Jazz & Fusion : Sélection 2019


Chroniques de Pierre Dulieu et Jean-Constantin Colletto





Retrouvez sur cette page une sélection des grands compacts, nouveautés ou rééditions, qui font l'actualité. Dans l'abondance des productions actuelles à travers lesquelles il devient de plus en plus difficile de se faufiler, les disques présentés ici ne sont peut-être pas les meilleurs mais, pour des amateurs de jazz et de fusion, ils constituent assurément des compagnons parfaits du plaisir et peuvent illuminer un mois, une année, voire une vie entière.

A noter : les nouveautés en jazz belge font l'objet d'une page spéciale.


BahdjaKheireddine Mkachiche & Manuel Hermia : Bahdja (Igloo IGL 303), Algérie / Belgique / France, 8 février 2019

1. Passerelles (8:35) - 2. Bahdja (8:58) - 3. Kenza (10:29) - 4. Nadrat Mahfoud (10:00) - 5. Maghrébine (9:45) - 6. The smell Of The desert (9:24) - 7. The cycle (6:30) - 8. Rencontre (5:28)

Manuel Hermia (saxophone, clarinette, bansuri); Kheireddine Mkachiche (violon); Zinou Kendour (piano); François Garny (basse); Franck Vaillant (batterie)


Bahia qui réunit le saxophoniste et flûtiste belge Manuel Hermia et le violoniste algérien Kheireddine Mkachiche est vraiment spécial. Certes, au cours de sa déjà longue carrière, Manuel Hermia nous a habitué à des projets excentrés par rapport au jazz pur. Du Murmure de l’Orient tourné vers les ragas indiens et leurs ambiances méditatives au jazz-rock alternatif et branché de Slang en passant par son trio de jazz contemporain à tendance free, chacun de ses disques est en soi une aventure pour lui et une découverte pour l’auditeur. Et voilà qu’il côtoie cette fois un musicien natif d’Alger dont les styles de prédilection sont à l’origine l’andalou, le hawzi et le chaâbi avant que ses horizons ne s’ouvrent vers des collaborations diverses avec entre autres Cheb Hassan, la chanteuse marocaine Amina Alaoui, le violoniste indien L. Subramaniam, le pianiste norvégien Jon Balke au sein de Siwan et même le trompettiste américain Jon Hassel.

On imaginait bien que deux artistes aussi ouverts allaient non seulement se comprendre mais également que leur rencontre allait engendrer quelque chose de spécial. Et Bahia a délivré. Kheireddine Mkachiche qui est ici dans son élément, puisque les cadences sont essentiellement d'inspiration maghrébine, joue parfois (en tout cas à Alger) en tenant son instrument à la verticale posé sur son genou comme le font là-bas les musiciens traditionnels, mais il ne s'aventure pas moins hors de sa zone de confort, improvisant comme un vrai jazzman et créant des passerelles (qui est d'ailleurs le titre du premier morceau) entre les genres avec une aisance stupéfiante. Quant à Manuel Hermia, qui joue du saxophone, de la clarinette et du bansuri (une flûte traversière indienne classique qui tient ici le rôle du nay arabe), il parvient par de subtiles nuances à faire vivre cette musique comme si elle était sienne depuis toujours. Le duo est accompagné du pianiste algérien Azzeddine Kendour qui a parfois un jeu percussif mais s'envole aussi à l'occasion dans de belles improvisations (The Cycle et Kenza) et d'une rythmique européenne composée du bassiste belge François Garny, au jeu très énergique, et du batteur français Franck Vaillant.

Dans les moments les plus calmes (The Smell Of The Desert, Nadrat Mahfoud, Kenza) la musique envoûte et rappelle parfois l'esprit du jazz arabe de Rabih Abou-Khalil au temps où il jouait avec Charlie Mariano et Selim Kusur. On y ressent aussi un peu de la nostalgie dégagée par un certain folklore des Balkans. En revanche, Bahdja et surtout Maghrebine sont plus typiques des rythmes nord-africains, le premier gardant une forte inspiration arabo-andalouse, et le second évoluant dans sa dernière partie en une transe hypnotique comme on en entend parfois aux marges du Sahara.

Bahdja est un album qui s'affranchit des frontières et tisse des liens entre les cultures. C'est grâce à ce genre de musique à la fois jouissive et respectueuse que le jazz pénètrera vraiment les populations de pays qui, sans vraiment le connaître, y sont encore globalement réfractaires. La programmation de ce groupe dans des évènements comme celui du Festival Culturel Européen d'Alger et, cette année, du Festival Jazz à Carthage en Tunisie est en tout cas susceptible d'ouvrir l'esprit des nouvelles générations à une musique universelle qui saura aussi répondre à leur propre sensibilité.

[ Chronique de P. Dulieu ]

[ Bahdja (CD / Digital) ] [ Bahdja sur le site de Manuel Hermia ] [ A écouter : Kenza - Nadrat Mahfoud - The Smell Of The Desert ]


The ScOpeManu Katché : The ScOpe (Anteprima Productions), France, 2 février 2019

1. Keep Connexion (03:10) - 2. Glow (03:08) - 3. Vice (04:03) - 4. Overlooking (03:35) - 5. Please Do (03:59) - 6. Paris Me Manque (02:50) - 7. Let Love Rule (04:14) - 8. Don't U Worry (03:39) - 9. Goodbye For Now (04:13) - 10. Tricky 98' (03:15)

Manu Katché (batterie, chœur, composition); Jérôme Regard (basse); Patrick Manouguian (guitare); Elvin Galland alias Jim Henderson (claviers, composition). Invités : Faada Freddy (vocal : 3); Jazzy Bazz (vocal : 6); Jonatha Brooke (vocal : 7). Enregistré en 2018 au studio Piccolo à Paris, France.


Avec son dixième album, Manu Katché propose un parallèle entre la musique et la médecine. La pochette, signée par le photographe Arno Lam, représente le batteur cadré de profil, « un profil africain » confie le musicien natif de la banlieue est de Paris. Il est indéniable que l’Afrique est présente tout au long de l’album : l’invitation du chanteur rappeur sénégalais Faada Freddy sur Vice le confirme comme les mélodies jouées dans une tonalité de kora dans Overlooking et Keep Connexion. Dans ces morceaux, les nappes synthétiques d’Elvin Galland semblent faire écho aux circuits électroniques visibles sur les joues du musicien sur ladite photo.

Au sujet de The ScOpe, Manu Katché explique s’être imposé des règles d’écrivain pour enfanter cet album. « En studio pendant treize heures par jour, avec des breaks de tâtonnements » pour passer au microscope ses émotions, analyser l’alchimie des sons et sonder les êtres en profondeur. Pendant mes recherches pour l’écriture de cette chronique, j’ai assisté en parallèle à une conférence proposée aux étudiants de médecine sur « Quelle conduite à tenir devant une urgence grave ? » Certains évoqueront le hasard mais l’urgentiste maître de séance a commencé son exposé par la réponse « D’abord scoper le patient ! » Un court instant, je me suis posé la question si ce médecin avait reçu lui aussi le dernier album de Manu Katché ! Mais non ! le docteur a expliqué que le scope (ou moniteur) est un écran TV qui permet de suivre en permanence les paramètres vitaux du patient auquel il est relié par des électrodes. Et si pour l’écoute et la chronique de cet album, nous suivions comme aux urgences, le rythme cardiaque des morceaux ?

Manu Katché a confié le 20 février 2019 à l’animateur Alex Jaffray que « la batterie, c’est le cœur. » Pour lui « quand on fait de la musique, peu importe l’instrument, il y a vraiment un rapport aux battements de cœur, à cette pulsation qui est très forte et qui est ancrée en nous. »

Pour scoper l’album, le réglage doit être sur électro-soul-pop, style défini par le compositeur lui même sur France Info, « cela permet plus facilement de groover et de mettre en avant la batterie. » Dès les premières notes, la technique rimshot sur la caisse claire marque sans aucune hésitation les temps forts du morceau. La locomotive rythmique est lancée : aucune inquiétude pour le patient, le cœur de l’album ne fait que des arythmies volontaires. Cela n’insinue pas une rythmique trop présente. Sur Vice, elle n’apparait que tardivement, par un léger son de grosse caisse. Dans ce troisième morceau de l’album, le dernier tiers de la piste voit son rythme subitement se modifier par un marquage des temps et des contretemps. Que les urgentistes ne s’inquiètent pas, la passion fait souvent battre le cœur plus rapidement ! Let Love Rule avec la chanteuse Jonatha Brooke devrait même provoquer un changement du rythme cardiaque de l’auditeur, notre scope nous signalant que la balade mélodique à la trompette induit de la douceur.

Le batteur parle souvent de ses origines. Paris Me Manque avec le rappeur Jazzy Bazz propose une promenade nostalgique où il avoue ne pas reconnaître « Paris », sa ville. La cadence soutenue en est presque agressive. L’enfance souvent fait battre le cœur d’espoir et de rêve et la vie semble avoir comblé le musicien né à Saint-Maur Les Fossés. Cette réussite, il l'expose sur son morceau Tricky 98’ qui a accompagné les bleus en juin 2018 pour célébrer les 20 ans de leur coupe du monde à l’U-Arena.

Le parallèle entre l’écoute d'un disque et le travail des urgentistes laisse imaginer que la pochette pourrait être un selfie d’un examen médical du musicien qui permettrait peut-être de comprendre le processus de création de la musique. Si dans l’avenir la technologie permettait cette prouesse, parole de chroniqueur, j’écrirais un livre sur le sujet.

[ Chronique de Jean-Constantin Colletto ]

[ The Scope (CD / Vinyle / Digital) ]
[ A écouter : Vice - Paris Me Manque ]


Looking ForwardMikael Godée - Eve Beuvens Quartet : Looking Forward (Igloo Records IGL 296), 25 janvier 2019

1. Aaron (6:44) - 2. My T.T.T. (5:53) - 3. Lacy (6:07) - 4. Summer 2017 (4:03) - 5. Tycho (5:15) - 6. Did You Find Your Happiness ? (3:51) - 7. The Thing I Wish To Say Is This (3:56) - 8. Nothing To Declare (3:31) - 9. Le Bruly (6:38) - 10. How Do You Do ? (6:12)

Mikael Godée (saxophone soprano); Eve Beuvens (piano); Magnus Bergström (basse); Johan Birgenius (drums). Enregistré les 25, 26 et 27 février aux Studios Igloo, Belgique.


Après le dense et ambitieux album Heptatomic qui mettait en relief les qualités d'écriture et de direction musicale d'Eve Beuvens, la pianiste revint à une musique plus intimiste qui évoque davantage celle de son premier disque Noordzee sorti chez Igloo en 2009. Dès les premières mesures, on se sent emporté par un puissant souffle lyrique qui vous pousse un peu plus au Nord, vers les grandes étendues sauvages. Pour autant, si la mélodie est au départ spacieuse et génératrice d'une nostalgie souvent ressentie à l'écoute des productions ECM, le "jeu" n'est pas oublié et Eve Beuvens se laisse rapidement happer par un léger tourbillon sonore conjuguant énergie et sensibilité dans une ambiance qui reste malgré tout climatique.

La pianiste belge est ci associée à Mikael Godée, un saxophoniste soprano suédois avec qui elle partage une belle complicité. Leurs interventions se juxtaposent et s'enchevêtrent avec élégance, témoignant d'une déjà longue collaboration qui remonte à plusieurs années, à une époque où leurs premiers concerts étaient donnés en duo. Même le répertoire, entièrement original, est partagé équitablement entre les deux musiciens tout en formant un ensemble d'une parfaite cohérence, chacun servant au mieux les idées de l'autre.

Mais la musique est quand même aussi le résultat d'un quartet, les deux solistes ayant fait appel à une section rythmique particulièrement efficace composée du contrebassiste Magnus Bergström et du batteur Johan Birgenius. On appréciera entre autres les vagues rythmiques de ce dernier sur le tournoyant How Do You Do ? tandis que la fluidité des lignes de basse de Magnus en conjonction avec le pianio saute aux oreilles dans l'énigmatique Le Bruly. Quand tout le monde s'emballe comme sur Tycho, c'est l'extase devant ces quatre voix talentueuses qui font vivre avec enthousiasme un thème à la chaleur contagieuse. Mais quand sur Lacy, le tempo suspend son vol, la musique devient élégiaque, extrapolant les mystères de la forêt hivernale avec inspiration et douceur.

Parfois intimiste, souvent aventureux, toujours mélodique, Looking Forward, conçu et interprété par quatre musiciens aux qualités individuelles exceptionnelles, sonne d'abord comme un album de groupe à la fois équilibré, poétique et rafraîchissant.

[ Chronique de P. Dulieu ]

[ Looking Forward (CD / Digital) ] [ Noordzee (CD / Digital) ] [ Heptatomic (CD / Digital) ] [ Mikael Godée - Eve Beuvens Quartet sur Igloo ]
[ A écouter : Summer 2017 - Did you find your happiness ? (live) ]


Back To The RootsNtoumos : Back To The Roots (Indépendant), International, 9 Mars 2019

1. Apsilies (3:34) - 2. Tsifteteli By Manolis Karrantinis (3:29) - Vre Manges Dio Stin Filaki (5:54) - Mou Ipan Na Min Sagapo (3:41) - Kakouria Petera (3:49) - Annastacia (4:01) - Ap Tin Poli Enas Mortis (3:58) - Underground-Cocek (4:17) - Joc De Beica (2:07)

Dominic Ntoumos (trompette, directeur musical); Evangelos Tsiaples (bouzouki); Greg Chainis (guitare); Javier Breton (basse); Maxime Zampieri (drums) + Mehdi Haddab (luth); Marcel Râmba (violon); Sotiris Papatragiannis (chant). Enregistré en septembre 2017 au Sixstudio à Bruxelles.


D'origine belgo-grecque, Dominic Ntoumos a choisi ne pas choisir ses envies musicales. D'un style à un autre et de l'acoustique à l'électronique, il se déplace dans le monde au gré de ses rencontres, jouant à Londres, au Maroc ou au Brésil en bousculant volontiers les modes comme les habitudes. Bref, on l'aura compris : chez Ntoumos (qui est aussi le nom de son groupe), l'amour de la musique prime sur l'étiquette.

Sur ce sixième album dont la sortie est imminente, son regard s'est porté à l'Est vers ses racines grecques mais aussi vers la musique tsigane et comme il ne fait pas les choses à moitié, il a étudié les arcanes de ces musiques traditionnelles pendant cinq années avant de s'en inspirer pour les réinterpréter à sa manière. Quelques titres ont reçu un traitement moderne comme Kakoura et surtout Annastacia, marqué par un rythme plus rock et par une guitare électrique plus apparente. Au fils des plages, quelques invités viennent compléter le quintet de base : la texture de Ap Tin Poli Enas Mortis Est est colorée par le luth de Mehdi Haddad tandis que Marcel Râmba joue du violon sur Underground-Cocek, une composition de Goran Bregovic, originaire de Sarajevo, qui remet en mémoire les mélodies de son fabuleux Orchestre des Mariages et des Enterrements.

On sent le trompettiste à l'aise : ça joue avec facilité et l'attaque des phrases est fulgurante. Les arrangements sont clairs, illuminés par le bouzouki de Evangelos Tsiaples et emmenés par une rythmique enjouée. Si bien qu'en écoutant Apsillies ou Tsifteteli, il ne faut pas attendre longtemps avant d'être pris dans le tournis des danses d'une de ces fêtes colorées et ensoleillées qui caractérisent ce coin de la Méditerranée.

Par la nostalgie émanant de certains thèmes et le mélange des genres ainsi que par certaines tonalités de la trompette, ce disque évoque parfois les derniers enregistrements de Ibrahim Mahlouf. Les deux musiciens utilisent notamment le quart de ton même si Maalouf le fait en jouant sur une trompette à quatre pistons alors que Dominic Ntoumos a choisi d'obtenir cet effet avec les lèvres. Et ce n'est sans doute pas un hasard si les derniers disques de l'un (Red & Black Light) et de l'autre sont produits par Eric Legnini, pianiste renommé et lui-même bien connu pour brouiller les codes spatiaux et temporels.

Back To The Roots est un retour explosif aux origines grecques de Dominic Ntoumos mais la réussite de son disque, il la doit à cette fusion efficace entre des plongées tournoyantes au cœur de la tradition et des envolées électriques qu'il a apprivoisées durant sa longue carrière polyvalente. A un moment, on hésite à s'imaginer dans un festival de musique grecque folklorique ou sur le dancefloor d'un club urbain de Londres ou Bruxelles. Qu'importe puisque dans les deux cas, on se lève et on danse !

[ Chronique de P. Dulieu ]

[ Ntoumos sur FB ] [ A écouter : Apsilies ]


Musiques de Film & JazzChristian Gaubert - André Céccarelli - Diego Imbert - Ligne Sud Trio & Guests : Musiques de Film & Jazz (Cristal Records ), France, 19 janvier 2019

1. His Eyes Her Eyes (7:16) - 2. Un Eléphant Ça Trompe Enormément (5:21) - 3. The Little Girl Who Lives Down The Lane (6:51) - 4. Vivre Pour Pivre (5:41) - 5. La Puce Et Le Privé (3:19) - 6. Manha Do Carnaval (4:44) - 7. Le Passager De La Pluie (5:26) - 8. La Chanson d'Hélène (3:42) - 9. A Felicidad (6:12) - 10. Un Homme Et Une Femme (5:03) - 11. Moon River (4:51) - 12. E.T. The Extra Terrestrial (5:57)

Christian Gaubert (piano); Diego Imbert (basse); André Céccarelli (batterie) + Invités : Julien Gaubert (guitare); Thomas Savy ( clarinette basse, saxophone); Christophe Leloil (trompette, bugle); Karine Michel (chant)


Ligne Sud Trio se compose du pianiste Christian Gaubert, du batteur André Céccarelli et du bassiste Diego Imbert. Sur cet album, le trio a choisi, à l'instar d'innombrables musiciens de jazz, de revisiter quelques bandes sonores de films célèbres interprétées en jazz, et donc arrangées différemment et agrémentées d'improvisations personnelles. On est tout de suite séduit par les thèmes qui ont été retenus et qui ne sont pas toujours ceux que l'on croise habituellement dans ce genre de projet. Si Manha Do Carnaval de Luiz Bonfa pour Orfeu Negro, Moon River de Henri Mancini pour Breakfast At Tiffany et His Eyes Her Eyes de Michel Legrand pour The Thomas Crown Affair ont fait l'objet de multiples reprises, les mélodies de Vladimir Cosma pour Un Eléphant Ça Trompe Enormément, de Francis Lai pour Le Passager De La Pluie ou de Philippe Sarde pour Les Choses De La Vie sont des choix insolites mais qui rendent ce répertoire beaucoup plus attrayant que d'autres plus conventionnels.

En plus, le trio a fait appel à des invités dont la contribution était nécessaire pour s'approprier certaines de ces musiques (qu'aurait-on par exemple bien pu faire du célèbre Un homme Et Une Femme sans les fameuses paroles de Pierre Barough ici fort bien chantées par Karine Michel ?). En tout cas, la magie opère et non seulement on retrouve cette part de lyrisme que les bandes originales avaient su insuffler aux images mais on est également conquis par les trouvailles musicales et les sonorités fraîches introduites dans ces interprétations.

Il faut dire que le 7ème art n'est pas étranger à Christian Gaubert qui a écrit plusieurs musiques de film, notamment pour la série de Nestor Burma, et est devenu l'arrangeur de prédilection pour le grand Françis Lai. On retrouve d'ailleurs sur ce disque deux de ses compositions : La Puce Et Le Privé ainsi que The Little Girl Who Lives Down The Lane, respectivement écrites pour les films éponymes de Roger Kay et de Nicolas Gessner. Aussi, en dépit de quelques harmonisations savantes et innovations rythmiques, la clarté des mélodies qui va de pair avec l'impact émotionnel est préservé pour le plus grand plaisir de l'auditeur.

Personnellement, j'apprécie aussi bien le jazz que les musiques de film. Mais quand j'ai les deux à la fois et que le mariage est réussi, je suis aux Champs-Elysées. C'est le cas avec cet album très réussi.

[ Chronique de P. Dulieu ]

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[ A écouter : La Chanson d'Hélène ]








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