lait ! Le texte est toujours abscons sur l'amour, la poésie : « Je donne un avertissement amical, rien ne m'enchaînera » nous dit Todd. Les harmonies vocales et les synthés se mêlent aux notes de saxophone finement travaillées. Petit clin d’œil en rappel de Real Man en fin de morceau (Cf. Something/Anything).

Enfin, la pièce de bravoure, Le Traité Du Feu Cosmique, inspiré par l'écrivaine ésotérique Alice Bailey (fondatrice peut-être du mouvement new-age), arrive avec ses 35 minutes instrumentales. Cette dernière ne manquait pas d'humour et disait : « dans ce déferlement de dieux de toutes sortes, est-ce que le vrai dieu peut se lever, svp ? ». Todd est seul aux manettes comme il l'avait déjà fait pour Something/Anything. Le maître fait swinguer ses synthés, ses boites à rythmes et ses guitares. Sa maîtrise du studio est telle (rappelez-vous son travail de producteur avec Tubes, Sparks, Meat Loaf, the Band...) qu'on croit entendre un ensemble instrumental. Entre l'intro et l'outro, la pièce musicale se partage en trois : le feu solaire, le feu électrique et le feu par friction. Les thèmes s'enchaînent, s'interpénètrent sans cassure, les mélodies se baladent sans cesse, toujours dans ces maelstroms de claviers. Bien que non crédité, Powell a travaillé sur cette partie. Les trouvailles mélodiques et les leitmotivs se suivent sur une rythmique endiablée. On retrouve aussi les accents de l'album Utopia avec ses orgues de fêtes foraines. Ce style de musique n'a jamais été entendu auparavant (à l'instar du Larks' Tongues In Aspic Part 1 de King Crimson avec ses vibraphones et marimbas). Peut-être que le Concerto Pour Synthetiseur de D. Vorhaus s'en approche un peu, bien que les guitares de Todd et l'inspiration soient bien différentes. En conclusion, on retrouve le thème initial apaisé. Todd était à bonne école avec les claviéristes qui l'entouraient : Schuckett, Klingsman et Powell !

L'album qui n'est pas vraiment « grand public » n'a pas eu le succès qu'il aurait mérité. En fait, Rundgren, malgré les quelques standards qui parsèment son oeuvre, s'est enrichi en travaillant comme producteur, en particulier avec Meat Loaf. L'album représente bien l'art créatif de TR et peut constituer une bonne « Initiation » pour les néophytes. La réédition en CD est complétée avec un superbe livret.

[ Chronique de Dan Lormes ]

[ Initiation (CD, MP3, Vinyle) ]
[ A écouter : Initiation - A Treatise On Cosmic Fire: I The Eternal Fire or Fire By Friction ]



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