Si vous avez aimé ce disque :

Ecoutez aussi :


d'autres compacts sélectionnés dans l'abondante discographie du pianiste Horace Silver (1928-2014).




Né en 1928 à Norwalk dans le Connecticut, Horace Silver grandit au son de la musique folklorique du Cap Vert qu'écoute son père d'origine portugaise. Il étudie d'abord le saxophone en s'inspirant de Lester Young pour jouer avec le big band de son lycée, et ensuite le piano plus approprié à sa santé fragile. En 1950, alors qu'il se produit dans un club de Hartford, il est remarqué par Stan Getz qui l'engage dans son orchestre et, dès 1951, il s'installe à New York. Influencé au départ, comme la plupart des pianistes de l'époque, par Bud Powel qui avait lancé la mode des improvisations rapides sur des enchaînements complexes, et par Thelonious Monk, Silver se forgera rapidement un phrasé propre évoquant parfois le jeu percussif des pianistes de boogie-woogie. En 1952, alors qu'il est le pianiste de Lou Donaldson, le producteur Alfred Lion lui propose de manière impromptue de prendre la place du saxophoniste, qui ne pouvait se présenter à une session Blue Note, et d'enregistrer à la tête de sa section rythmique.

Il en résulte un premier disque LP 25 cm, réalisé en trio avec le batteur Art Blakey, qui, déjà, impose un style : un jeu expressif et tendu, prêt à s'enflammer au premier roulement du batteur, et qui deviendra plus tard l'archétype du piano hard-bop. Il restera chez Blue Note 28 ans, enregistrant quelques 30 disques sous la protection bienveillante de Lion et de Francis Wolf, à tel point que son oeuvre est dans une certaine mesure représentative et indissociable du style imposé par le plus célèbre label de l'histoire du jazz. Son premier LP est rapidement suivi, un an plus tard, d'un second LP également en trio, avec Percy Heath (b) et Art Blakey (drs), sur lequel se trouve une composition qui deviendra un standard : Opus de Funk. Ces morceaux, issus de trois sessions et sortis à l'origine sur les LP 10" Blue Note BLP-5018 (New Faces - New Sounds) et BLP-5034 (Horace Silver Trio, Vol. 2), ont plus tard été regroupés sur un unique LP 12" Blue Note BLP-1520, réédité depuis en compact, intitulé Horace Silver and spotlight on drums: Art Blakey - Sabu. Si Art Blakey est bien le batteur des trois sessions, Sabu Martinez est un percussionniste portoricain qui joue des congas en duo avec Art Blakey sur le mémorable Message From Kenya dont les rythmes entrelacés sont inspirés par un rituel de chasseurs kenyans. Le duo ainsi initié entre Blakey et Sabu se perpétuera entre autre sur le fameux double album Orgy in Rhythm de 1957. Quant à Nothing But the Soul, il s'agit d'un solo de batterie par Art Blakey.

Les premières sessions en trio se déclinent ainsi :

Horace Silver (p), Gene Ramey (b), Art Blakey (d) - WOR Studios, NYC, 9 octobre 1952
- Horoscope (Horace Silver) - New Faces New Sounds (LP Blue Note 5018) - Horace Silver Trio and Art Blakey-Sabu (LP/CD BN 1520)
- Safari (Horace Silver) - New Faces New Sounds (LP Blue Note 5018) - Horace Silver Trio and Art Blakey-Sabu (LP/CD BN 1520)
- Thou Swell (Rodgers-Hart) - New Faces New Sounds (LP Blue Note 5018)
- Yeah (Horace Silver) - morceau rejeté / inédit

Horace Silver (p), Curly Russell, (b) Art Blakey (d) - WOR Studios, NYC, 20 Octobre 1952
- Quicksilver (Horace Silver) - New Faces New Sounds (LP Blue Note 5018)
- Ecaroh (Horace Silver) - New Faces New Sounds (LP Blue Note 5018) - Horace Silver Trio and Art Blakey-Sabu (LP/CD BN 1520)
- Yeah (Horace Silver) - New Faces New Sounds (LP Blue Note 5018) - Horace Silver Trio and Art Blakey-Sabu (LP/CD BN 1520)
- Knowledge Box (Horace Silver) - New Faces New Sounds (LP Blue Note 5018)
- Prelude To A Kiss (Duke Ellington) - New Faces New Sounds (LP Blue Note 5018) - Horace Silver Trio and Art Blakey-Sabu (LP/CD 1520)

Horace Silver (p), Percy Heath (b), Art Blakey (d) - WOR Studios, NYC, 23 novembre 1953
- Opus De Funk (Horace Silver) - Horace Silver Trio, Vol. 2 (LP Blue Note 5034) - Horace Silver Trio and Art Blakey-Sabu (LP/CD BN 1520)
- Day In, Day Out (Bloom-Mercer) - Horace Silver Trio, Vol. 2 (LP Blue Note 5034) - Horace Silver Trio and Art Blakey-Sabu (LP/CD BN 1520)
- I Remember You (Mercer-Schertzinger) - Horace Silver Trio, Vol. 2 (LP Blue Note 5034) - Horace Silver Trio and Art Blakey-Sabu (LP/CD BN 1520)
- Silverware (Horace Silver) - Horace Silver Trio, Vol. 2 (LP Blue Note 5034) - Horace Silver Trio and Art Blakey-Sabu (LP/CD BN 1520)
- How About You? (Freed-Lane) - Horace Silver Trio, Vol. 2 (LP Blue Note 5034) - Horace Silver Trio and Art Blakey-Sabu (LP/CD BN 1520)
- Buhaina (Horace Silver) - Horace Silver Trio, Vol. 2 (LP Blue Note 5034)

- Message From Kenya - duo Art Blakey (dr) + Sabu (congas) - Horace Silver Trio, Vol. 2 (LP Blue Note 5034) - Horace Silver Trio and Art Blakey-Sabu (LP/CD BN 1520)
- Nothing But the Soul - Art Blakey drum solo - Horace Silver Trio, Vol. 2 (LP Blue Note 5034) - Horace Silver Trio and Art Blakey-Sabu (LP/CD BN 1520)

En 1954, un troisième LP est enregistré en quintette, cette fois avec des cuivres : Hank Mobley (ts) et Kenny Dorham (tp) s'ajoutent au bassiste Doug Watkins et au batteur Art Blakey. Le titre Doodlin', sorte de blues joué dans une ambiance soul, connaîtra une étonnante carrière en devenant l'hymne du jazz soul des années 50 et sera repris notamment par Ray Charles. L'entente entre les cinq hommes est telle qu'ils décident de se constituer en groupe et d'imposer un style en réaction à la complexité du be-bop qui envahit tout, parfois au détriment de l'émotion. Contrairement à ce que certains ont écrit, il ne s'agit pas là d'un retour en arrière mais bien d'une nouvelle vision, moins abstraite et plus spirituelle, ouvrant d'autres possibilités en rapport avec les mélodies, le groove, les harmonies et les interactions entre solistes. C'est la naissance des fameux Jazz Messengers, dirigés par Horace, et dont le but avoué est, tout en gardant les innovations techniques du be-bop, de revenir à une musique plus chaleureuse, plus proche des racines de la musique afro-américaine, à la jonction du blues et du gospel. Le 6 février 1955, Silver, Blakey, Mobley, Dorham et Watkins enregistrent un nouveau LP, intitulé Horace Silver & The Jazz Messengers, avec quatre classiques composés par Silver dont le fameux The Preacher, inspiré d'une vieille rengaine, qui lancera définitivement les Messengers et sauvera Blue Note de la débâcle financière. C'est d'autant plus amusant que pendant la répétition de ce morceau, Alfred Lion et Frank Wolff avaient demandé à Horace d'abandonner ce titre qui, pour eux, sonnait trop comme de la musique Dixieland, et de le remplacer par un blues improvisé. Mais appuyé par Blakey, Horace insista et The Preacher, contre l'avis des patrons, fut quand même mis en boîte. Grâce à l'apport génial de l'ingénieur du son Rudy Van Gelder, qui avait transformé le salon de ses parents en studio d'enregistrement, le son hard-bop inventé par Silver et Blackey est identifié au son Blue Note pour la décennie à venir. En un sens, on peut raisonnablement écrire que Blakey et Silver ont revitalisé un jazz qui, au milieu des années 50, tournait en rond avec la répétition inlassable de standards bop par des groupes d'un soir et qui n'intéressait plus grand monde.

Les deux sessions ayant donné naissance aux Jazz Messengers ont été éditées sur deux LP 10" (BLP 5058 et BLP 5062), intitulés Horace Silver Quintet Vol. 1 et Vol. 2, avant d'être rééditées en LP 12" (BLP 1518), et ensuite en CD, sous le nom de Horace Silver And The Jazz Messengers. Ces deux sessions se déclinent ainsi :

Kenny Dorham (tp) Hank Mobley (ts) Horace Silver (p) Doug Watkins (b) Art Blakey (d) - Rudy Van Gelder Studio, Hackensack, NJ, 13 novembre, 1954
- Room 608 (Horace Silver) - Horace Silver Quintet, Vol. 1 (Blue Note BLP 5058) - Horace Silver And The Jazz Messengers (LP/CD BLP 1518)
- Creepin' In (Horace Silver) - Horace Silver Quintet, Vol. 1 (Blue Note BLP 5058) - Horace Silver And The Jazz Messengers (LP/CD BLP 1518)
- Doodlin' (Hendricks/Silver) - Horace Silver Quintet, Vol. 1 (Blue Note BLP 5058) - Horace Silver And The Jazz Messengers (LP/CD BLP 1518)
- Stop Time (Horace Silver) - Horace Silver Quintet, Vol. 1 (Blue Note BLP 5058) - Horace Silver And The Jazz Messengers (LP/CD BLP 1518)

Kenny Dorham (tp) Hank Mobley (ts) Horace Silver (p) Doug Watkins (b) Art Blakey (d) - Rudy Van Gelder Studio, Hackensack, NJ, 6 février, 1955
- Hippy (Horace Silver) - Horace Silver Quintet, Vol. 2 (LP Blue Note BLP 5062) - Horace Silver And The Jazz Messengers (LP/CD BLP 1518)
- To Whom It May Concern (Horace Silver) - Horace Silver Quintet, Vol. 2 (LP Blue Note BLP 5062) - Horace Silver And The Jazz Messengers (LP/CD BLP 1518)
- Hankerin' (Hank Mobley) - Horace Silver Quintet, Vol. 2 (LP Blue Note BLP 5062) - Horace Silver And The Jazz Messengers (LP/CD BLP 1518)
- The Preacher (Horace Silver) - Horace Silver Quintet, Vol. 2 (Blue Note BLP 5062) - Horace Silver And The Jazz Messengers (LP/CD BLP 1518)

En 1956, la formation originale des Jazz Messengers est dissoute suite à une dispute entre Silver et Blackey à propos d'un paiement du label que Blakey confisqua au détriment de ses musiciens. Ils ne s'adresseront plus la parole jusqu'en 1990 même si Horace n'a jamais cessé de déclarer que Blakey est l'un des plus grands batteurs du monde et les Jazz Messengers le meilleur groupe avec qui il ait jamais joué dans toute sa carrière. Quoi qu'il en soit, Blakey conserve le nom des Jazz Messengers pour une autre formation tandis que Silver garde Mobley et Watkins pour enregistrer, en compagnie de Donald Byrd (tp) et de divers batteurs, d'autres disques sous son nom propre. Il continue ainsi, au fil des sessions pour Blue Note, à alimenter périodiquement le répertoire des standards avec des thèmes intemporels comme Senor Blues, Sister Sadie, Filthy McNasty, Soulville, Song For My Father, The Tokyo Blues..., en compagnie de solistes Comme Art Farmer, Donald Byrd, Woody Shaw, Blue Mitchell et Randy Brecker (tp), Joe Henderson, Hank Mobley, Junior Cook et Stanley Turrentine (ts) ou J. J. Johnson (tb). Les disques qui s'empilent année après année, de 1956 à 1968, comptent aujourd'hui parmi les classiques d'un hard-bop simple en apparence mais efficace, pétri de blues et de soul tout en étant parfois teinté d'influences latines ou capverdiennes : Six Pieces Of Silver (1956), Finger Poppin' (1959), Blowin' The Blues Away (1959), The Tokyo Blues (1962), Song For My Father (1964; c'est John Tavares Silver, le père d'Horace, qui est sur la photo de la pochette), The Cape Verdean Blues (1965) et Serenade To A Soul Sister (1968), qui constitue son dernier grand opus pour Blue Note, offrent la meilleure part du pianiste et compositeur.


Song For My Father (Blue Note), 1964
Le plus connu et le plus attrayant des disques enregistrés par Horace Silver est pourtant une œuvre de transition conçue en plusieurs fois. Une première session est enregistrée dans les studios de Rudy Van Gelder à Englewoods Cliff le 31 octobre 1963 avec Blue Mitchell (tp), Junior Cook (ts) et le tandem Gene Taylor (b) / Roy Brooks (dr) à la rythmique. L'étrange Calcultta Cutie avec ses accents orientaux et Sanctimonious Sam, une valse composée par Musa Kaleem, sont gravés ainsi que deux titres en trio : le romantique Lonely Woman et l'agréable Que Pasa? dont la structure très aérée laisse passer des rayons de soleil. Une seconde session est ensuite organisée avec les mêmes musiciens le 28 janvier 1964. Y sont enregistrés en quintet Sighin' And Cryin' et Silver Threads Among My Soul qui swinguent de façon féline dans le style inimitable du pianiste. Pourtant, ce dernier n'est pas entièrement satisfait du résultat et décide, sans trop de raisons particulières, de dissoudre sa formation -qui tourne pourtant comme une horloge suisse- et d'en reconstituer une nouvelle avec des musiciens complètement différents. Sont alors sélectionnés le trompettiste peu connu Carmell Jones et, au saxophone ténor, Joe Henderson qui est lui, par contre, une des vedettes polyvalentes de Blue Note depuis qu'il a enregistré son célèbre Page One en 1963. Quant à la rythmique, elle est confiée à Teddy Smith (b) et à un jeune batteur de Pittsburgh nommé Roger Humphries (dr). Après une période d'échauffement en concert, le quintet entre en studio le 26 octobre 1964 pour graver The Native Are Restless, The Kicker, une nouvelle version en quintet de Que Pasa? ainsi que le célèbre titre éponyme de l'album : Song For My Father. Cette dernière composition, écrite en hommage au père de Silver, combine le rythme de la bossa nova, dont le pianiste s'est imprégné au cours d'un récent voyage au Brésil, avec une mélodie inspirée du folklore capverdien. Il en résulte un thème absolument irrésistible, transcendé par une improvisation hors normes de Joe Henderson qui délivre ici l'un de ses plus beaux solos. Alfred Lion, qui comprend immédiatement qu'il tient là son prochain grand succès, décide d'éditer sans plus attendre les quatre titres de la session, auxquels sont adjoints Calcutta Cutie et Lonely Woman, sur un nouveau LP intitulé Song For My Father. La réédition en compact de 1989 et les rééditions ultérieures comprennent les dix titres qui constituent l'intégralité des trois sessions d'octobre 1963, de janvier et d'octobre 1964. Malgré la présence des deux quintettes, le disque garde une grande homogénéité, preuve qu'Horace Silver était bien la flamme inspiratrice des combos qu'il dirigeait et qui, dans tous les cas, fonctionnaient selon les principes directeurs de leur leader éclairé.

[ A écouter : Song for My Father - The Kicker ]

The Cape Verdean Blues (Blue Note), 1965
Après le grand succès remporté par l'album Song For My Father et son titre phare, Horace Silver décide de poursuivre l'idée de son père de combiner la musique capverdienne avec son jazz pétri de blues et de soul. C'est dans cet état d'esprit qu'il retourne dans les studios d'Englewood Cliffs les 1er et 22 octobre 1965 pour enregistrer deux sessions de trois titres qui constitueront son prochain album intitulé The Cape Verdean Blues. Si Joe Henderson est toujours au saxophone ténor, Carmell Jones a été remplacé par le jeune trompettiste virtuose Woody Shaw, alors âgé seulement de 21 ans. On peut l'écouter prendre un solo d'anthologie, après celui d'Henderson, sur le lancinant African Queen, commençant lentement son discours et le portant soudain à un climax intense grâce à un jeu tendu et contrasté. Avec un tel casting, le combo de Silver brille de mille feux d'autant plus que, les morceaux étant plus longs que d'habitude, les deux solistes ont tout l'espace nécessaire pour s'exprimer. Les compositions de Silver chantent avec un naturel inégalable, affichant à l'occasion quelques teintes exotiques et latines qui les rendent légères et si faciles à écouter. Sur les trois titres de la seconde session, le tromboniste J.J. Johnson s'ajoute au quintet, renforçant les textures cuivrées et délivrant quelques solos magnifiques comme sur le complexe Nutville ou sur l'envoûtant Bonita. The Cape Verdean Blues, c'est Horace Silver au meilleur de sa forme, à la tête d'un combo qui sonne un peu plus aventureux que d'habitude mais qui exerce toujours une irrésistible attraction. Ceux qui ont apprécié Song For My Father ne sauraient en aucun cas être déçus par celui-ci.

[ A écouter : The Cape Verdean Blues - The African Queen ]


Au milieu des années 70, Silver s'entoure d'un grand ensemble sans connaître le succès rencontré avec ses différents combos. Ses derniers disques pour Blue Note sont des échecs commerciaux : sa musique plus mystique, plus spirituelle, part dans une nouvelle direction mal comprise par le public. D'autant plus que Silver tente aussi de s'imposer à cette époque comme auteur de chansons alors qu'il n'est manifestement pas aussi doué pour ça que pour la composition. Comme les gens de Blue Note souhaitent un retour à l'ancienne formule, Silver décide de créer son propre label Silveto Records pour lequel il enregistre de 1981 à 1988, ainsi qu'un second label nommé Emerald réservé à l'édition d'anciennes sessions datant de 1964 avec Joe Henderson, mais qu'il a de plus en plus difficile à maintenir en vie. Bien qu'on peut encore trouver ici et là quelques titres intéressants et malgré la présence de pointures comme Eddie Harris (sax ténor) ou Clark Terry (bugle), aucun des albums sortis sur Silveto (Guides to Growing Up, 1981 ; Spiritualizing the Senses, 1983 ; There's No Need to Struggle, 1983 ; Continuity of Spirit, 1985 ; Music to Ease Your Disease, 1988) n'est vraiment indispensable.

Après 10 années d'une relative obscurité, Silver est redécouvert en 1992 par Columbia pour qui il accepte de revenir au genre qui fit son succès : It's Got To Be Funky. Paraissent ainsi, sur le label des stars, deux albums avec lesquels il retrouve peu à peu sa popularité. Les ventes remontent et, à l'âge de 68 ans, il fait un come-back définitif sur le label Impulse! avec le magnifique compact The Hardbop Grandpop. Remis à la mode par l'hommage que lui rend Dee Dee Bridgewater sur son album à succès Peace & love, Horace Silver brille à nouveau comme le vif-argent. A Prescription For The Blues, toujours sur Impulse!, confirme la bonne nouvelle : Docteur Horace est de retour en ville et sa médecine est plus tonifiante que jamais ! Le dernier en date, Jazz Has A Sense Of Humor, paru sur GRP / Verve en 1999, n'apporte plus grand chose mais n'en est pas moins un autre bon album en quintet plein de frâicheur, cette fois dédié au compositeur, interprète et humoriste Thomas Fats Waller. Bien qu'il ait été question d'un autre disque pour Verve avec le Silver Brass Ensemble, ce fut là son ultime contribution enregistrée. Durant les dernières années de sa vie, Silver a souffert de la maladie d'Alzheimer. Il est décédé de causes naturelles chez lui à New Rochelle, New York, le 18 juin 2014 à l'âge de 85 ans. Beaucoup de ses compositions sont entre-temps devenues des standards du répertoire jazz et continuent à être diffusées et interprétées largement au cours du 21ème siècle, défiant le temps et les modes, comme il l'avait souhaité.


The Hardbop Grandpop (Impulse!), 1996
Après It's Got to Be Funky sorti chez Columbia en 1993, cette production pour Impulse! permet enfin à Silver de retrouver un public qui s'était de plus en plus aminci à cause, en partie, de la mauvaise distribution des enregistrements édités sur son propre label Silveto. Mais il faut dire que les dix nouvelles compositions inclues sur The Hardbop Grandpop renouent aussi avec un jazz populaire dont le groove infectieux s'était un peu dilué au fil des années. Et puis, Horace a réuni autour de lui un casting hors-pair incluant Steve Turre au trombone, Michael Brecker au sax ténor et Ronnie Cuber au sax baryton en plus d'une rythmique particulièrement dynamique composée de Ron Carter à la basse et de Lewis Nash à la batterie. Dans ce septet, seul Claudio Roditi n'est pas une grande star mais qu'on ne méprenne pas : c'est un trompettiste efficace qui fut membre du United Nation Orchestra de Dizzy Gillespie aux côtés de Paquito D'Rivera, James Moody et Danilo Perez et qui, à cause de son inclination naturelle à jouer dans le style hard-bop, fut parfois appelé le "Kenny Dorham" des années 90. Comme à son habitude, le pianiste a laissé suffisamment d'espace aux jeunes loups qui en profitent pour prendre des solos réjouissants. Et il faut entendre tout ce petit monde improviser avec une folle énergie sur Hawkin' et sur Diggin' On Dexter, deux compositions dédiées respectivement à deux légendes du saxophone ténor : Coleman Hawkins et Dexter Gordon. Comme jadis à la grande époque, les thèmes sont inspirés et pleins de soul même si leur interprétation sonnent différemment du hard-bop des années 50 et 60. Ce sont aussi de vraies chansons que l'on peut éventuellement fredonner et pour lesquelles Silver a d'ailleurs écrit des paroles. Heureusement toutefois, le disque est entièrement instrumental, le pianiste ayant choisi avec une grande sagesse de se concentrer avant tout sur la musique et ainsi de donner ce que l'on attendait de lui. The Hardbop Grandpop, qui fait référence à un surnom dont l'avait affublé un journaliste, est certainement son disque le plus réussi en dehors de sa période Blue Note classique.

[ A écouter : The Hardbop Grandpop - The Lady From Johannesburg - Diggin' On Dexter ]

Jazz Has A Sense Of Humor (Verve), 1999
Quand le 17 décembre 1998, Horace Silver entre dans les studios Avatar de New York, il ne sait pas encore que ce premier disque pour le label Verve sera le dernier de sa longue discographie. Il a encore quelque part dans la tête un projet avec le Silver Brass Ensemble qui malheureusement n'aboutira pas. En attendant, sur ce disque dédié au légendaire pianiste et humoriste Fats Waller, c'est à nouveau en quintet qu'il réalise son ultime enregistrement. Entouré de Ryan Kisor à la trompette, Jimmy Greene au saxophone, John Webber à la basse, et Willie Jones III à la batterie, Silver interprète neuf compositions originales qui s'inscrivent globalement dans les mêmes fondamentaux familiers mis au point il y a bien longtemps par le pianiste : un groove funky mais décontracté d'où émanent des effluves de gospel et de blues pimentées par des rythmes capverdiens; des thèmes expressifs et joyeux; et des arrangements précis basés sur les cinq instruments traditionnels d'un quintet de hard-bop. Ceux qui ont suivi la carrière du pianiste retrouveront ici quelques tournures de phrases déjà entendues ailleurs et qui pourraient sonner comme des clichés mais ils font partie de la longue histoire d'Horace Silver et, après tant de musique composée au fils des ans depuis le début des années 50, on lui pardonnera bien volontiers d'inclure, volontairement ou non, quelques bribes de mélodies surgissant de son passé. L'important est que Silver donne toujours du plaisir : il a intitulé son album Jazz Has A Sense Of Humor et il est vrai qu'à l'instar de celle de Fats, sa musique fait naître les sourires et oublier les malheurs. Certains spécialistes trouveront peut-être que les solos de Ryan Kisor ne valent pas ceux de Blue Mitchell et que la musique est un peu trop convenue mais qu'importe puisque cet album conclut avec brio un parcours exemplaire et retrouve même la verve, la simplicité et l'insouciance que Silver avait quelque peu perdues de vue après sa période Blue Note classique des années 60 et 70.

[ A écouter : Where Do I Go from Here? ]


Les compacts suivants appartiennent tous au style hard-bop. Ils constituent une sélection importante, quoique non exhaustive, de ce que Horace Silver a enregistré sous son nom depuis 1953 jusqu'à 1998, date de son dernier enregistrement pour Verve. On peut raisonnablement faire l'impasse sur certains d'entre eux (signalés en vert). Par contre, les disques qui me paraissent les plus décisifs sont marqués d'une étoile rouge mais le choix est forcément subjectif. A cette abondante discographie en solo, il faut encore ajouter les enregistrements en sideman dont certains sont superbes : A Night at Birdland Vol. 1 & 2 d'Art Blakey (Blue Note, 1954) ; K.B. Blues de Kenny Burrell (Blue Note, 1957) ; Whims of Chambers de Paul Chambers (Blue Note, 1956), Walkin' (Prestige Records, 1954) et Bags' Groove (Prestige Records, 1954) de Miles Davis ; Afro-Cuban (Blue Note, 1955) de Kenny Dorham ; le Hank Mobley Quintet (Blue Note, 1957) et le Volume 2 (Blue Note, 1957) de Sonny Rollins sont quelques-uns des classiques du jazz auxquels Silver a apporté une contribution qui est loin d'être négligeable. Les premiers albums enregistrés par le pianiste, en leader et en sideman, pour Blue Note sont détaillés ici



HORACE SILVER : DISCOGRAPHIE SELECTIVE
Horace Silver Trio (Art Blakey-Sabu) H. S., Gene Ramey ou Curly Russel ou Percy Heath (b), Art Blakey (drs) Blue Note, 1952 - 1953
Horace Silver And The Jazz Messengers H. S., Hank Mobley (ts), Kenny Dorham (tp), Doug Watkins (b), Art Blakey (drs) Blue Note, 1954 - 1955
Six Pieces Of Silver H. S., Hank Mobley (ts), Donald Byrd (tp), Doug Watkins (b), Louis Hayes (drs) Blue Note, 1956
The Stylings Of Silver H. S., Hank Mobley (ts), Art Farmer (tp), Teddy Kotick (b), Louis Hayes (drs) Blue Note, 1957
Further Explorations H. S., Art Farmer (p), Clifford Jordan (ts), Teddy Kotick (b), Louis Hayes (drs) Blue Note, 1958
Finger Poppin' H. S., Junior Cook (ts), Blue Mitchell (tp), Gene Taylor (b), Louis Hayes (drs) Blue Note, 1959
Blowin' The Blues Away H. S., Junior Cook (ts), Blue Mitchell (tp), Gene Taylor (b), Joe Harris Jr. (drs) Blue Note, 1959
Horace-Scope H. S., Blue Mitchell tp) ; Junior Cook (ts) ; Eugene Taylor (b) ; Roy Brooks (drs) Blue Note, 1960
Doin' the Thing (Live at the Village Gate) H. S., Blue Mitchell (tp), Junior Cook (ts), Horace Silver (p), Eugene Taylor (b), Roy Brooks (drs) Blue Note, 1961
The Tokyo Blues H. S., Junior Cook (ts), Blue Mitchell (tp), Gene Taylor (b), Louis Hayes (drs) Blue Note, 1962
Silver's Serenade H. S., Blue Mitchell (tp), Junior Cook (ts), Eugene Taylor (b), Roy Brooks (dr) Blue Note, 1963
Song For My Father H. S., Joe Henderson / Junior Cook (ts), Carmell Jones / Blue Mitchell (tp), T. Smith / G. Taylor (b), R. Humphries / R. Brooks (drs) Blue Note, 1963 - 1964
The Cape Verdean Blues H. S., Joe Henderson (ts), Woody Shaw (tp), J. J. Johnson (tb), Bob Cranshaw (b), R. Humphries (drs) Blue Note, 1965
The Jody Grind H. S., Tyrone Washington (ts), James Spaulding (as, fl), Woody Shaw (tp), Larry Ridley (b), Roger Humphries (drs) Blue Note, 1966
Serenade to a Soul Sister H. S., Charles Tolliver (tp), Stanley Turrentine (ts), Bob Cranshaw (b), Mickey Roker (drs) Blue Note, 1968
You Gotta Take a Little Love H. S., Randy Brecker (tp), Bennie Maupin (fl/ts), John Williams (b), Billy Cobham (dr) Blue Note, 1969
The United States of Mind, Phase I : That Healin' Feelin' H. S., Randy Brecker (tp), George Coleman (ts), Bob Cranshaw (b), Mickey Roker (drs), Andy Bey (vocals) Blue Note, 1970
The United States of Mind, Phase II : Total Response H. S., Cecil Bridgewater (tp), Harold Vick (ts), Richie Resnicoff (gt), Bob Cranshaw (b), Mickey Roker (drs), Andy Bey, Salome Bey (vocals) Blue Note, 1971
The United States of Mind, Phase III : All H. S., Cecil Bridgewater (tp), Harold Vick (ts), Richie Resnicoff (gt), Bob Cranshaw (b), Mickey Roker (drs), Andy Bey, Salome Bey, Gail Nelson (vocals) Blue Note, 1972
Quartet / Quintet : In Pursuit of the 27th Man H. S., Randy Brecker (tp), Michael Brecker (ts), Dave Friedman (vib), Bob Cranshaw (él. b), Mickey Roker (drs) Blue Note, 1972
Silver 'n Brass H. S., Tom Harrell (tp), Bob Berg (ts), Ron Carter ou Bob Cranshaw (b), Al Foster ou Bernard Purdie(drs) + cuivres Blue Note, 1975
Silver 'n Wood H. S. + orchestre et invités dont Tom Harrell (tp), Bob Berg (ts), Buddy Collette (fl), Frank Rosolino (tb), Ron Carter (b), Al Foster (drs) Blue Note, 1975
Silver 'n Voices H. S., Tom Harrell (tp), Bob Berg (ts), Ron Carter (b), Al Foster (drs) + 6 chanteurs Blue Note, 1976
Silver 'n Percussion H. S., Tom Harrell (tp), Larry Schneider (ts), Ron Carter (b), Al Foster (drs) + chanteurs et percussions Blue Note, 1977
Silver 'n Strings Play the Music of the Spheres H. S., Tom Harrell (tp), Larry Schneider (ts), Ron Carter (b), Al Foster (drs), Gregory Hines (vocals) + cordes Blue Note, 1978
Guides to Growing Up H. S., Eddie Harris (ts), Joe Diorio (gt), Bob Magnusson (b), Ron McCurdy (drs), Weaver Copeland & Mahmu Pearl (vocals) Silveto, 1981
Spiritualizing the Senses H. S., Bobby Shew (tp), Eddie Harris & Ralph Moore (ts), Bob Maize (b), Carl Burnette (drs) Silveto, 1983
There's No Need to Struggle H. S., Weaver Copeland, Mahmu Pearl (vocals), Bobby Shew (tp), Eddie Harris (ts), Bob Maize(b), Carl Burnette (drs) Silveto, 1983
Continuity of Spirit H. S. + Orchestre et vocaux Silveto, 1985
Music to Ease Your Disease H. S., Clark Terry (bugle), Junior cook (ts), Ray Drummond (b), Billy Hart (drs), Andy Bey (vocals) Silveto, 1988
Rockin' with Rachmaninoff H. S., Rickey Woodard, Doug Webb, Ralph Bowen (ts), Michael Mossman (tp), Andy Martin, Bob McChesney (tb), Bob Maize (b), Carl Burnett (drs), Andy Bey (vocals) Bop City, 1991
It's Got to Be Funky H. S. + orchestre de cuivres et invités dont Red Holloway, Eddie Harris et Branford Marsalis (ts), Bob Maize (b), Carl Burnett (drs), Andy Bey (voc). Columbia, 1993
Pencil Packin' Papa H. S. + orchestre de cuivres et invités dont Red Holloway, Eddie Harris, James Moody, Rickey Woodard (sax), Ron Stout, Oscar Brashear (tp), George Bohanon (tb), Bob Maize (b), Carl Burnett (drs), O.C. Smith (voc). Columbia, 1994
The Hardbop Grandpop H. S., Michael Brecker (ts), Ronnie Cuber (bs), Claudio Roditi (tp), Steve Turre (tb), Ron Carter (b), Lewis Nash (drs) Impulse!, 1996
A Prescription For The Blues H. S., Michael Brecker (ts), Randy Brecker (tp), Ron Carter (b), Louis Hayes (drs) Impulse!, 1997
Jazz Has a Sense of Humor H. S., Jimmy Greene (ts, ss), Ryan Kisor (tp), John Webber (b), Willie Jones III (drs) Verve, 1998



Suite à la découverte par Michael Cuscuna de bandes live inédites de Horace Silver dans les archives Columbia de la bibliothèque du Congrès à Washington, le label Blue Note a sorti en 2008 un disque intitulé Live At Newport '58. Ces enregistrements supervisés à l'époque par George Avakian constituent l'un des rares disques permettant d'écouter le pianiste en concert. En fait, en plus de l'album précité, il n'en existe que deux autres officiels : Doin' The Thing At The Village Gate (Blue Note, 1961) et Paris Blues / Olympia Theater, Paris, 1962 (Pablo, 2002). Le concert du dimanche 6 juillet 1958, qui se situe juste entre les enregistrements en studio de Further Explorations (Blue Note, 13 janvier 1958) et de Finger Poppin' (Blue Note, 31 janvier 1959), comprend quatre titres étendus (Tippin', The Outlaw, Senor Blues et Cool Eyes) interprétés par un combo composé des mêmes musiciens que sur Finger Poppin' (Junior Cook : saxophone ténor, Gene Taylor : basse, Louis Hayes : drums) à l'exception du trompettiste qui est ici Louis Smith. En dépit d'un mixage qui aurait pu mieux mettre en relief le piano, la fête est totale : le quintet tourne à plein régime; Silver démontre son génie d'interprète et de compositeur, une double casquette qui amène le présentateur Willis Conover à le comparer aux plus grands comme Duke Ellington et Thelonious Monk; la rythmique ne démérite pas avec un Louis Hayes au jeu musclé qui relance la machine en permanence tandis que les phrases précises de Junior Cook font monter l'adrénaline. Quant à Louis Smith, il ne fait même pas regretter ni Donald Byrd ni Blue Mitchell tant sa prestation, comme l'ont souligné beaucoup de chroniqueurs, est terriblement excitante (en particulier sur Tippin', originalement joué par Donald Byrd, qu'il s'approprie avec une déconcertante facilité). On en vient même à regretter que ce trompettiste, cousin d'un autre trompettiste célèbre nommé Booker Little, ait négligé sa trop brève carrière de jazzman au profit d'un emploi d'enseignant entre autre à l'Université de Michigan. On épinglera enfin ce Tippin' volcanique qui rappelle que dans hard-bop, il y a aussi le mot bop : les solistes y dévalent des tempos intrépides en évoquant les grands happenings de Parker et Gillespie si bien qu'à la fin du morceau, quand Silver annonce le titre suivant, on entend bien qu'il est à bout de souffle... Sans ce témoignage vivant et plein de ferveur tardivement retrouvé, l'histoire d'Horace Silver n'aurait pas été tout à fait la même.

On notera également une très bonne compilation des premiers albums Blue Note de 1953 à 1959, intitulée The Best Of Horace Silver - The Blue Note Years (Blue Note), reprenant ses compositions les plus marquantes de l'époque : Opus de Funk (Horace Silver Trio); Doodlin', Room 608 et The Preacher (H. S. And The Jazz Messengers); Senor Blues et Cool Eyes (Six Pieces of Silver); Home Cookin' et Soulville (The Stylings Of Silver); Cookin' At The Continental (Finger Poppin'); Peace, Sister Sadie et Blowin' The Blues Away (Blowin' The Blues Away).

Un second Best Of, Vol. 2 compile des titres extraits des albums Blue Note de 1964 à 1970 : Song For My Father et Que Pasa (Song For My Father), Pretty Eyes, The Cape Verdean Blues et Nutville (The Cape Verdean Blues), Mexican Hip Dance et Jody Grind (The Jody Grind), Serenade To A Soul Sister (id.), et Gregory Is Here (In Pursuit Of The 27th Man).

En 1999, Blue Note a sorti une excellente rétrospective sous la forme d'un coffret de 4 compacts qui parcourent la trajectoire de Silver de 1959 à 1978. L'emphase est mise sur les années 50 et 60 qui constituent la meilleure période du pianiste. Si le dernier compact est un peu moins intéressant, cette rétrospective, en 45 titres magnifiquement remastérisés en 20 bits par Rudy Van Gelder, n'en met pas moins bien en évidence l'art de Silver, la brillance de ses compositions et l'intelligence de ses arrangements pour quintet (dans une configuration utilisant quasi exclusivement la combinaison gagnante entre saxophone ténor et trompette). On peut toutefois se demander, vu le prix de vente actuel des rééditions Blue Note, s'il ne vaut pas mieux acquérir, pour un prix similaire, les 6 albums simples les plus représentatifs de sa discographie.

Enfin, impossible de ne pas faire référence à l'excellent compact de la chanteuse Dee Dee Bridgewater : Love And Peace - A Tribute to Horace Silver (Verve) enregistré en décembre 1994 en hommage au pianiste. Les frères Stéphane et Lionel Belmondo sont respectivement à la trompette et au saxophone ténor, Thierry Eliez au piano, Hein Van De Geyn à la basse et André Ceccarelli à la batterie. Jimmy Smith est invité sur deux titres et Horace Silver lui-même, auteur des paroles sur ses 13 compositions, est au piano sur deux morceaux, entérinant ainsi par sa présence dans le studio l'hommage qui lui est rendu avec autant de passion que d'efficacité.



"Je n'ai pas de problème avec les personnes qui expérimentent pour autant que
le jazz ne devienne pas si dilué et si distant que la tradition soit perdue.
Je pense qu'il est important de veiller à ce que la musique reste pure
de telle façon que les grandes contributions de Pres, Diz, Miles et Monk
peuvent continuer à vibrer et à rester vivantes."


Horace Silver in Down Beat, 1997


A lire :

  • Horace Silver in Down Beat (Déc. 97 et Déc. 96).
  • Horace Silver, les bonheurs du jazz, in Jazz Hot (mars 96).
  • Cook Richard, Blue Note Records: The Biography, Justin, Charles, and Co., 2003.
  • Cuscuna Michael, Lourie Charlie, Schnider Oscar, Les années Blue Note photographiées par Francis Wolf, Editions Plume / Adès, Paris, 1996.
  • Silver Horace, Pastras Phil, Let's Get to the Nitty Gritty: The Autobiography of Horace Silver, University of California Press, 2006.


Sur Internet :




"Je peux dire que les Jazz Messengers
étaient le meilleur groupe avec qui j'aie jamais joué.
Et j'ai joué avec quelques uns des plus grands.
Certaines nuits, ça tournait avec tant d'énergie
que c'était comme si nous flottions dans l'espace."


Horace Silver in Let's Get to the Nitty Gritty



Vous avez aimé cette page ? Faites le savoir sur mon livre d'or.

[ Index | CD base | Vision | Initiation | Europe | Belge | Blues | Sélection | Liens ]

[ Les débuts de Horace Silver chez Blue Note (1962 - 1962) ]

[ Ecouter la Playliste de Horace Silver ]

[ Une sélection de disques de Hard-Bop parus sur Blue Note ]

[ Les faces du jazz : 1917 - 1950 ]

[ Louis Armstrong : 1925 - 1928 | Les Années 30 : Swing & Big Bands ]
[ Charles Mingus | Th. Monk | Charlie Parker | John Coltrane | Chet Baker ]

Retour à la page d'index
DragonJazz - cdjazz@dragonjazz.com