Rock progressiste : La Sélection 2009



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Marillion : Less Is MoreSaga : The Human ConditionThe Tangent : Down & Out In Paris & LondonL’année 2009 fut d’abord celle de deux projets similaires dans leur conception mais différents dans leur réalisation. The Incident, la longue suite saturnienne de Porcupine Tree, démontre un nouvelle fois combien la vision de Steven Wilson compte dans le rock progressiste moderne tandis que The Whirlwind, bâti lui aussi comme une longue composition structurée en chansons mises bout à bout, témoigne de l’inégalable savoir faire des quatre virtuoses qui composent Transatlantic même si la musique est en fin de compte plus conventionnelle que ce qu’on pouvait attendre d’un tel super groupe. A l’ombre de ces deux géants qui ont remporté tous les suffrages, Anno Domini High Definition des Polonais de Riverside et Frequency du groupe néo-prog IQ, relifté après le départ du batteur Paul Cook et du claviériste Martin Orford, ont été deux grandes réussites incontestables qui traverseront sans problème les épreuves du temps. Si l’on ajoute à ces quatre là le visionnaire Black Clouds & Silver Linings de Dream Theater, cette fois autant progressif que métal, on tient les cinq disques qui ont défini l’année progressive 2009 en faisant couler beaucoup d’encre dans les magazines spécialisés. D’autres noms pourtant tout aussi connus n’ont remporté qu’un succès d’estime. C’est le cas du Less Is More de Marillion qui n’était après tout qu’un collection d’anciennes chansons interprétées en acoustique et de Down & Out In Paris & London de The Tangent, en manque de progression par rapport à ses œuvres précédentes. Par contre The Human Condition de Saga est passé presque inaperçu ainsi que Pain Of Salvation dont le mini-disque Linoleum n’offrait guère d’intérêt. Mais il y a pire comme l’enregistrement live de Neal Morse (So Many Roads), ceux de Mostly Autumn (Live 2009 Part I & II), Keith Emerson Band Featuring Marc Bonilla, The Yum Yum Tree d’ Ozric Tentacles, Molecular Heinosity de Derek Sherinian, Visionary d’ Eloy, American Soldier de Queensrÿche et bien d’autres qui ont raté le coche pour des raisons diverses et parfois extra musicales mais qui, la plupart du temps, sautent quand même aux oreilles.

Quelques groupes dont la célébrité est encore chancelante ont confirmé un réel talent en imposant des œuvres fortes comme le Tick Tock de Gazpacho, Number Seven de Phideaux, le formidable The Underfall Yard de Big Big Train, apparu trop tardivement au moment des fêtes de fin d’année et, dans une moindre mesure, Numb de Blind Ego un peu moins réussi que le premier, Nostalgia de Satellite et le trop court Afterglow de Wobbler. Les nouveaux groupes par contre ont été légion et, sans savoir quel sera leur sort dans l’avenir, on gardera quand même un bon souvenir de Shackleton’s Voyage de Eureka, Terra Incognita - Beyond The Horizon de Roswell Six, On This Perfect Day de Guilt Machine et The Fading Ghosts Of Twilight de Agents Of Mercy, ces trois derniers projets étant quand même construits respectivement autour de trois musiciens célèbres et réputés que sont Erik Norlander (Rocket Scientists), Arjen Lucassen (Ayreon) et Royne Stolt (Flower Kings). Il faut encore y ajouter le groupe américain Astra dont le compact The Weirdling n’est pas passé inaperçu chez les amateurs de rock psychédélique.

Gazpacho : Tick TockGuilt Machine : On This Perfect DayShadow Gallery : Digital GhostsRedemption : Snowfall On Judgement DayPendragon : Concerto MaximoCôté métal progressiste, outre les disques précités de Dream Theater et de Blind Ego, on retiendra encore l’excellent Digital Ghosts de Shadow Gallery dont le côté progressif est ici avantageusement accentué au détriment du métal pur et dur ainsi que Snowfall On Judgement Day de Redemption qui semble s’être fixé une voie plus mélodique et donc plus accessible que sur ses précédents opus : ces quatre là suffiront largement pour remplir le quota de décibels requis pour l’année 2009. La palme de la plus belle pochette de l’année devrait à mon avis être partagée entre le vaisseau de fer dans l'oeil du cyclone dessiné par Per Nordin pour Transatlantic, l'intrigante image évoquantla recherche d'un signe extraterrestre qui illustre le Frequency de IQ et l'exceptionnelle photographie que l'artiste danois Lasse Hoile a réalisée pour The Incident de Porcupine Tree. Quand au DVD à ne pas rater, j'hésite encore entre le concert de Jeff Beck au Ronnie Scott's Jazz Club et le Concerto Maximo de Pendragon édité par Metal Mind : ce dernier fut filmé pendant la tournée « Pure » au petit Théâtre Slaski de Katowice, un endroit désormais bien connu des amateurs où ont été enregistrés de multiples concerts de rock progressiste.

Au-delà de cet insignifiant microcosme, la planète a continué de tourner. La grande nouvelle en début d’année fut l'investiture de Barack Obama au poste de président des Etats-Unis en remplacement de George W. Bush. Le 12 février, Alison Des Forges, historienne américaine spécialiste de l’Afrique des Grands Lacs et du génocide rwandais, décèdait dans un accident d’avion près de Buffalo. Une messe fut organisée à Kigali à laquelle j’ai assisté personnellement. Des troubles ont éclaté à Madagascar et en Guinée-Bissau et l’Irak a replongé dans la violence tandis que le Pape, en route pour l’Afrique ravagée par le SIDA, déclenchait une controverse à propos de l’emploi du préservatif. Le 6 avril, un tremblement de terre à L'Aquila en Italie a fait plus de 300 morts. Un orage aux 300.000 éclairs a traversé la Belgique tandis que la pandémie mondiale du virus de la Grippe A (H1N1) était déclarée par l’OMS. Le jour de mon anniversaire (25 juin), Michael Jackson a décédé inopinément mais c’était trop tard pour annuler ma petite fête. Il y a 40 ans, Le 20 juillet très exactement, l’homme faisait ses premiers pas sur la lune. Le 30 septembre, un séisme a fait plus de 5000 morts sur l’île de Sumatra. Sans rien faire de spécial, Obama s’est vu offrir le prix Nobel de la paix tandis que la FAO déclarait qu’il y a plus d’un milliard de malnutris dans le monde. Enfin, la Nasa découvrait soudain que la lune regorge d’eau gelée mais Hergé nous l’avait déjà dit il y a bien longtemps. Entre-temps, le guitariste John Martyn, le vibraphoniste belge Sadi, Alain Bashung, le bassiste de Soft Machine Hugh Hopper, l’acteur David Carradine, la chanteuse de blues Koko Taylor et Eric Woolfson du Alan Parsons Project ont tiré leur révérence.

En attendant, voici la sélection de Dragonjazz, faite de bric et de broc, amassée avec un peu de perspicacité et beaucoup de subjectivité dans tous les sous-genres qui composent aujourd’hui ce qu’on nomme encore et toujours le rock progressiste … Sic transit 2009 …


Transatlantic : The Whirlwind (Century Media/EMI), USA/suède/UK 2009
Transatlantic : The Whirlwind

Neal Morse (vocals, claviers, guitares)
Roine Stolt (vocals, gt, mellotron, perc.)
Pete Trewavas (basse, vocals)
Mike Portnoy (drums, vocals)

The Whirlwind : i) Overture / Whirlwind (9:54) - ii) The Wind Blew Them All Away (6:10) - iii) On The Prowl (6:03) - iv) A Man Can Feel (6:35) - v) Out Of The Night (4:22) - vi) Rose Colored Glasses (7:54) - vii) Evermore (4:10) - viii) Set Us Free (5:03) - ix) Lay Down Your Life (5:11) - x) Pieces Of Heaven (2:17) - xi) Is It Really Happening? (8:11) - xii) Dancing With Eternal Glory / Whirlwind (Reprise) (12:04) - Total Time : 77'47"

Finalement, alors qu’on l’avait presque oublié, Transatlantic refait surface. Sur la pochette, surgissant de l’œil d’un ouragan, le même vaisseau de fer dessiné par Per Nordin est toujours là. Le line up est lui aussi resté le même avec ces formidables musiciens issus de quatre groupes parmi les plus influents du rock progressiste moderne : Neal Morse (ex-Spock’s Beard), Roine Stolt (The Flower Kings), Mike Portnoy (Dream Theater) et Pete Trewavas (Marillion). Leur nouvel album ne comprend cette fois qu’un unique et immense titre épique intitulé The Whirlwind qui frôle les 78 minutes, ce qui en fait l’une des plus longues compositions de rock jamais composées. Peut-on écrire qu’elle est aussi pour autant l’une des meilleures ? Et bien pas vraiment. Comme souvent, cette suite est composée de plusieurs parties (douze en l’occurrence) mises bout à bout et reliées entre elles par un concept et des thèmes musicaux récurrents. Tout dépend donc de la qualité propre de ces sections qui, malheureusement, est ici assez fluctuante. Si certaines d’entres elles sont de fabuleuses chansons alliant simplicité déconcertante et redoutable efficacité (The Wind Blew Them All Away, On The Prowl et Lay Down Your Life notamment), d’autres tirent en longueur et n’arrivent pas à maintenir l’attention (Dancing With Eternal Glory / Whirlwind). Du coup, on se dit que si le groupe avait freiné sa mégalomanie pour concocter une œuvre moins complaisante et plus compacte, tout le monde y aurait probablement gagné. Si Portnoy et Trewavas restent de fabuleux techniciens mettant tout leur savoir au service de la musique, il est clair ici que Morse et Stolt se sont partagés l’essentiel du travail, l’influence du premier sautant déjà aux yeux à la lecture des titres et des textes glorifiant la pensée chrétienne (Pieces Of Heaven, Dancing With Eternal Glory …), ce qui a probablement été une condition préalable pour que l’ancien leader de Spock’s Beard accepte de participer au nouveau projet. Quant au second, dès l’écoute de l’Ouverture (Overture / Whirlwind), on reconnaît la voix, la guitare et les arrangements très marqués qui, depuis près de deux décennies, font les beaux jours des Flower Kings. Ailleurs, dans l’inexorabilité de son insatiable débit, la musique évoque bien souvent le dernier album solo de Neal Morse (Lifeline) déjà fort critiqué pour son manque de renouvellement. Bien sûr, le talent est là et la musique coule à profusion avec une désarmante musicalité mais cette combinaison confortable de rock symphonique et de pop linéaire véhicule aussi désormais pas mal de clichés. On aurait aimé qu’un super groupe de cette trempe nous surprenne davantage avec la même force créatrice qui avait présidé à l’élaboration de leurs deux premiers et magnifiques opus. En fin de compte, ce qu’on retient de ce monstrueux Whirlwind, c’est d’un côté, l’immense savoir-faire des musiciens et de l’autre, leur singulière absence d’engagement.

L’édition spéciale de The Whirlwind renferme un second compact avec quatre chansons inédites au charme certain, écrites dans le style pop-rock intelligent des Beatles. Ainsi en témoigne la chanson Lenny Johnson, hommage à peine déguisé au créateur de The Walrus dont Royne Solt reprend la voix grave et traînante. On comprend ici combien les Beatles, à côté des grands groupes symphoniques des 70’s, ont été une inspiration primordiale pour les Flower Kings et, par ricochet, pour Transatlantic. Composée par Neal Morse, For Such A Time est une superbe ballade accompagnée à la guitare acoustique avec, au milieu, un solo de guitare électrique transcendant joué par Stolt dans son style flamboyant habituel. Trop longue et répétitive, la composition de Pete Trewavas, Lending A Hand, est la plus faible des quatre même si la fin tournoyante sonne elle aussi très Beatles. En plus, le groupe complète le compact par quatre reprises de chansons célèbres. Si Salty Dog ne vaut pas l’original de Procol Harum (la voix de Gary Brooker est tout simplement inimitable), I Need You résulte d’une bonne idée consistant à combiner le fameux titre des Beatles avec la chanson du même nom composée par America et en y incluant le riff de Day Tripper pour faire bonne mesure. Soul Sacrifice, extrait du premier album éponyme de Santana, donne l’occasion à Portnoy de briller même si cette version souffre face à l’inoubliable interprétation de Michael Shrieve au Festival de Woodstock de 1969. Par contre le sommet est atteint avec l’extraordinaire reprise de The Return Of The Giant Hogweed (extrait du Nursery Crime de Genesis) dont l’ambiance apocalyptique originale est ici sublimée par le jeu ultra serré des musiciens et la frappe monstrueuse de Mike Portnoy. Pour quelques dollars de plus, mieux vaut donc opter pour le beau digipack de l’édition spéciale qui, cerise sur le sucre glacé, comprend aussi un livret d’une vingtaine de pages.

[ Transatlantic Website ] [ The Whirlwind - Ed. Régulière 1 CD ] - [ The Whirlwind - Ed. Spéciale 2 CD ] - Transatlantic : Discographie sélective

Porcupine Tree : The Incident (Roadrunner), UK 2009
Porcupine Tree : The Incident

Steven Wilson (vocal, guitare, claviers)
Richard Barbieri (synthés, claviers)
Colin Edwin (basse)
Gavin Harrison (drums)
John Wesley (guitare)

CD1 - The Incident : Occam's Razor (1.56) - The Blind House (5.47) - Great Expectations (1.26) - Kneel and Disconnect (2.03) - Drawing the Line (4.43) - The Incident (5.20) - Your Unpleasant Family (1.48) - The Yellow Windows of the Evening Train (2.00) - Time Flies (11.40) - Degree Zero of Liberty (1.45) - Octane Twisted (5.03) - The Seance (2.39) - Circle of Manias (2.19) - I Drive the Hearse (7.21) - Total Time : 55'11"
CD2 : Flicker (3.41) - Bonnie the Cat (5.45) - The Black Dahlia (3.40) - Remember Me Lover (7.31) - Total Time : 20'41"


"But after a while, you realize time flies. And the best thing that you can do, is take whatever comes to you." (Time Flies)

Finalement, si l’on en juge par les textes de ses chansons, Steven Wilson n’est probablement pas un type marrant. A chaque nouveau disque, il s’enfonce davantage dans une sorte de poésie dépressive et juvénile qu’on imagine autobiographique. On n’est pas très loin d’un Thom Yorke (Radiohead) avec qui Wilson partage la vision d’un monde contemporain sans illusion ni confort et replié sur lui-même tel un ruban de Möbius. Inspiré par un banal accident de voiture et d’autres faits divers collectés dans la presse ou dans la propre vie du chanteur, The Incident est une fresque impressionniste composée d’une série de vignettes qui tentent d’humaniser des évènements mornes et disloqués, à priori indépendants les uns des autres. Mais si les thèmes abordés sont sombres et le concept flou, la musique par contre est lumineuse et tranchante. On percevra aisément dans cette longue suite en quatorze sections le vaste éventail de la dynamique contrastée de Porcupine Tree : des assauts métalliques de Occam's Razor à la délicate mélodie floydienne de I Drive The Hearse, tout ici est mesuré, agencé avec une précision microscopique et porteur d’une intense émotion qu’on ne retrouve guère dans les groupes de rock actuels. Et si Fear Of A Blanket Planet avait son Anesthesize et Deadwing son Arriving Somewhere But Not Here, The Incident offre lui aussi, stratégiquement placé au cœur du répertoire, un fabuleux Time Flies qui s’étend sur près de douze minutes en emportant l’auditeur dans une univers gazeux où, littéralement, le temps s’envole. La production, peaufinée par Wilson lui-même, est résolument moderne et d’une insurpassable qualité : la musique a une présence enveloppante qui ne laisse aucune échappatoire à celui qui se trouve pris dans sa trame. Le premier compact de ce double album a été réservé pour contenir la suite complète, les quatre autres morceaux indépendants (Flicker, Bonnie The Cat, Black Dahlia et Remember Me Lover) ayant été relégués sur un autre mini-disque pour ne pas troubler l’intégrité et la cohérence de l’œuvre principale. Ces quatre là, je ne les ai jamais écoutés. J’en suis resté à distiller inlassablement les effluves de cet Incident majeur, englué dans les innombrables couches sonores de ce fabuleux conte saturnien qui replace une nouvelle fois le PT de Wilson en tête de la meute.

[ Porcupine Tree Website ] [ Porcupine Tree sur MySpace ] [ The Incident ]

Eureka : Shackleton’s Voyage (InsideOut), Allemagne 2009
Eureka : Shackleton’s Voyage

Frank Bossert (guitare, claviers,
basse, mandoline, drs & percussions)
+ invités

The Last Adventure (0:50) - Departure (3:10) - The Challenge (3:32) - Grytviken Whaling Station (3:02) - Heading South (3:58) - Icebound (5:06) - Plenty Of Time (2:58) - The Turning Point (0:49) - Going Home (5:10) - Into The Lifeboats (4:39) - Elephant Island (2:39), Will You Ever Return? (3:09) - In Search Of Relief (6:57) - The Rescue (3:27) - We Had Seen God! (1:46) - Total Time : 51'12"

Explorateur anglo-irlandais, Ernest Shackleton fut, avec Amundsen et Scott, une des grandes figures de la conquête du Pôle Sud au début du dix-neuvième siècle. Il est pourtant beaucoup moins connu par ses succès que par son extraordinaire expédition avortée à bord du navire Endurance qui débuta en 1914 pour se terminer en 1917. Suite au naufrage de son bateau pris dans les glaces de l’Antarctique, Shackelton s’imposera en définitive comme un commandant héroïque déterminé à entreprendre une incroyable opération de survie qui aboutira au sauvetage de tous ses hommes d’équipage. C’est à cette épopée qu’est consacré ce Shackelton’s Voyage, quatrième album d’Eureka, projet fondé en 1997 par le compositeur et multi instrumentiste de Hambourg, Frank Bossert. Son interprétation musicale du voyage de Shackelton est scindée en quinze morceaux dont les noms sont explicites et qui sont parfois reliés par des bruitages nautiques. Neuf d’entre eux sont des instrumentaux, deux autres sont chantés par Billy Sherwood (Going Home et The Challenge) et un par Kalema (Will You Ever Return?) tandis que l’acteur anglais Ian Dickinson cimente le concept par trois textes courts lus avec une diction parfaite. Sur le plan musical, Bossert s’est fait aider par son compatriote Yogi Lang (RWPL) qui, en plus du mixage de l’album, s'est aussi fendu d'un excellent solo de moog sur Heading South. On notera enfin la participation sur Departure de Troy Donockley (Iona), spécialiste des cornemuse et flûte irlandaises, qui accentue le côté celtique de la musique et lui fait exhaler un sentiment de liberté et d'excitation au moment où le navire quitte le port pour son voyage vers l'enfer. Par la suite, les thèmes épousent les péripéties des protagonistes tout en évoquant périodiquement la solitude et les paysages glacés de l’Antarctique. Entre rock symphonique genre Mostly Autumn et variations instrumentales à la Mike Oldfield (c’est la guitare de Bossert qui m’oblige à cette référence), cette œuvre admirablement agencée, s’écoule dans une continuité parfaite comme un film d’aventures hollywoodien. On notera en passant le beau et intéressant livret qui reproduit des photographies originales de l’expédition. Ce premier grand hommage musical à cet homme hors du commun que fut Ernest Shackelton est une réussite incontestable qu’à l’avenir, il sera bien difficile de dépasser.

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Roswell Six : Terra Incognita - Beyond The Horizon (ProgRock Records), USA 2009
Roswell Six : Terra Incognita - Beyond The Horizon

Erik Norlander (claviers)
+ invités

Ishalem (11:00) - The Call Of The Sea (6:26) - I Am The Point (5:42) - Letters In A Bottle (5:02) - Halfway (4:06) - Anchored (4:40) - Here Be Monsters (5:29) - The Sinking Of The Luminara (5:41) - The Winds Of War (4:49) - Swept Away (4:18) - Beyond The Horizon (5:09) - Merciful Tides (5:07) - The Edge Of The World (4:42) - Total Time : 72'39"

Ceux qui apprécient l'art-rock classique et modérément métallique de Ayreon (Into The Electric Castle, The Human Equation, 01011001) ou de Star One trouveront chez Roswell Six une musique similaire aussi bien dans la forme que dans l'esprit. Ce projet est né de la rencontre, organisée par Shawn Gordon de ProgRock Records, entre le claviériste Erik Norlander (Rocket Scientists) et l'écrivain de science-fiction Kevin J Anderson (co-auteur avec Brian Herbert des nouvelles séries consacrées à la saga Dune). L'histoire est attrayante : des bateaux appartenant à deux civilisations en guerre parcourent les océans en quête d'une terre inconnue où se niche un fabuleux trésor mythique qui apportera peut-être la victoire à ceux qui le découvriront. Grandes batailles, guerres de religion, cités incendiées, voiliers, tempêtes, mers déchaînées, monstres marins et caractères issus d'un moyen-âge imaginaire constituent la trame de cette histoire d'heroic-fantasy. On nage donc en plein rock opéra fantastique sauf que dans ce cas, le récit épique et légendaire d'Anderson a une profondeur réelle due au talent et à l'imagination fertile du romancier (ici quand même aidé par son épouse Rebecca Moesta). Manifestement séduit par le projet, Norlander a composé et produit une musique dense, symphonique, riche en moments dramatiques ou lyriques en fonction des ambiances et des situations du récit tout en évitant le côté pompeux souvent associé à ce genre de concept. Il faut dire qu'à l'instar d'Arjen Lukassen, Norlander s'est entouré d'une équipe de fin bretteurs qui, tous, ont leur part de gloire dans l'élaboration de cette oeuvre ambitieuse au parfum hard FM. Le département des voix est ainsi confié à James LaBrie (Dream Theater), Michael Sadler (Saga), John Payne (GPS et Asia) et Lana Lane tandis que la musique profite, entre autres, de la présence du guitariste Gary Wehrkamp (Shadow Gallery), du bassiste Kurt Barabas (Under The Sun, Amaran's Plight), du batteur Chris Quirarte (Prymary), du violoniste David Ragsdale (Kansas) et même de Martin Orford (IQ, Jadis) crédité à la flûte, sans parler de Norlander lui-même absolument impérial derrière son arsenal de claviers (c'est à mon avis son album de loin le plus abouti). Comme le livre appartient à une trilogie, on peut penser que deux autres opus viendront bientôt s'ajouter à celui-ci. Vu le punch et la qualité de ce premier album, on est plus que partant pour l'aventure. Hissez Ô ! Et une bouteille de rhum...

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Phideaux : Number Seven (Bloodfish Music), USA 2009
Phideaux : Number Seven

Phideaux Xavier (vocal, ac gt, piano)
Johnny Unicorn (claviers, sax)
Mark Sherkus (claviers)
Gabriel Moffat (el gt, Lap Steel gt)
Mathew Kennedy (b)
Rich Hutchins (dr)
Valerie Gracious (vocal)
Ariel Farber (vocal, violon)
Molly & Linda Ruttan (vocal)

1) Dormouse Ensnared : Dormouse - A Theme (1:05) - Waiting For The Axe To Fall (6:12) - Hive Mind (4:00) - The Claws Of A Crayfish (5:40) - My Sleeping Slave (3:27)
2) Dormouse Escapes : Darkness At Noon (1:50) - Prequiem (2:10) - Gift Of The Flame (6:10) - Interview With A Dormouse (1:10) - Thermonuclear Cheese (2:10) - The Search For Terrestrial Life (5:30) - A Fistful Of Fortitude (2:44)
3) Dormouse Enlightened : Love Theme From "Number Seven" (7:30) - Storia Senti (6:50) - Infinite Supply (5:05) - Dormouse - An End (2:00)


Si leurs cinq premières productions sont restées plutôt confidentielles, Doomsday Afternoon, leur sixième et précédent opus, fut déjà une petite révélation. Mais, comme c'est l'usage chez Dragonjazz où la qualité prime sur la quantité, on aime bien approfondir le sujet avant de lâcher un nouveau nom en pâture à nos attentifs lecteurs. Ce septième compact du collectif américain conduit par le multi-instrumentiste Phideaux Xavier ne permet toutefois plus de tergiverser : le groupe joue désormais en première division et son approche symphonique, dont les racines plongent dans le rock progressiste des seventies, se caractérise par une expressivité si riche et si profonde qu'elle interpelle immédiatement n'importe quel fan de musique intelligente. Les amateurs de belles mélodies y reconnaîtront sûrement des influences classico-folk dérivées en droite ligne du Renaissance d'Annie Haslam tandis que le parfum psyché des groupe de prog italiens (Le Orme entre autres et je n'écris pas ça seulement parce que Storia Senti est chanté en italien) n'est pas totalement absent non plus. Mais ce qui rend en fin de compte la musique de Phideaux aussi attrayante, c'est autant la subtilité avec laquelle les différentes sections sont mises en place que la splendeur quasi pastorale des textures. Pas une once de métal ni d'agressivité ici : guitares aériennes, piano acoustique, violon charmeurs, saxophone et synthés enrobent des voix tantôt masculines, tantôt féminines, qui se complètent avec bonheur, composant parfois des choeurs impromptus d'une mystérieuse candeur. Quant à la qualité sonore, malgré une autoproduction intégralement réalisée en interne par le guitariste Gabriel Moffat, elle est quasi parfaite. Répartie sur trois sections de plus ou moins vingt minutes, l'oeuvre est bâtie sur un concept plutôt bizarre dont il m'est difficile de saisir le sens (pour autant qu'il y en ai un). La pochette, qui présente une écrevisse poursuivie par une musaraigne (!), ainsi que le livret de 20 pages joliment illustré sont de fait fort amusants mais ils confirment que tout ça n'est probablement qu'une métaphore en forme de fable animalière insolite à prendre au quatorzième degré. Qu'importe après tout, le Tarkus d'Emerson Lake & Palmer n'était pas non plus porteur d'un profond message universel ! Reste donc la musique qui ravira ceux qui ont aimé le Foxtrot de Genesis, le Passion Play de Jethro Tull ou le Novella de Renaissance. Ce Numéro Sept n'a rien d'innovant, c'est certain, mais c'est le genre d'album relaxant qui fait un bien fou quand on l'écoute.

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Riverside : Anno Domini High Definition (InsideOut), Pologne 2009
Riverside : Anno Domini High Definition

Mariusz Duda (vocal, b, ac gt)
Piotr Grudzinski (gt)
Michal Lapaj (claviers)
Piotr Kozieradzki (drums)

Hyperactive (5:45) - Driven to Destruction (7:06) - Egoist Hedonist i)Different? ii)Hedonist Party iii)Straw Man Dance (8:57) - Left Out (10:59) - Hybrid Times (11:53) - Total Time : 44'44"

Après un triptyque en studio de haut vol et un album live comme cerise sur le gâteau, les Polonais de Riverside étaient observés avec la plus grande attention. Enfin libérés d’un concept malgré tout nébuleux dont ils ont fait le tour, les portes étaient grandes ouvertes sur une nouvelle liberté et on peut raisonnablement écrire que le groupe en a profité. Sans doute influencés par la proximité de Dream Theater qu’ils côtoyèrent lors d’une tournée conjointe et par la nécessité de répondre à la demande d’un public friand de heavy métal, Riverside a durci le ton sans pour autant tomber dans la surenchère, les clichés ou la démonstration gratuite. Car sur le fond, la ligne esthétique est restée globalement la même : mélange harmonieux de rock métallique infusé à la dopamine, d’envols atmosphériques et de subtilités progressives (la section cuivrée jazzy totalement inattendue sur Egoist Hedonist en est un bel exemple), c’est bien du Riverside qu’on entend ici, incomparable dans la voie riche et personnelle qu’il s’est forgée au croisement de plusieurs genres et dans laquelle les spécialistes reconnaîtront, parmi les innombrables influences, un zeste de Dream Theater, un autre de Porcupine Tree, une basse vrombissante digne de Tool une guitare aérienne à la David Gilmour et, pourquoi pas, un orgue seventies au son Hammond trafiqué au « Leslie » dans la plus pure tradition d’un Jon Lord / Deep Purple. Le concept central traite cette fois du stress lié à un mode d’existence contemporain dans lequel tension, pression et hyperactivité font bon ménage. Plus agressive, la musique est donc parfaitement en phase avec le message porté par les textes. Ce quatrième album en studio qui dure exactement 44 minutes et 44 secondes (faut-il y voir un obscure symbole ?) se veut ainsi une image en haute définition des tracasseries imposées par la vie moderne. S’expliquant probablement par un changement de studio et d’ingénieur, le son a également acquis une autre dimension, toujours aussi chaleureux, mais plus profond, plus dense et porteur d’une gravité nouvelle qui va comme un gant à une vision somme toute assez sombre de la condition humaine au temps de l’électronique. Une fois encore confiée au talentueux Travis Smith, la pochette a, elle aussi, changé de style : plus énigmatique, elle se rapproche indéniablement de l’univers graphique ambigu d’un Steve Wilson tout en illustrant à la perfection le sujet traité. Ce shift dans l’approche musicale et stylistique de Riverside marque un nouveau départ : celui qui conduit à une carrière internationale de très haut niveau. Rutilant, pêchu, concis et varié, Anno Domini High Definition a la classe des plus grands disques d’hier et de demain et, à lui seul, il vient de déplacer le centre de gravité du rock progressiste novateur un peu plus à l’Est.

A écouter également : l'album solo Lunatic Soul (Kscope, 2008) du chanteur et bassiste de Riverside, Mariusz Duda, qui se révèle ici un véritable multi-instrumentiste doublé d'un compositeur hors-pair. Explorant le côté sombre et psyché de Riverside, la musique y est plus atmosphérique, davantage orientée vers des chansons aux structures plus simples et éthérées quoique magnifiquement arrangées. Impossible de ne pas se référer au côté introspectif de Steve Wilson et de Porcupine Tree même si la voix distincte de Duda et ses ambiances noires et hantées ne manquent pas de personnalité.

[ Riverside Website ] [ Ecouter sur MySpace ] [ Anno Domini High Definition ] [ Lunatic Soul ] RIVERSIDE : Discographie sélective

Dream Theater : Black Clouds & Silver Linings (Roadrunner), USA 2009
Dream Theater : Black Clouds & Silver Linings

Rentrée en scène du poids lourd de la musique progressive bardée de fer. Après des productions comme Images And Words, Metropolis Part 2: Scenes From A Memory ou Octavarium unanimement considérées comme des classiques du genre, Dream Theater n’a certes plus rien à prouver mais, comme le démontre ce dixième album en studio, il ne fait pas non plus l’impasse sur ses exigences en matière de qualité, que ce soit au niveau de l’interprétation ou sur le plan des compositions. En fait, Black Clouds & Silver Linings s’avère même meilleur que leur précédent opus, Systematic Chaos, pourtant bourré de technique et de fantaisie mais dont l’impact était franchement diminué par deux titres mineurs, voire inutiles, et en plus mal placés au coeur du répertoire : Constant Motion parodiant Metallica et l’inaudible The Dark Eternal Night en forme de bouillie sonore. Rien de tel ici, heureusement ! Mike Portnoy et les siens ont retenu la leçon. Puissance, énergie, créativité et pyrotechnie : oui, mais sans pour autant s'enliser dans l'extrême. La formule reste bien sûr la même, ce qui est la marque d’un groupe novateur bien que, après autant d’albums et une litanie d’imitateurs oeuvrant sans vergogne dans la même niche, le risque d’overdose n’est jamais très loin et pourrait tenir à l’écart même les fans les plus convaincus. Dès le premier morceau, A Nightmare To Remember, on est assailli par une musique intense qui rappelle le meilleur du groupe (Scenes From A Memory) : polyrythmie, chant puissant, solos en pagaille, ambiance sombre et mélodramatique, multiples sections entremêlées au sein d’une structure dense et complexe mais quand même suffisamment cohérente pour ne pas perdre le fil. L’un dans l’autre, un excellent début même s’il n’offre guère de surprise. Vient ensuite A Rite Of Passage, calibré pour une sortie en simple et un passage en radio sous réserve toutefois d’être raccourci de moitié. Plus commercial et mélodique, ce morceau ravira les amateurs de guitare grâce à un fabuleux solo, techniquement parfait, d’un John Petrucci décidément toujours en verve. Plus lent, plus compact et encore plus accessible est l’inévitable ballade Wither qui vient ensuite, histoire de préparer l’auditeur à The Shattered Fortress, monstrueuse charge cuirassée de métal qui représente un pas de plus dans le cycle « twelve steps » éparpillé sur différents albums (The Glass Prison, This Dying Soul, The Root Of All Evil, Repentance) et dédié à la lutte personnelle du batteur contre les démons de l’alcool. Ecrit en hommage au père de Mike Portnoy, décédé d’un cancer pendant l’enregistrement, The Best Of Times évolue de la ballade au rock avec beaucoup de maestria mais, malgré le violon de Jerry Goodman en invité et l'imposant solo de guitare de Petrucci, la composition est trop longue pour être tout à fait exempte de reproche. Et on termine sur la pièce de résistance, The Count Of Tuscany, qui frôle les vingt minutes : une véritable symphonie fantastique, épique et inimitable qui, à elle seule, vaut l’acquisition de ce nouvel opus. Surpassant Octavarium, cette composition superbement orchestrée, aux climats variés, explique largement pourquoi ce groupe aussi musclé qu’ambitieux n’a aucun équivalent parmi ses contemporains. En définitive, Black Clouds & Silver Linings ne surprendra personne mais il ne décevra pas non plus. C’est un jalon de plus dans la formidable discographie de Dream Theater tandis que The Count Of Tuscany se hisse aisément dans le Top 5 des plus grands titres visionnaires écrits par cette formation décidément indestructible et dont la passion ne faiblit pas.

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IQ : Frequency (InsideOut), UK 2009
IQ : Frequency

Cinq années après Dark Matter, les choses ont changé pour IQ qui a perdu son batteur Paul Cook et surtout son claviériste Martin Orford, membre fondateur héritier d’un savoir faire qui remonte aux seventies et, pour beaucoup, le moteur du groupe. C’est donc avec un peu d’appréhension qu’on aborde cette nouvelle production attendue depuis cinq ans : autant dire une éternité dans le monde de la musique. Mais dès Frequency, premier titre du répertoire, les rides s’effacent pour faire place à un sourire rassuré. IQ a conservé sa magie. Les petits nouveaux font indéniablement l’affaire : Mark Westworth, qui remplace Orford aux claviers, est plus que compétent tandis que le batteur Andy Edwards, qui jouait sur le superbe Milliontown de Frost*, maîtrise la polyrythmie à la manière d’un Mike Portnoy, ce qui dynamise indéniablement la musique - écoutez The Province pour en juger. Même le chanteur Peter Nichols, qui a gardé son timbre nasal si particulier, a fait des progrès : son chant est plus sûr, moins plaintif qu’avant et, même si ça reste une affaire de goût, on ne peut nier qu’il apporte beaucoup à la spécificité du groupe. Mais aucun album ne saurait être grand si les compositions ne sont pas bonnes et ici, rien n’est à jeter. Plus mélodique qu’autrefois, davantage centré sur des chansons parfaitement structurées et arrangées au millimètre, Frequency dégage une séduction immédiate. Alors que Dark Matter par exemple, en soi une grande réussite, était quand même réservé aux fans de rock progressiste amateurs de complexité, cet album est plus accessible et non destiné à un public particulier, et ceci sans pour autant se départir d’une qualité intrinsèque. D’ailleurs, malgré deux titres qui flirtent avec les dix minutes, on ne trouvera pas ici de morceau épique comme ceux dont IQ a l’habitude de parsemer ses disques. Centré sur des plages voluptueuses au tempo lent ou medium (Life Support, One Fatal Mistake et Closer), le répertoire comprend aussi des compositions au climat plus tendu. Ainsi, Stronger Than Friction et Ryker Skies comportent des passages instrumentaux brillants, à l’occasion saupoudrés d’effets électroniques, tandis que la pièce de résistance, dénommée The Province, convoque un passé glorieux en laissant la bride sur le cou à des guitares audacieuses et des claviers embrasés. Certains écriront que ceci n’est pas de la musique progressive et ce n’est pas faux puisqu’on y entre facilement. Mais qui s’en soucie quand, par ses mélodies inspirées et ses harmonies luxueuses, cette musique-là est capable de vous arracher à l’attraction terrestre.

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Blind Ego : Numb (Red Farm), Allemagne 2009
Blind Ego : Numb

Après la grande claque que fut Mirrors, ce second album de Blind Ego était attendu avec impatience, d’autant plus que le dernier RPWL (The RPWL Experience), groupe dans lequel officie le guitariste Kalle Wallner, n’a pas laissé une profonde impression. Blind Ego s’est entre-temps cristallisé autour du chanteur Paul Wrightson (ex-Arena), des bassistes John Jowitt (IQ) et Sebastian Harnack (Sylvan) et du batteur Michael Schwager (Dreamscape) tandis que Yogi Lang (RPWL) s’est chargé de la production tout en participant à quelques vocaux. Lost, premier titre du répertoire, donne le ton général de l’album : rythmique agressive, voix expressive et toutes guitares dehors pour une musique qui emprunte au métal de Dream Theater et de Threshold. L’absence totale de claviers se fait vite remarquer mais les multiples couches de guitares aux sonorités diverses parviennent quand même à donner à l’ensemble une dimension symphonique. Les trois plages suivantes, Guilt, Numb et Leave, confirment la première impression : Wallner a considérablement durci son propos, se démarquant à la fois des ambiances floydiennes de RPWL et des climats protéiformes de son précédent opus en solo. Mieux vaut donc prévenir l’auditeur qu’on a changé de division et que les amateurs du premier Blind Ego ne se régaleront pas forcément avec celui-ci. Pourtant, même si, dans l’ensemble, la musique manque un peu de nuances, on trouvera ici quelques pièces qui comptent parmi les grandes compositions du moment. La meilleure est sans conteste Death qui frôle les 10 minutes en installant une tension palpable toute entière bâtie sur les rythmes imbriqués des guitares et du tandem basse / batterie. Alternant moments plus calmes et passages volcaniques zébrés de solos hantés, le morceau se décide après 7 minutes à passer dans la stratosphère sur une poussée instrumentale apocalyptique avant de se clore sur quelques notes apaisées. Change est aussi un grand moment avec son riff de basse et ses guitares psychés en ouverture. Quand à Risk, c’est une jolie chanson accompagnée uniquement à la guitare acoustique. Le reste plaira aux fans de rythmes martelés et de chorus pyrotechniques. On notera en passant la cadence tribale du dernier titre, Change Reprise, due à un invité inattendu de passage dans les studios Farmlands : le batteur Iggor Cavalera du légendaire Sepultura fait en effet ici une apparition remarquée conforme à sa sulfureuse réputation. Si l’on peut franchement regretter les ambiances atmosphériques et le parti pris plus éclectique du premier album, il faut admettre que ce Numb ne manque pas de qualités même si on le conseillera d'abord à ceux qui aiment leur progressif plus technique, froid et tranchant.

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Jeff Beck : Performing This Week... Live at Ronnie Scott's Jazz Club (DVD Eagle Rock Entertainment), UK 2009
Jeff Beck : Performing This Week... Live at Ronnie Scott's Jazz Club

En novembre 2007, Jeff Beck est sollicité par le célèbre Club de Jazz londonien Ronnie Scott’s pour une série de concerts. Le guitariste est alors à la tête d’un quartet comprenant Jason Rebello aux claviers, le batteur Vinnie Colaiuta et une jeune pretty woman australienne qu’on décrit déjà comme le nouveau phénomène de la basse électrique : Tal Wilkenfeld. Retrouvant les ambiances du Marquee de ses débuts, Beck se produit devant un public réduit mais trié sur mesure, tout entier dévoué au prince de la Stratocaster. On a eu droit en 2008 au simple CD. On a maintenant le DVD (ou le Blu-ray pour les plus fortunés) avec des images haut de gamme malgré un déficit d’éclairage et un son 5.1 DTS Surround calibré pour exploser les enceintes de n’importe quel home cinéma de salon. Regroupant les meilleures versions des titres joués sur les cinq soirées, ce spectacle reconstitué est forcément parfait. El Becko y paraît épanoui et décontracté, dominant son jeu de bout en bout en vrai professionnel de la scène qu’il est. Grand gourou du vibrato, maître de l’acoustique, pratiquant le bottleneck à l’occasion, toujours fluide et imprévisible, il habite littéralement sa musique ici restituée avec un formidable relief. L’entente entre le guitariste et sa jeune bassiste de 23 ans est fabuleuse, cette dernière prenant à l’occasion des solos éblouissants (Cause We’ve Ended As Lovers emprunté à Stevie Wonder) entraînant l’approbation immédiate du leader et l’enthousiasme de l’audience. Moins envahissant qu’un Jan Hammer, Rebello fait profiter le groupe de son expérience de pianiste de jazz. Quant au vétéran Vinnie Colaiuta (Sting et Frank Zappa), c’est un monstre de technique, gardien du temps et des mesures, passant d’un jeu souple aux balais à des rythmes métalliques martelés à la double basse, et finissant lui aussi par s’octroyer son moment de gloire sur Space Boogie. Si vous pensiez n’avoir affaire qu’à un autre concert de jazz-rock froid et sans âme, détrompez-vous ! Jeff Beck est beaucoup trop malin pour ça et son répertoire mélange habilement des classiques de la fusion comme Stratus de Billy Cobham ou des extraits de ses deux albums légendaires Blow By Blow (1975) et Wired (1976) avec des chansons soul (People Get Ready chanté par Joss Stone), du blues (Little Brown Bird et You Need Love), du reggae (Behind The Veil), de la pop (Blanket chanté par Imogen Heap et A Day In The Life des Beatles) et du rock planant (Where Were You) sans oublier sa fameuse réinterprétation du Goodbye Pork Pie Hat de Charlies Mingus, ici couplée avec Brush With The Blues, qui lui valut en d’autres temps les félicitations chaleureuses de son compositeur. La cerise sur le gâteau réside en un troisième invité prestigieux venu partager la scène avec son ancien pote : Eric Clapton chante et joue mieux que jamais - certes dans un style bien différent de celui de Beck mais tout aussi classieux - sur deux blues électriques empruntés à Muddy Waters et à Willie Dixon. Dommage que la troisième légende du blues-rock anglais, Jimmy Page qui était présent dans la salle - Brian May et Bon Jovi s'y trouvaient aussi -, ne soit pas monté sur scène : à trois, ils auraient pu redonner vie, l’espace d’un titre, aux légendaires Yardbirds. Il paraît que les places au Ronnie Scott’s étaient hors de prix. Pour une somme beaucoup plus modique, vous pouvez désormais vous installer devant la petite scène étriquée du Club et profiter de ce concert intimiste dans les meilleures conditions possibles. Inutile de parler des multiples bonus qui, pour intéressants qu’ils soient, n’ajoutent pas grand chose à cet indispensable objet. Si vous n’achetez qu’un seul DVD de musique cette année, et bien que ce soit celui-ci !

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Satellite : Nostalgia (Metal Mind Productions), Pologne 2009
Satellite : Nostalgia

On a été conquis par le premier opus des Polonais il y a déjà six années (A Street Between Sunrise And Sunset, 2003) et les deux albums qui ont succédé à cette magistrale entrée en scène n’ont pas déçu (Evening Games en 2006 et Into the Night en 2008). Mais ce Nostalgia les surpasse tous et les amateurs de néo-prog soyeux vont se réjouir à l’écoute de cette dernière production. Wojtek Szadkowski est l’homme derrière le projet : c’est lui qui a écrit tous les titres et c’est encore lui qui impulse le changement nécessaire pour retenir l’attention. Son jeu de batterie est devenu plus incisif et moderne, ses compositions mieux maîtrisées et ses arrangements définitivement plus cristallins. D’ailleurs, le meilleur morceau jamais enregistré par Satellite figure ici : Afraid Of What You Say est un vaisseau pour l’espace, le genre à vous emmener dans les étoiles à la vitesse de l’éclair. Claviers enveloppants, batterie foisonnante et ce solo de guitare de Sarhan Kubeisi qui a cherché son inspiration chez Carlos Santana. Et quand, après 4 minutes et 18 secondes, les claviers symphoniques de Krzysiek Palczewski décollent enfin, c’est l’apothéose, le passage en vitesse lumière, la plongée dans l’hyperespace. Aucun bavardage, aucune virtuosité superflue, aucune complication stérile : les notes justes suffisent à donner de la profondeur à cette magnifique chanson. Le reste n’atteint peut-être pas la hauteur de ce sommet mais on n’en est à chaque fois pas très loin. Le quintet a appris à décliner son néo-prog onirique avec aisance et en gardant la mesure. Inutile de rappeler les influences à la base de cette musique : si l’esprit des Genesis, Marillion et autres IQ plane toujours au-dessus des compositions de Satellite, ça relève davantage d’une profession de foi qu’autre chose tant ces influences ont été diluées dans la conquête d’un son plus actuel et aussi poppisant. Ecoutez Over Horizon par exemple avec sa batterie lancinante, son chant expressif, sa progression qui conduit inéluctablement au refrain enfoncé comme un clou dans la mémoire ou le nostalgique « Is It Over ? » qui aurait pu figurer sur un disque des Eagles, ou encore « Am I Losing Touch ? » avec sa guitare funky dans le style de Shaft. Certains ont pu voir dans la pochette et le titre de l’album des renvois explicites au progressif des années 60 et 70 mais si nostalgie de l’histoire il y a, elle ressemble bien davantage à la chronique personnelle d’un temps révolu à l’instar du fameux Amarcord (je me souviens) de Fellini. Au-delà des genres et des modes, Satellite s’est créé son propre langage, certes avec des harmonies héritées du passé mais aussi avec une approche résolument singulière. Croyez-le ou pas mais quand on a fait tourner ce compact des dizaines de fois, on a encore beaucoup de mal à passer à autre chose.

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Wobbler : Afterglow (Termo Records), Norvège 2009
Wobbler : Afterglow

Cela fait quatre années qu’après le très réussi Hinterland, on attendait la séquelle des Norvégiens. Elle est enfin venue mais à moitié, puisqu’elle consiste en un mini-compact de 33 minutes seulement : un EP donc, comprenant deux longues suites de 13 et 15 minutes et trois petites plages de 1 à 3 minutes en forme d’ouverture, d'interlude et de finale. Ce qui en soi ne veut rien dire : les albums bourrés jusqu’au dernier octet dont on a tendance à nous abreuver ces dernières années cachent bien souvent une vacuité d’idées et il est finalement bien rare qu’on les écoute d’une traite. Ainsi, voici cet Afterglow dont les morceaux, en plus, ne semblent pas avoir été écrits récemment. Il s’agirait plutôt d’anciennes compositions et démos datant de 1999 et dont certaines auraient été réenregistrées. Mais tout ça a peu d’importance. Ce qui compte c’est la qualité et cette dernière est bien présente même si, fondamentalement, le style de Wobbler n’a pas changé d’un iota. Cette musique très sophistiquée et quasiment instrumentale est toujours profondément enracinée dans le rock progressiste symphonique des seventies dont elle utilise les codes, même s’il faut une fois encore invoquer les compositions mystérieuses d’un Anglagard pour rende compte des renversements brusques de climat. Les trois pièces courtes ont un feeling médiéval bien qu’elles soient traitées d’une manière moderne, ce qui renvoie à Gryphon, l’un des rares combos de folk-progressiste à avoir vraiment inventé quelque chose d'intéressant dans le genre. Les deux suites par contre sont beaucoup plus complexes et ne se dévoileront qu’après plusieurs écoutes. Le claviériste Lars Fredrik Froislie a ressorti son arsenal de claviers vintage (Mini-Moog, Hammond B3 et autres mellotrons) et c’est manifestement lui qui cornaque sans pourtant jamais s’embarquer dans des acrobaties néo-classiques à la Keith Emerson. Au contraire, les compositions essentiellement instrumentales sont soigneusement agencées, les arrangements ciselés au millimètre et les interventions des quatre musiciens réglées par la nécessité. Il n’y a pas non plus ici de passages planants ou de digressions en forme de rêveries : la musique serait même plutôt tendue, imposant parfois des atmosphères menaçantes (In Taberna) qui morphent rapidement comme des ombres sous les grands nuages. Les compositions sont encore étoffées par l’usage de violoncelles, mandolines, cromornes, flûtes et saxophones et ce serait un crime de passer sous silence le jeu contrasté de Kristian Karl Hultgren sur sa basse Rickenbacker. Pour réussi que soit cet opus, il est clair qu’il n’offre pas pas grand-chose de neuf par rapport à Hinterland que j’ai beaucoup regretté de ne pas avoir inclus dans les sélections annuelles au moment de sa sortie en 2005. C'est pourquoi, présenter ici cet Afterglow, c’est remettre en quelque sorte les pendules à l’heure.

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Steven Wilson : Insurgentes (K-Scope Records), UK, 2009

Quand il fut annoncé sur la toile que le prochain album du leader de Porcupine Tree serait édité sous son propre nom, les espérances furent grandes. On se doutait bien toutefois que Steven Wilson allait se démarquer de la musique de son groupe fétiche, d’autant plus que ça fait déjà quelques années que l’homme affiche une volonté de se débarrasser des derniers oripeaux d’un rock progressiste à l’ancienne tout en glissant graduellement vers une musique alternative empruntant à l’occasion au métal. En un sens, Insurgentes confirme cette prise de distance avec les codes du progressif et marque une nouvelle évolution vers un univers sans dogmatisme. Harmony Korine, premier titre du compact, pose les bases de ce que sera son œuvre personnelle : quelques notes de guitare égrenées avec parcimonie, la batterie qui se greffe dessus avant un chant retenu, presque minimaliste, et soudain, l’explosion incandescente ouvrant sur un son énorme, épais et saturé où l’on ne distingue plus que la voix haut perchée planant au dessus de l’abîme. Procédant ainsi par calmes et tempêtes successifs sans jamais se départir de sa mélodie hypnotique, le morceau affiche le label Radiohead inscrit en filigrane mais en gardant tout de même sa spécificité. Pas de jugement hâtif car ce qui suit est extrêmement varié et n’obéit à aucune mode même si l’album reste homogène dans ses ambiances nostalgiques qui sont, on le sait, la marque de fabrique du leader. De la mélancolie contagieuse de Veneno Para Las Hadas à l’extraordinaire No Twilight Within the Courts of the Sun, avec sa guitare saturée à la Robert Fripp s’épanouissant sur un rythme tribal concocté par le tandem de rêve Gavin Harrison / Tony Levin, en passant par Twilight Coda et son piano aérien, presque jazzy dans son esthétique ECM, joué par Jordan Rudess (Dream Theater) en invité, on est littéralement emporté dans une aventure passionnante et sans frontières. Magnifique aussi est ce Salvaging de 8 minutes qui remet au goût du jour un « space rock » lancinant à l’efficacité tranchante où l’on devine d’inévitables parfums orientaux. La grande originalité étant d’emmener subtilement cette musique, dont les origines remontent à un groupe antédiluvien comme Hawkwind, vers une seconde partie orchestrale absolument magique qui trouve sa résolution dans une progression mathématique évoquant le György Ligeti de l’Odyssée de l’Espace. Impossible enfin de ne pas citer le dernier titre éponyme, fabuleuse ballade enluminée par cet instrument japonais à cordes pincées qu’on appelle koto (joué par Michiyo Yagi). L’emballage a été confié à l’artiste danois Lasse Hoile, déjà auteur des étranges pochettes de Blackfield, In Absentia et Deadwing. Les paysages déserts ou le masque à gaz n’ont à priori rien de spécial (on a déjà vu ça) mais, outre la qualité des clichés, il faut admettre que les couleurs menaçantes, les cieux tourmentés, les oppositions entre tons clairs et obscurs et les jeux de lumière vont comme un gant à la musique de Wilson qui, à l’instar d’un Pink Floyd, a trouvé son Storm Thorgerson. Encore une fois, Steven Wilson a inventé la bonne formule, celle qui allie complexité et accessibilité en une musique actuelle dégageant un onirisme irrésistible. Si vous étiez désespérément à la poursuite du rock post-progressiste du XXIème siècle, inutile d’aller plus loin : c’est ici qu’il se niche.

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Ayreon : Timeline (InsideOut), Pays-Bas 2009
Ayreon : Timeline

Pour fêter la fin d’une époque, Arjen Lucassen sort un objet pharaonique retraçant à la fois l’histoire de son aéropage à tendance progressive, Ayreon, et celle de ses aliens dont le récit était arrivé à terme avec son dernier double album. On le sait, Lucassen aime faire les choses en grand et sa compilation n’échappe pas à la règle : trois compacts et un DVD luxueusement emballés sont là pour en témoigner. La sélection comprend 32 titres extraits des précédentes parutions d’Ayreon, tous soigneusement remastérisés : 6 proviennent de The Final Experiment (1995), 4 de Actual Fantasy (1996), 6 de Into The Electric Castle (1998), 5 de Universal Migrator (2000), 6 de Human Equation (2004) et 5 de 01011001 (2008). Plus, cerise rouge sur le sucre glacé, un titre inédit de 9 minutes spécialement écrit pour l’occasion (Epilogue: The Memory Remains, une composition planante à la Pink Floyd qui convient bien à la clôture de cette saga SF). Soit au total près de quatre heures de musique retraçant la carrière d’un groupe, au parcours sans fausse note, qui avait peut-être tendance à se répéter sur la fin mais qui a quand même laissé derrière lui une œuvre grandiose ayant fait la réputation de l’homme du Nord. Le rock d’Ayreon, combinaison hétérogène mais exigeante de rock classique, de métal progressiste mélodique et d’atmosphères spatiales peuplées de synthés et de pétillements électroniques, est devenu au fil des ans une marque de fabrique, à tel point qu’on a pu être légèrement déçu par le dernier opus qui reprenait une fois de plus, non sans un certain essoufflement, la même formule. Cette compilation remet quelque part les pendules à l’heure. Elle démontre combien les albums d’Ayreon forment un tout qui reste cher à son auteur et pourquoi, son épopée achevée, il a souhaité y revenir une dernière fois avant de se tourner vers autre chose. Car de l’aveu même de Lucassen, ce recueil marque la fin de la première période de son ensemble protéiforme mais aussi une nouvelle naissance, ce qui ravive l’intérêt pour un futur à nouveau chargé de promesses. Le DVD quant à lui, rassemble des vidéos pour la plupart déjà éditées de façon disparate sur d’anciennes parutions. Mais plus intéressants sont le poster illustrant l’univers des aliens et le livret de 56 pages qui offre photos, textes et notes permettant enfin de saisir dans sa quasi intégralité cet imposant opéra rock écrit en épisodes sur treize années. Un dernier mot enfin pour la pochette qui, comme il se doit, a été confiée à au peintre belge Jef Bertels. Ce dernier a conçu lui aussi une image qui est un résumé d’une dynastie féconde, intégrant dans son ultime composition des morceaux de ses anciennes réalisations. L’important est que, sans doute pour la dernière fois, sa vision fantastique assure une cohérence parfaite à l’ensemble du projet. Si vous ne connaissez pas l’œuvre d’Ayreon ou alors seulement de façon fragmentaire, cet objet splendide vous permettra d’aborder ce roman fleuve musical par ses faces les plus essentielles.

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