Rock progressiste : les Nouveautés 2019 (Sélection)



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Neal Morse : The Great Adventure (Metal Blade / Radiant Records), 25 janvier 2019
The Great Adventure
CD 1 : Act I / Chapter 1 (12:50) : 1. Overture - 2. The Dream Isn't Over / Chapter 2 (23:48) : 3. Welcome To The World - 4. A Momentary Change - 5. Dark Melody - 6. I Got To Run - 7. To The River / Chapter 3 (17:59) : 8. The Great Adventure - 9. Venture In Black - 10. Hey Ho Let's Go - 11. Beyond The Borders
CD 2 : Act II / Chapter 4 (18:13) : 1. Overture 2 - 2. Long Ago - 3. The Dream Continues - 4. Fighting With Destiny - 5. Vanity Fair / Chapter 5 (30:57) : 6. Welcome To The World 2 - 7. The Element Of Fear - 8. Child Of Wonder - 9. The Great Despair - 10. Freedom Calling - 11. A Love That Never Dies

Neal Morse (chant, guitare, claviers); Mike Portnoy (drums, chant); Randy George (basse); Eric Gillette (guitare, chant); Bill Hubauer (claviers, chant)


A ma connaissance, c'est la première fois dans l'histoire de la musique prog (et peut-être de la musique populaire tout court) qu'un double album conceptuel (d'une durée totale de plus de 106 minutes, soit environ 5 faces de LP) est suivi par un second double poursuivant la même histoire.

The Great Adventure de l'ultra prolifique Neal Morse est en effet une suite directe de The Similitude Of A Dream paru en 2016. Ce dernier album qui se termine par les paroles « Let the great adventure now begin… » laissait bien supposer une séquelle d'autant plus qu'il ne raconte qu'une petite partie du grand voyage spirituel de Christian depuis la Cité terrestre de la Destruction vers la Cité céleste de Sion. Cette allégorie inspirée par le « Livre du Pélerin » du prédicateur et écrivain anglais John Bunyan est dans sa forme originale un long récit riche en lieux, personnages et péripéties qui sont en effet loin d'avoir été tous exploités.

Outre Neal Morse (lead vocals, guitars, keyboards), le Band comprend Mike Portnoy (drums), Randy George (basse), Bill Hubauer (claviers) et Eric Gillette (guitares). Si la forme et le fond de The Great Adventure se situent évidemment dans la ligne de The Similitude Of A Dream, Morse parle quand même d'un album plus rude et profond, l'histoire s'intéressant davantage au fils abandonné du pèlerin dont les dires et le comportement sont plus hargneux que ceux de son père. Et le fait est que cette musique est d'une puissance rarement égalée dans l'œuvre de Morse, avec ou sans Spock's Beard. Depuis la première ouverture dont la grandeur annonce un voyage digne de celui du Seigneur des Anneaux, les 22 plages vont se fondre les unes dans les autres pour créer une œuvre puissante qui verse à l'occasion dans un prog-métal heureusement toujours accessible, reprenant des mélodies de TSOAD dans d'autres arrangements ou forgeant de nouveaux thèmes magnifiques qui sonnent instantanément comme des classiques. Les passages instrumentaux sont nombreux, mettant en relief la virtuosité des musiciens mais on y trouve aussi quelques ballades émotionnelles (A Love That Never Dies) et des chansons rock accrocheuses (Vanity Fair) qui auraient pu être écrites par Queen et auraient fait autrefois le bonheur des radios FM.

Le prog a toujours été une musique caractérisée par le dépassement et les superlatifs. Mais avec un tel monument épique de plus de 3,5 h d'écoute dans sa discographie, Neal Morse semble cette fois avoir atteint un nouveau record qui en fait le Joseph L. Mankiewicz du prog. Indispensable ! [4½/5]

[ The Great Adventure (CD / Vinyle) ] [ The Similitude Of A Dream (CD / Vinyle) ]
[ A écouter : The Great Adventure - Vanity Fair ]

Dewa Budjana : Mahandini (Dawaiku Records), Indonésie, 2019 (CD/LP)
Mahandini
1. Crowded (5:55) - 2. Queen Kanya (6:59) - 3. Hyang Giri (7:44) - 4. Jung Oman (6:52) - 5. ILW (6:39) - 6. Mahandini (8:17) - 7. Zone (5:56)

Dewa Budjana (guitare); Jordan Rudess (claviers); Marco Minneman (drums); Mohini Dey (basse, konnakol) + Invités : John Frusciante (chant sur 1 & 7, gt sur 1); Mike Stern (guitar solo sur 5); Soimah Pancawat (chant sur 3). Enregistré le 24 janvier 2018 au Steakhouse Studio, Los Angeles, CA.


Le jazz-rock, on en conviendra, est un genre qui a du mal à se renouveler. Dérivant soit vers un jazz smooth plaisant mais guère excitant ou vers une virtuosité technique aguichante pour quelques extrémistes uniquement, la fusion a perdu (à de rares exceptions près) beaucoup de son âme créatrice au fil des ans. Heureusement, une brise fraîche arrive parfois de là où ne l'attend pas, en l'occurrence d'Indonésie avec Dewa Budjana, l'homme aux guitares sculptées.

Si Surya Namaskar, paru en 2014, fut l'album de la révélation, ce onzième disque en studio intitulé Mahandini sera à coup sûr celui de la consécration. Enregistré en un jour à Los Angeles avec un nouveau quartet incluant Jordan Rudess, Mohini Dey et Marco Minnemann plus quelques invités dont Mike Stern sur un titre (ILW), le leader va plus loin dans le mariage de ses thèmes mélodiques, de la musique traditionnelle indonésienne, du jazz électrique et, cette fois, du rock progressiste personnifié par l'immense présence de l'ex-batteur de Steven Wilson et du claviériste de Dream Theater.

La guitare occupe toujours le centre de la musique mais sur cet album, elle est projetée dans la stratosphère par un groupe hors du commun. C'est de là que vient le titre. Maha signifie "grand" et Nandini est le "véhicule qui transporte le Dieu Shiva". Appliqué au groupe, Mahandini sonne donc comme « le grand véhicule portant la musique du leader. » En tout cas, ce disque superbement produit est bourré d'arabesques mystiques, de riffs mortels, de mélodies inusitées, d'atmosphères balinaises mystérieuses, d'envolées fusionnelles grandioses et d'arrangements prog complexes.

Ça sort en CD et LP au début de 2019 mais les fichiers digitaux en haute qualité sont déjà disponibles depuis quelques semaines sur Bandcamp ! [4½/5]

[ Mahandini (MP3 / CD) ] [ Mahandini sur Bandcamp ]
[ A écouter : Queen Kanya - Hyang Giri ]

Steve Hackett : At The Edge Of Light (InsideOut), UK, 25 Janvier 2019
At The Edge Of Light
1. Fallen Walls And Pedestals (2:18) - 2. Beasts In Our Time (6:21) - 3. Under The Eye Of The Sun (7:07) - 4. Underground Railroad (6:23) - 5. Those Golden Wings (11:20) - 6. Shadow And Flame (4:24) - 7. Hungry Years (4:34) - 8. Descent (4:21) - 9. Conflict (2:37) - 10. Peace (5:04)

Steve Hackett (guitares, luth, charango, sitar, harmonica, chant); Durga & Lorelei McBroom (chant); Nick D'Virgilio (drums); Simon Phillips (drums); Sheema Mukherjee (sitar); Malik Mansurov (tar); Gulli Briem (drums, percussions); Jonas Reingold (basse); Paul Stillwell (didgeridoo); Rob Townsend (saxophone, bass clarinet, duduk); Amanda Lehmann (chant); John Hackett (flûte); Gary O'Toole (drums); Roger King (claviers); Ben Fenner (claviers); Dick Driver (contrebasse); Christine Townsend (violon & violon alto)


At The Edge Of Light (Digipack)Après The Night Siren sorti en 2017 et en marge de ses concerts consacrés à la musique de Genesis, l'infatigable Steve Hackett annonce son 26e album studio pour le 25 janvier 2019. At The Edge Of Light comprend 10 chansons qui se situent cette fois encore au carrefour du prog symphonique et d'influences world recueillies au cours de différents voyages, une combinaison que le chanteur guitariste a mis au point avec succès sur ses productions les plus récentes.

Comme le titre l'indique, le thème général se rapporte au contraste entre l'ombre et la lumière symbolisant l'opposition entre le mal et le bien qui se trouve au centre de toutes les cultures. Steve Hackett a présenté son nouveau disque en disant que ce dernier « insiste sur la nécessité pour toutes les formes musicales et cultures de se connecter et de célébrer le miracle de l'unité dans ce monde divisé. » Une idéologie saine et clairvoyante que le guitariste défend depuis longtemps face à une société qui a de plus en plus tendance à se fracturer et à se replier sur ses particularismes.

S'appuyant sur une logique désormais bien établie, At The Edge Of Light a été enregistré dans le propre studio de Steve mais aussi à différents endroits sur la planète. Y ont ainsi collaboré des musiciens d'horizons différents comme les batteurs américains Nick D'Virgilio et Simon Phillip (USA), l'Indien Sheema Mukherjee au sitar, le Suédois Jonas Reingold à la basse plus Paul Stillwell au didgeridoo, Rob Townsend au saxophone, John Hackett à la flûte, Christine Townsend au violon et Roger King aux claviers. A noter également la participation des deux vocalistes afro-américaines Durga et Loreley MacBroom célèbres pour avoir chanté avec Pink Floyd.

Les mélodies sont superbes ainsi d'ailleurs que les arrangements qui sont très élaborés. La voix de Steve semble toujours en progrès et son jeu guitare compte parmi le meilleur de ce que le prog peut offrir. Tout cela saute aux oreilles sur la durée de l'album mais il suffirait d'écouter le splendide titre épique Those Golden Wings et sa myriade de styles pour en saisir toute l'essence. Ceux qui ont apprécié The Night Siren vont adorer At The Edge Of Light.

L'album est édité en CD, double LP et en édition spéciale incluant un médiabook CD + DVD avec une version 5.1 surround de la musique et un documentaire. [4½/5]

[ At The Edge Of Light (CD / MP3) ]
[ A écouter : Under The Eye Of The Sun - Underground Railroad ]




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