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Introduction Les solistes de Mingus
Le label Debut Mingus sideman
Années 50 : la révélation Les non indispensables
Années 60 : the Black Saint Les CD essentiels
Années 70 : Epitaph Bibliographie


Si par ses propos, ses actes et ses écrits, Charles Mingus a laissé le souvenir d'un personnage au caractère turbulent, irascible, voire violent, son oeuvre enregistrée met davantage en évidence d'autres qualités comme l'intensité, la spontanéité, la puissance de sa musique ainsi qu'une vision non conventionnelle du jazz tel qu'on le jouait dans les années 50 et 60. Au-delà du contrebassiste prodigieux qu'il était, l'art de Mingus réside bien plus encore dans ses capacités à composer et à diriger des pièces musicales où le passé du jazz se mélange bien souvent à son futur. Bien que Mingus laisse suffisamment d'espace aux musiciens à qui il confie l'interprétation de ses visions, ses compositions sont denses, complexes, imprévisibles par leurs brusques variations de cadence ou de tempo et, si elles contiennent parfois de belles harmonies comme aurait pu les concevoir son mentor Ellington, elles sont souvent soumises à des déstructurations sauvages, des accélérations impromptues et peuvent même se résoudre en dissonances tout à fait avant-gardistes pour l'époque.


Né à Nogales en Arizona en 1922, Mingus a commencé à se faire une réputation de contrebassiste hors-pair dans les années 40 en jouant et en enregistrant avec les orchestres de Barney Bigard (1942), Louis Armstrong (1943), Howard McGhee (1945 et 46), Lionel Hampton (1947 et 48), Red Norvo (1950 et 51), Charlie Parker (1951 - 53), Duke Ellington (1953), J.J. Johnson (1954) et Miles Davis. Son niveau technique et ses idées bien arrêtées l'encouragèrent à placer la contrebasse sur un pied d'égalité avec les autres instruments, développant ce que l'on appellerait plus tard "l'approche conversationnelle". Musicien indépendant et ambitieux, Mingus s'est associé au batteur Max Roach pour fonder le label Debut Records sur lequel seront édités ses œuvres de jeunesse ainsi que le fameux concert all-star de 1953 au Massey Hall de Toronto avec Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Bud Powell et Max Roach. La basse ayant malheureusement été masquée par la batterie lors de l'enregistrement de ce concert mémorable, Mingus la doublera en studio avant l'édition sur son label. L'intégralité des enregistrements du label Debut a fait l'objet d'un superbe coffret de 12 compacts comprenant 169 titres provenant de diverses sessions enregistrées pour la plupart entre 1951 et 1955 et du concert au Massey Hall : The Complete Debut Recordings (Debut, 1951 - 1958).


Il faut cependant attendre le 30 janvier 1956 pour que son génie de compositeur et de chef d'orchestre soit révélé au monde avec un disque controversé à l'époque et aujourd'hui considéré comme un des jalons du jazz : le fameux Pithecanthropus Erectus (Atlantic) enregistré en compagnie de J.R. Monterose au ténor, Jackie McLean à l'alto, Mal Waldron au piano et Willie Jones à la batterie. Avec cette façon innovatrice d'utiliser les interactions entre ses musiciens sur de longues pièces multi-thématiques qui se jouent du temps, Mingus venait soudainement de trouver la juste mesure, le parfait dosage entre ses multiples influences qui vont d'Ellington à Stravinsky, des antiques polyphonies aux symphonies modernes, du blues au gospel en passant par le folklore latin. C'est le début d'une longue série de disques enregistrés pendant le reste de la décade pour différents labels et dont beaucoup sont des chefs d'œuvre : The Clown (Rhino / Atlantic, 1957), Tijuana Moods (1957, Bluebird RCA), East Coasting (1957, Bethlehem), Mingus in Wonderland (1959, Blue Note), Blues and Roots (1959, Rhino), Mingus Ah Um ainsi que Mingus Dynasty (1959, Columbia) et Mingus Revisited (1960, Emarcy).


Après les glorieuses années 50, les années 60 apparaissent plus en retrait sur le plan musical. Si Oh Yeah enregistré pour Rhino en 1961 est encore un disque majeur sur lequel Mingus joue exclusivement du piano aux côtés de Booker Ervin, Jimmy Knepper et du fabuleux Rahsaan Roland Kirk, sa tentative d'enregistrer live en 1962 au Town Hall avec un grand orchestre est un fiasco. Il composera pourtant en 1963 des œuvres achevées, abouties qui donneront naissance aux magnifiques albums Impulse! que sont Mingus 5x et The Black Saint and The Sinner Lady. Cette décade est enfin celle des nombreuses tournées en Europe où seront enregistrés une multitude de disques live (in Stockholm, in Oslo, In Copenhagen, in Paris, in Europe, In Stuttgart, At Monterey ….), parfois officiels, parfois non. On en retiendra les deux volumes Mingus In Europe du label Enja, enregistrés live en Allemagne le 26 avril 1964, ainsi que les trois LP de Prestige enregistrés live à Paris quelques jours auparavant et intitulés The Great Concert of Charles Mingus (1964). Mingus y est à la tête d'un fabuleux sextet (réduit ici à un quintet par suite de la défection du trompettiste Johnny Coles tombé malade) avec Dannie Richmond, Clifford Jordan au ténor, Jaki Byard au piano et Eric Dolphy qui restera en Europe après la tournée et décèdera en Allemagne peu de temps après. Miné par des ennuis de toute sorte, Mingus quitte pratiquement la scène musicale à partir de 1966.


Après l'éclipse de la fin des sixties, les années 70 peuvent être vues comme un comeback avec des disques importants comme Let My Children Hear Music (Columbia, 1971), Mingus Moves (Atlantic / Rhino, 1973), Mingus at Carnegie Hall (Atlantic, 1974), et surtout les deux meilleurs albums de cette période : Changes One et Changes Two (Atlantic / Rhino, 1974). Enregistrés en quintet avec George Adams (ts), Jack Walrath (tp), Don Pullen (p) et Dannie Richmond (dr), les "Changes" témoignent de l'extraordinaire ouverture d'esprit du leader et comptent assurément parmi ce qu'il a produit de meilleur en petite formation. Hélas! Atteint d'une maladie rare (Sclérose Latérale Amyotrophique), Mingus est progressivement paralysé à partir de 1977 et, dans l'incapacité de jouer ou d'écrire, il en est réduit à fredonner ses dernières compositions dans un enregistreur. Après une collaboration avec la chanteuse Joni Mitchell (il en résultera un album posthume controversé intitulé Mingus, enregistré avec Wayne Shorter, Herbie Hancock et Jaco Pastorius) et une reconnaissance tardive par le Président Jimmy Carter en juin 1978, Mingus âgé de 56 ans s'éteindra à Cuernavaca au Mexique le 5 janvier 1979. Ses cendres furent dispersées dans le Ganges en Inde. Après sa mort, un orchestre de répertoire nommé le Mingus Dynasty, et ensuite le Mingus Big Band, a continué de jouer et d'enregistrer sa musique avec la collaboration de musiciens comme Randy Brecker, Jon Faddis, Jimmy Knepper, Don Pullen, Dannie Richmond, Billy Hart, Charlie Haden, James Carter et Chris Potter. En cataloguant son œuvre, on a cru découvrir une composition monumentale inédite composée entre 1940 et 1962 et correspondant à plus de 2 heures de musique. Elle a été interprétée dix ans après sa mort par un grand orchestre conduit par Gunther Schuller et produit par sa veuve Susan Graham Mingus. La légende raconte que Mingus, conscient qu'elle ne pourrait jamais être produite de son vivant, l'aurait appelée Epitaph. En fait, il s'agirait plutôt d'un recueil d'anciennes compositions parmi lesquelles se trouvait aussi la suite Epitaph qui avait déjà fait l'objet d'une ébauche d'enregistrement pour United Artists lors du concert désastreux au Town Hall en 1962.


De Kid Ory à Charlie Parker en passant par Stan Getz et Art Tatum, Mingus a joué avec à peu près n'importe quel jazzman de son époque mais, pour ses propres disques, il avait sa sphère de sidemen. Vers la fin des années 50, Mingus n'écrivait plus que rarement des partitions complètes : il composait souvent au piano des harmonies et des lignes mélodiques qui servaient de repère pour les improvisations de ses musiciens dont les talents sont exploités au maximum. Souvent décrit comme un leader tyrannique, il laissait pourtant beaucoup d'espace à ses solistes et les encourageait à aller jusqu'aux limites de leurs possibilités, quitte ensuite à critiquer leur jeu dans les notes de pochette de ses albums. Parmi eux, Dannie Richmond, saxophoniste ténor reconverti à la demande de Mingus en batteur, est l'un des plus fidèles : crédité pour la première fois sur l'album The Clown en 1957, il restera aux côtés de son leader jusqu'à la fin. En dépit de disputes houleuses avec son patron, le tromboniste Jimmy Knepper, ancien partenaire de la période West Coast, a également contribué à la réussite de plein de disques essentiels depuis The Clown en 57 jusqu'à Me Myself an Eye en 1978 et fera même partie plus tard de l'orchestre posthume Mingus Dynasty. Virtuose du trombone, il est l'un des rares musiciens dans le style bop dont la technique peut soutenir la comparaison avec celle du grand J.J. Johnson. Shafi Hadi (pseudonyme de Curtis Porter), saxophoniste alto actif à l'origine dans le Rhythm & Blues, a enregistré avec Mingus pendant trois ans avant de disparaître définitivement de la scène jazz. Le trompettiste Ted Curson s'est aussi fait un nom dans l'orchestre de Mingus des années 59 - 60 aux côtés de Booker Ervin. Egalement venu du R&B, le pianiste Horace Parlan, que l'on peut écouter sur le superbe Blues and Roots et sur Mingus Ah Um, a bénéficié de la reconnaissance à Mingus qui l'a beaucoup aidé à lancer sa carrière. Mais le plus connu est le grand Eric Dolphy (alto, flûte et clarinette basse) dont les idées avant-gardistes ont émulé le bouillant contrebassiste. On peut se rendre compte de son apport dans ce qui reste sans doute le plus beau disque live de Mingus : At Antibes (Atlantic). Enregistré le 13 juillet 1960 au festival de Juan Les Pins, le quartet sans piano de Mingus, (avec Dolphy, Ted Curson et Dannie Richmond) augmenté pour l'occasion de Booker Ervin et, sur un titre, du pianiste Bud Powell alors installé en France, y interprète 5 compositions de Mingus (dont un superbe Better Get It in Your Soul) et une reprise de I'll Remember April avec une intensité et une liberté qui ouvrent toutes grandes les portes du jazz à venir. Enfin, on citera encore le saxophoniste alto Charlie Mariano qui accompagna Mingus en 1962 et 63 et qui joue dans l'œuvre maîtresse The Black Saint and the Sinner Lady.


En plus de ses disques enregistrés sous son nom propre, Charles Mingus a participé en tant que contrebassiste à d'innombrables sessions conduites par d'autres musiciens et figure ainsi sur près de 80 disques dont beaucoup ont été réédités en compact. Certains de ces enregistrements, notamment ceux en trio dont deux sont sélectionnés ici, permettent d'entendre particulièrement bien les qualités de Mingus en tant que contrebassiste. En 1950, le vibraphoniste Red Norvo, qui a joué dans les orchestres de Paul Whiteman et de Benny Goodman, monte un trio singulier et populaire avec le guitariste Tal Farlow et Mingus comme bassiste. Sur les vingt faces enregistrées par ce trio pour le label Savoy au cours des années 1950 et 1951, l'échange presque télépathique entre les musiciens est surprenant et le jeu de Mingus exceptionnel. A l'origine édités sur un double LP, ces 20 titres produits par Rudy Van Gelder avaient été réduits à 12 sur le compact Move! (Savoy Jazz, Japan) alors qu'on aurait pu les y loger tous. Heureusement, une ré-édition complète des 20 morceaux intitulée Red Norvo Trio with Tal Farlow and Charles Mingus: The Savoy Sessions (Savoy Jazz) est parue depuis et c'est celui-là qu'il faut rechercher. Les contrepoints et les solos des trois musiciens en parfaite osmose y sont remarquables et le disque constitue un des sommets du jazz de chambre, prolongeant les idées du trio de Benny Goodman et anticipant celles du Modern Jazz Quartet. Sur Money Jungle (Blue Note), enregistré le 17 September 1962 pour le producteur Alan Douglas et United Artists, on peut entendre Mingus en trio avec Duke Ellington et Max Roach, une session rare et précieuse qui est l'un des fleurons du trio de piano. Ellington, entouré par deux musiciens plus modernes qui l'idolâtrent, y joue un jazz intemporel et rallie tout le monde autour d'un blues fondateur. Mingus, alors en froid avec le batteur Max Roach, est au bord de l'explosion et prêt à quitter le studio, ce qui explique peut-être la tension palpable qui se dégage de la session. Quoi qu'il en soit, le jeu du contrebassiste est alerte, énergique (presque percussif) et mérite plus que jamais l'adjectif "conversationnel" qu'on lui attribue volontiers.


Au total, Charles Mingus a enregistré plus d'une soixantaine de disques sous son nom propre et légué à la postérité plus de 300 compositions originales. Mais tous les albums de Mingus ne se valent pas. Il y a ceux qu'il faut absolument se procurer en priorité et ceux qui peuvent attendre. Parmi ces derniers, on relèvera le concert au Town Hall du 12 octobre 1962 (Blue Note) confus et mal enregistré ainsi que Mingus Three (Blue Note, 1957), enregistré en trio avec le pianiste Hampton Hawes et le batteur Dannie Richmond, qui est plutôt médiocre et ne souffre pas la comparaison avec le reste de sa discographie. Des solistes autres que George Barrow et Eddie Bert auraient fait de The Charles Mingus Quintet + Max Roach (Debut, 1955) un disque plus passionnant qu'il ne l'est. Un an avant Pithecanthtopus, Jazz Composers Workshop (Savoy, 1954 - 55) est surtout intéressant pour suivre l'évolution désormais rapide d'un Mingus qui se cherche encore en tant que compositeur. Me, Myself an Eye et Something Like a Bird (Atlantic, 1978) enregistrés une année avant sa mort manquent de tonus : Mingus, atteint de paralysie, ne joue plus et, manifestement, le fait qu'il supervise la session ne suffit pas à insuffler l'énergie à laquelle on est habitué. Three or Four Shades of Blues (Atlantic), enregistré en mars 1977 avec Philip Catherine et Larry Coryell, n'est pas non plus une œuvre majeure. Enfin, Mingus Plays Piano (Impulse!, 1963) est un disque à part qui permet notamment de pénétrer plus intimement le monde musical mingusien mais on entend bien que le bassiste n'est pas un virtuose du piano.


Et voici la sélection : 5 disques en studio absolument incontournables (Mingus 5x non inclus) auxquels on pourra ajouter Mingus At Antibes pour se faire une idée de l'énergie que pouvait dégager le volcanique bassiste en concert.

Charles Mingus : 5 CD en studio essentiels
Pithecanthropus Erectus (Atlantic), 1956
Le disque de la révélation. Mingus y met en pratique sa conception toute personnelle du compositeur de jazz. Il joue les thèmes au piano et explique oralement aux musiciens l'ambiance et les séquences d'accords sur lesquels ils vont devoir improviser. Quand les solistes se sentent suffisamment à l'aide dans le cadre qui leur est imposé, ils deviennent créatifs et se faufilent sur la trame harmonique en apportant leurs idées et en respectant leur style propre. Le tout est une indescriptible composition spontanée impossible à transcrire sur une partition classique et à rejouer deux fois de la même façon. Avec des musiciens de la classe de Jackie McLean au saxophone alto, de J.R. Monterose au ténor et de Mal Waldron au piano, l'essai est évidemment une totale réussite. En plus du titre éponyme qui est devenu la signature de Mingus, on se régale encore avec une superbe ballade intitulée Profile of Jackie qui est aussi un grand moment.
Tijuana Moods (Bluebird / RCA Victor), 1957
Selon Mingus, Tijuana Moods est le meilleur disque qu'il ait jamais fait. Difficile de cautionner cette déclaration au regard de sa discographie antérieure mais il est clair que l'ambiance de fête de la petite ville mexicaine de Tijuana, lieu de plaisir où Mingus était venu en virée pour oublier des déboires sentimentaux, a été une source d'inspiration bénéfique pour ce disque exceptionnel conçu comme une bande originale de film. Peu de latinisme pourtant dans les 5 titres repris ici. Il y a bien des castagnettes et ce rythme de basse et de piano en forme de tango sur Ysabel's Table Dance ou le joli thème de Los Mariachis, emprunté aux musiciens mexicains ambulants, mais c'est là pour l'ambiance et pour évoquer le climat tropical à la base du concept de l'album. Le reste est bien du Mingus, c'est à dire une musique post-bop sans frontière aux harmonies riches et contrastées propulsant des cuivres aux idées foisonnantes. Jimmy Knepper est au trombone, Clarence Shaw à la trompette et Shafti Hadi au sax alto : trois musiciens autant responsables que Mingus de la qualité de cet enregistrement qui n'ont pas eu la reconnaissance qu'ils méritaient et qui sont ici poussés à donner le meilleur d'eux-mêmes. Dizzy Moods, inspiré par les harmonies du Woody'n'You de Gillespie et composé dans la voiture qui filait sur Tijuana, est l'un de mes morceaux préférés. A noter que ce disque en été réédité en compact sous la forme d'un double CD avec de superbes versions alternatives plus un titre oublié de ces sessions légendaires.
Blues and Roots (Rhino / Atlantic), 1959
Conçu comme un repli volontaire sur les fondements de la musique noire américaine (New Orleans, Blues et Gospel), ce disque est le plus swinguant du contrebassiste. En compagnie de Pepper Adams au baryton, Booker Ervins au ténor, Jackie McLean et John Handy à l'alto et Jimmy Knepper au trombone pour les souffleurs, Horace Parlan au piano et le fidèle Dannie Richmond à la batterie, Mingus prouve que sa musique, aussi moderne soit-elle, a des racines qui descendent au plus profond de l'histoire du jazz. L'ambiance est à la fête et tout paraît improvisé (la session est réputée comme ayant été anarchique et mal préparée). Quoiqu'il en soit, Mingus fait d'une pierre deux coups : il casse son image de musicien cérébral tout en défrichant mine de rien de nouvelles voies qu'emprunteront bien plus tard des musiciens comme Lester Bowie et son Brass Fantasy. A écouter en priorité : Wednesday Night Prayer Meeting et Moanin'.
Mingus Ah-Um (Columbia), 1959
Le disque le plus célèbre de Mingus (et le plus accessible) avec deux compositions devenues des standards : les célèbres Better Git It In Your Soul et Goodbye Pork Pie Hat. Le premier est un blues enlevé qui préfigure ce que l'on appellera plus tard le soul jazz et le second, également connu sous le nom de Theme for Lester Young, est un hommage au grand saxophoniste ténor et l'une de ses plus belles ballades. Mais le reste est encore du plus haut niveau avec un Open Letter to Duke inspiré par Duke Ellington, un Bird Calls en hommage à Charlie Parker et un Jelly Roll à la mémoire de Jelly Roll Morton. Sans oublier Fables of Faubus : une de ses fameuses satires humoristiques et politiques, ici sur le Gouverneur ségrégationniste de l'Arkansas Orval Faubus. Ses musiciens fétiches comme les saxophonistes John Handy, Shafi Hadi, et Booker Ervin, le tromboniste Jimmy Knepper, le pianiste Horace Parlan, et le batteur Dannie Richmond sont de la partie.
The Black Saint and the Sinner Lady (Impulse!), 1963
Sans doute le disque le plus émotionnel de la discographie de Mingus et son chef d'œuvre orchestral, The Black Saint est une œuvre de fusion dans tous les sens du terme. Du swing Ellingtonien au flamenco, de la douceur à l'explosion exacerbée, cette longue suite explore un océan d'ambiances et de couleurs d'où émergent avec panache le trombone de Quentin Jackson et le sax alto de Charlie Mariano. Mingus est aux commandes, peaufinant son disque par d'innombrables ré-enregistrements et utilisant tous les moyens techniques du studio pour créer un amalgame unique qui scintille de mille feux comme les Anneaux du Seigneur.


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