CD NEWS : les Nouvelles du Disque (1998 - 1999)



Retrouvez sur cette page les nouvelles du disque : les rééditions, les nouveautés, les annonces des maisons de disques ou des musiciens, ce qu'on nous a promis .... et si on a tenu ses promesses.

A noter : les nouveautés en jazz belge font l'objet d'une page spéciale.



Jazz Orchestra Of The ConcertgebouwFait assez rare pour des raisons économiques évidentes, un grand orchestre de jazz en activité est toujours un événement : celui-ci s'appelle le Jazz Orchestra Of The Concertgebouw dirigé par le pianiste hollandais Henk Meutgeert, lauréat du Bird Award 1999. Leur compact, intitulé Festival 1999 - part 1 (VIA Jazz Records), est une compilation de plusieurs concerts enregistrés en avril dernier au célèbre Club Bimhuis d'Amsterdam. Ce big band de facture classique (5 trompettes, 4 trombones, 5 saxophones et une section rythmique avec piano, guitare, basse et batterie) propose des arrangements puissants et raffinés de titres du répertoire comme All The Things You Are ou l'incontournable Caravan mais aussi ceux de thèmes modernes, moins conventionnels et tout aussi passionnants comme par exemple cet extraordinaire Gare Guillemans (oui, il s'agit bien de notre bonne vieille gare de Liège) ou ce Whose Bridge tout deux composés par le pianiste phare de la scène hollandaise Misha Mengelberg. Les parties improvisées sont assurées par de nombreux solistes invités comme Dick Oatts (as), Bud Shank (as), les Houdini's, Misha Mengelberg lui-même ou Sean Birgin qui tire de sa petit flûte (pennywhistle) des sons incroyables. Par son swing, sa richesse en belles sonorités et son alliage de tradition et d'inédit, ce compact ne pourra que ravir tous les amateurs de jazz orchestral.
Acoustic Jazz SextetVainqueur d'Hoeilaart en 98 et mis au programme du festival de Gouvy en 99 (où il a déchaîné l'enthousiasme du public), l'Acoustic Jazz Sextet est une formation de jazzmen polonais aux noms imprononçables. Ils ont enregistré un disque intitulé Alchemik que vous ne trouverez probablement nulle part en vente. Dommage car leur musique, qui se réclame aussi bien des chants folkloriques d'Europe centrale que des ambiances éthérées du label ECM, est une totale réussite. Mis en place dans des arrangements impeccables, ce sont des fanfares, des chansons traditionnelles, des envolées orchestrales éclatées à la Mingus, des parties improvisées ou des mélopées intimistes et envoûtantes d'une étonnante beauté qui défilent au long des 60 intenses minutes que dure cet album. Si ce sextette de jazz acoustique (avec un peu d'imagination, on devrait pouvoir leur trouver un nom moins conventionnel) passe près de chez vous, ne le ratez sous aucun prétexte … et profitez-en pour leur acheter un compact.
Rob van den Broeck And FriendsRob van den Broeck est né en 1940 à Hilversum (Hollande). Membre du Chris Hinze Combination et du European Jazz Ensemble, peintre à ses heures (voir la pochette du compact), le pianiste fut aussi le partenaire de Charlie Mariano et de Philip Catherine sur le disque Cascade en 1974. Son nouveau compact, intitulé Halloween Time (VIA Jazz Records), propose 12 compositions originales de jazz moderne au sein desquelles brille l'excellent saxophoniste Gerd Dudek. Avec Wiro Mahieu (b) et Tony Levin (dr) : le jazz européen dans toute sa splendeur.
Vince Mendoza : EpiphanyDéjà deux fois nominé aux Grammies pour des œuvres antérieures, le compositeur et arrangeur américain Vince Mendoza dirige ici le London Symphony Orchestra augmenté de 7 musiciens de jazz sur 8 compositions originales. Au fil des plages, apparaissent ainsi le guitariste John Abercrombie, les saxophonistes Michael Brecker et Joe Lovano, le pianiste John Taylor, le trompettiste Kenny Wheeler, le bassiste Marc Johnson et le batteur Peter Erskine. Ce compact, intitulé Epiphany (Via Jazz Records) confirme ce que l'on savait déjà : sa musique accessible à tous est fraîche, légère, évocatrice et reposante et ses arrangements sont de véritables écrins pour les solistes qui ont la chance d'y incruster leurs improvisations. Tout ceux (nombreux) qui ont aimé ses albums Start Here (World Pacific), Instructions Inside (Blue Note) ou Sketches (ACT) se doutaient bien que le style de Mendoza se marierait aisément avec un grand orchestre de facture classique. La démonstration est faite.
Les sessions enregistrées à Paris dans les années 50 par la compagnie Vogue continuent d'être publiées régulièrement sous la forme de beaux digipacks tout noirs. Les jazzmen du plat pays avaient déjà pu se délecter des rééditions de Martial Solal avec le vibraphoniste belge Fats Sadi (le Solal - Sadi Quartet sur The Complete Vogue Recordings Vol. 2) et du saxophoniste et flûtiste Bobby Jaspar (avec le pianiste français Henri Renaud et sous son propre nom : Bobby Jaspar & His Modern Jazz). La dernière fournée est tout aussi intéressante et fait encore la part belle aux émigrés du jazz belge : Bobby Jaspar, Francy Boland, René Thomas, Benoît Quersin et Christian Kellens. Pour commencer, on recommande Henri Renaud Trio, Sextet & All Stars (BMG / Vogue) avec, au fil des titres, René Thomas ou Jimmy Gourley (gt), Jean-Louis Chautemps (ts), Christian Kellens ou Benny Vasseur (tb), Pierre Michelot ou Benoît Quersin (b), Jean-Louis Viale ou Jacques David (dr)... et un All Stars de 1953, arrangé par Francy Bolland, qui sonne comme du West Coast jazz. Indispensable pour tous ceux qui s'intéressent à l'évolution du jazz européen !
Miramax Films a finalement acquis les droits de réalisation d'un film sur la vie du trompettiste Chet Baker (1929 - 1988) qui fut, comme chacun le sait, bien pleine d'aventures diverses. C'est donc Leonardo DiCaprio qui interprétera le rôle de Chet alors que les concurrents Universal et Paramount voulaient imposer respectivement Brad Pitt (un choix assez judicieux) et Jim Carrey (là, on l'a échappé belle !) pour le rôle. Le réalisateur du film n'est pas encore désigné et, évidemment, le directeur de la musique non plus : reprendra t'on les interprétations originales de Chet Baker ou va t'on en réenregistrer de nouvelles versions ? On reste à l'écoute.
Joris Teepe QuartetDans la foulée de l'excellent Seven Days A Week, enregistré deux mois auparavant, voici le troisième compact du bassiste hollandais Joris Teepe édité sur le label VIA Jazz : Firm Roots. Cette fois en quartet avec le saxophoniste ténor Don Braden, le pianiste Renato Chico et Steve Altenberg à la batterie, le leader continue à délivrer un jeu de basse toujours aussi carré, précis et inventif (écoutez-le sur There Is No Greater Love en duo avec Don Braden) et confirme ses talents de compositeur notamment avec un Garota Do Sul au parfum latin très réussi. Le répertoire est lui habilement partagé entre standards (dont My Funny Valentine et Mr. P.C.) et compositons des membres du groupe. Au total, Firm Roots est un disque de jazz plaisant, plus traditionnel que le précédent et qui ravira les amateurs de hard bop.
Entre jazz et blues, et souvent aux frontières de l'indéfinissable, le dernier compact de la chanteuse Cassandra Wilson, intitulé Traveling Miles (Blue Note), est un magnifique hommage à Miles Davis. Elle s'y approprie de façon très personnelle des thèmes comme Run The Voodoo Down, Someday My Prince Will Come, Tutu ou Blue In Green et en compose quelques autres. Sans jamais copier le Prince des Ténèbres, elle s'imprègne de son lyrisme, de sa force, de sa séduction et, comme lui, occupe l'espace sonore avec une maîtrise sidérante. Un pari difficile et totalement réussi : on n'est qu'en avril et voici déjà le premier grand disque de l'année.
Travail SoniqueTravail Sonique est un groupe de jeunes musiciens allemands qui vient de sortir son premier disque (amf 1060) : un jazz européen où la composition parfois inspirée de la musique classique occidentale se combine habilement à l'improvisation. Leur vision transversale, non conforme aux lois du marché, retient immédiatement l'attention. Ainsi d'ailleurs que l'approche sonore peu conventionnelle due en partie à l'utilisation d'une guitare Fender Stratocaster dans un contexte jazz qui n'est pas vraiment le sien. Louvoyant avec passion et dextérité entre des pièces très complexes (Condition, Cosmedin) et d'autres qui révèlent une authentique densité (Fandango, Trauersymbole), Travail Sonique propose un concept qui privilégie toujours l'aventure au confort d'écoute. Si vous avez du mal à trouver ce disque, écrivez à Gitta Schäfer, Steinkaulstr. 11, 52070 - Aachen.
Duke Ellington est né à Washington le 29 avril 1899. Pour commémorer dignement le centième anniversaire de sa naissance, la maison Warner a annoncé la réédition de 25 disques appartenant aux catalogues Pablo, Prestige, Riverside et Atlantic. Et RCA Victor a sorti le 27 avril un énorme coffret de 24 compacts intitulé : The Duke Ellington Centennial Edition - The Complete RCA Victor Recordings, 1927 - 1973. Couvrant toute la vie du Duke, depuis la période Cotton Club jusqu'à ses derniers enregistrements et produit par Orrin Keepnews, ce coffret propose l'intégrale des titres originaux enregistrés pour le célèbre label, remastérisés et complétés par de nombreuses prises alternatives ou en concert inédites ainsi qu'un livret de 128 pages avec textes, photos rares et discographie complète. A noter enfin que le magazine américain Downbeat a consacré, comme il se doit, son numéro d'avril à l'événement.
Ce n'est sans doute pas l'évènement musical de ce début d'année comme annoncé un peu partout, mais le nouveau double album de John MacLaughlin, Remember Shakti, est certainement ce qu'il a fait de mieux ces derniers temps. Enregistré en concert en septembre 1997, le guitariste, entouré de H. Chaurasia (fl), Zakir Hussain (tabla) et T.H. Vinayakram (percussion), y joue de la guitare électrique dans de longues improvisations à la manière indienne. Et il faut bien le dire : sa virtuosité est à la hauteur de son énergie. Un grand moment tout de même !
SHAI est un nouveau label français qui d'emblée inscrit à son catalogue deux productions particulièrement réussies : Infinity du Quintette Belmondo (voir la sélection de février en jazz français) mais aussi l'excellent Afterblue du pianiste Alain Jean-Marie. Voilà qui promet !
Ben Gerritsen BandLe label VIA Jazz Records, décidément fort actif, vient de sortir un excellent album du Ben Gerritsen Band simplement intitulé BGB. Leur musique est un jazz moderne résolument original qui retient immédiatement l'attention par une sonorité chatoyante et un rythme plein de verve. Auteur des huit thèmes, Ben Gerritsen lui-même excelle à construire des climats envoûtants : son vibraphone, au timbre légèrement modifié par un synthétiseur, est au coeur de l'orchestre. Quant à Leo van Oostrom au saxophone soprano et Willem Kühne au piano, ils témoignent d'une grande lucidité en privilégiant un son d'ensemble aéré bien à l'abri des impatiences. Ce combo à la fois ludique et esthétique peut certes s'écouter sur plusieurs niveaux mais, plus encore que l'excellence instrumentale de ses composantes, c'est son raffinement harmonique pris dans sa globalité qui emporte l'adhésion. Recommandé.
Régulièrement, le blues réapparaît en force. Après Johnny Lang, Keb' Mo' et Kenny Wayne Sheppard, la génération montante s'appelle Derek Trucks (el gt, voc ; fils du batteur des Allman Brothers), Mike Welch (el gt, voc), Shemekia Copeland (voc ; fille du bluesman Johnny Copeland), Chris Thomas King (gt, voc) et Guy Davis (gt, voc). Electrique ou acoustique, leur blues honore les grandes figures de l'histoire mais sait aussi à l'occasion intégrer des éléments plus modernes piochés dans d'autres genres musicaux. Sortis sur des labels spécialisés, leurs disques seront peut-être difficiles à trouver mais valent la peine que l'on fasse un effort : essayez pour commencer la guitare slide de Derek Trucks sur Out Of The Madness (House Of The Blues), la voix généreuse de Shemekia Copeland sur Turn The Heat Up (Alligator) ou le blues acoustique de Guy Davis sur You Don't Know My Mind (Red House).
Amateurs de Ragtime, ne manquez surtout pas le nouvel album de Marcus Roberts intitulé The Joy Of Joplin (Sony Classical). Plutôt que de refaire une nouvelle lecture rigoureuse de classiques comme The Entertainer ou Maple Leaf Rag, Roberts en donne des interprétations personnelles qui tiennent compte de l'évolution du piano jazz. Bien que l'esprit de Joplin soit respecté, on se retrouve parfois assez loin des originaux : du coup, l'intérêt pour cette musique, jouée avec autant de virtuosité que d'imagination, en est ravivé. Pour ceux qui souhaiteraient ensuite (re)découvrir l'œuvre de Scott Joplin dans sa forme originale, ils se reporteront aux interprétations de Dick Hyman (Complete Works For Piano) éditées par RCA en 1975.
Si vous aimez les contrebassistes qui swinguent, allez faire un tour sur le catalogue du label Black & Blue qui s'est spécialisé dans l'enregistrement de sidemen en tant que leader. On y trouve ainsi deux disques de Slam Stewart : Slam Bam et Slamboree, deux de Major Holley : Mule et Excuse Me Ludwig, et un de Milt Hinton : Bassically With Blue. Une bonne idée serait de commencer avec Major "Mule" Holley dont le style est d'ailleurs inspiré de Slam Stewart, avec toutefois la particularité qu'il double ses lignes de basse improvisées à l'archet par une belle voix de bourdon (Slam fredonne lui à l'octave). Chaleureuse et légère, sa musique efficace est un vrai régal pour les amateurs de swing.
Bleu Banane 3Le numéro 3 de Bleu Banane, revue de jazz belge, propose, toujours dans le même style humoristique, un dossier consistant sur les femmes instrumentistes du jazz et du blues (qui contrairement aux chanteuses n'ont pas la parole - c'est la rédaction qui souligne) : de Lil Hardin à Ingrid Jensen, elles sont toutes là. C'est original, très bien documenté et ça fouille beaucoup plus loin que ça en a l'air. Si vous ou votre petite amie pensiez que le jazz est une musique de macho, voilà matière à discussion. Et comme il y a aussi un article sur Aka Moon et un autre sur le jazz en Chine (?), ce troisième opuscule est un numéro à ne pas manquer. Bleu Banane ne se trouvant pas encore dans toutes les bonnes librairies, je vous donne leur adresse : 17 Lodomex, 4970 - Stavelot et leur E-mail.
Après l'édition toute récente d'un coffret de 8 CD reprenant l'intégrale Impulse du Coltrane Quartet en studio (The Classic Quartet, The Complete Impulse Studio Recordings), on sait maintenant que tous les enregistrements de Coltrane pour Impulse, y compris les inédits, pourraient être remis en ordre chronologique et réunis dans une énorme coffret d'une trentaine de compacts : ce serait prévu pour l'an 2000.
Malgré une présentation irréprochable et un livret exceptionnel, l'intégrale des Sessions d'Herbie Hancock pour Blue Note (The Complete Blue Note Sixties Sessions) ne fait pas l'unanimité à cause du choix contesté de quelques titres en sideman piochés un peu au hasard pour compléter les 6 compacts. Ceci dit, avouez qu'il y en a quand même qui font le difficile : cette anthologie aurait été éditée il y a 10 ans, tout le monde aurait crié au miracle. Le seul véritable problème avec ce coffret, c'est plutôt de revendre tous les LP ou CD qui font maintenant double emploi (Takin' Off, My Point Of View, Inventions & Dimensions, Empyrean Isles, Maiden Voyage, Speak Like A Child et The Prisoner).
Presque tout le monde trouve que Brad Mehldau est génial et que ses trois albums, The Art Of The Trio chez Warner, sont déjà des incontournables du piano jazz. Mais le chroniqueur de Jazz Hot, Guy Reynard, juge que Brad est fort disert et que sa musique confine parfois au bavardage, même si celui-ci n'est pas dépourvu de qualités. C'est une opinion. Et vous, qu'en pensez-vous ?
Les séances Columbia de Miles Davis, enregistrées entre août 69 et février 70 et jusqu'ici dispersées sur divers albums (Bitches Brew, Big Fun, Circle In The Round et Live Evil), ont été regroupées, avec neuf morceaux inédits, sous le titre générique : The Complete Bitches Brew Sessions. Résultat : encore un nouveau coffret de 4 CD qui réjouira cette fois les amateurs du Miles électrique.



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