Le Rock progressiste

Disques Rares, Rééditions, Autres Sélections


Volume 5 Volumes : [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 6 ] [ 7 ] [ 8 ] [ 9 ] [ 10 ]

Caravan : In The Land Of Grey And Pink (Deram), UK 1971 - édition remastérisée en CD (Decca), 2001

Après la parution sur le label Decca de leur excellent second album portant le titre énigmatique de I Could Do It All Over Again, I'd Do It All Over You (1970), Caravan connait enfin un succès d’estime qui sera heureusement consolidé par In The Land Of Grey And Pink. Subtil panachage de jazz, de classique, de rock et de folklore anglais, l’album compte parmi les meilleurs du groupe de Canterbury. Et parmi les quatre titres plus courts de la première face du LP, Winter Wine écrit par Richard Sinclair est une composition exemplaire. Débutant par une légère mélodie folk qui ne déparerait pas un album de Fairport Convention, la chanson s’enveloppe rapidement dans une rythmique enlevée sur laquelle viendra finalement se greffer une improvisation jazzy jouée à l’orgue par le cousin David Sinclair. L’arrangement est impeccable et la voix de Richard avec son accent anglais typique convient à merveille au genre. Alors que les textes des autres titres relèvent plutôt de l’absurde avec un humour anglais parfois difficile à avaler (comme sur l’ineffable Golf Girl), Winter Wine évoque plutôt un voyage au cœur d’un rêve fantastique où il est question de chevaliers, de dragons, de ménestrels et de danseuses voluptueuses composant un ensemble parfait avec la musique. Le batteur Pye Hastings, fort présent sur les deux albums précédents, ne prend ici en charge qu’un seul titre : Love To Love You, une chanson courte plus Pop mais quand même très efficace dans le style de Traffic et ce n'est pas le frère de Pye, Jimmy Hastings qui intervient joliment à la Flûte, qui me contredira. Le sommet du disque est bien évidemment Nine Feet Underground qui occupe toute la seconde face et permet aux musiciens, et en particulier David Sinclair et ses multiples claviers et le guitariste Pye Hastings, de briller sur de longues improvisations. A cause de la durée limitée des LP, le fait de choisir de longues pièces de plus de 20 minutes forçait le groupe à en éliminer d’autres plus courtes que la réédition en compact permet aujourd’hui de redécouvrir avec bonheur. Ainsi, loin d’être inférieurs aux titres retenus en 1971, I Don't Know Its Name et Aristocracy (inclus dans une version revue sur l’album Waterloo Lily) qui agrémentent la dernière réédition Decca de 2001 auraient été bien à leur place sur le LP. Le mélange habile des genres, le recours à des instruments inusités, une façon d’improviser différente du Jazz, la préférence marquée pour les tempos moyens, la clarté des arrangements et les textes à l’humour bizarre composent un ensemble distinct aussi original que typiquement britannique et qui fera long feu sous le nom de Rock de Canterbury (en fait, plus un son ou une affinité entre musiciens qu’une école mais une niche musicale suffisamment bien définie pour que des groupes contemporains comme The Tangent y fassent encore systématiquement référence). Après cet album, Dave Sinclair quittera Caravan pour rejoindre Robert Wyatt et son Matching Mole. Ce départ fut le premier d’une longue série de permutations parfois temporaires (qui ont sans doute contribué à étendre et à uniformiser le son de Canterbury) mais Caravan, en dépit des innombrables changements de personnel, gardera à peu de chose près son style à travers les modes et les époques, entamant même une seconde carrière dans les années 90 sans changer grand-chose à la recette. On notera encore que l’illustration de la pochette, conçue comme il se doit en gris et rose par Anne Marie Anderson, offre une jolie perspective sur un village féerique que l’on peut immédiatement rattacher à la Comté de la Terre du Milieu et au titre de l’album … mais pas nécessairement aux textes ou à la musique. In The Land Of Grey And Pink est bien sûr un incontournable de toute discothèque Progressiste.

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Magellan : Hundred Year Flood (Magna Carta), USA 2002

Harmonies vocales et chant à cappella conduisent après deux minutes à une chanson douce accompagnée par un piano acoustique qui, elle-même, se fond rapidement et pour de bon dans le style « Magellan » : un Rock progressiste à l’américaine plus Heavy que symphonique dominé par l’héritage de Kansas et soumis à la vision Hard du label Magna Carta. Le grand atout de ce nouveau répertoire est son premier titre monumental qui occupe les deux tiers du disque : The Great Goodnight, écrit en mémoire du frère des deux musiciens Trent et Wayne Gardner, décédé sur le champ de bataille en 1966 au Vietnam. A l’opposé des protest-songs des années 60, Trent ne juge rien. Il se contente d’exposer les faits, fait part de la douleur ressentie par la famille, de la frustration due à l’absence et entame un surprenant dialogue dans l’au-delà avec ce frère méconnu. Fragmentée en 13 sections, la composition paraît hétérogène et déroule ses séquences de rythmes et de thèmes avec une intensité à la longue éreintante mais elle comprend aussi des moments décoiffants comme l’impro funky au trombone joué par Trent Gardner sur la section 8 ou les tirs rapides de George Bellas appelé en renfort à la guitare (section 6) ou encore le beau chant hiératique sur fond de grandes orgues de la section 9. La seconde plage, Family Jewels, est instrumentale et fait la part belle à un invité de marque : Ian Anderson (Jethro Tull) y joue de la flûte dans un style reconnaissable entre mille avant que la composition n’explose dans un concert de claviers à la ELP et ne s’effiloche sur quelques accords majestueux. Tout ça manque un peu d'arrangement mais le dernier titre, Brother’s Keeper, est lui tout simplement phénoménal. Littéralement propulsée par le nouveau batteur Joe Franco et la basse dithyrambique d’un autre invité, le fabuleux Tony Levin au groove inimitable, la musique flirte à un moment avec le Rap vite écrasé dans une jungle urbaine de rythmes furieux et jouissifs, elle-même habilement encadrée par des passages plus mélodiques et acoustiques. Si vous aimez le Prog forte dont l’aiguille frôle la zone rouge, tentez ce quatrième disque de Magellan : malgré un manque de respiration, il ne devrait pas trop décevoir.

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Univers Zero : Ceux Du Dehors (Cuneiform), BELGIQUE 1981

Sur un plan conceptuel, cet album de diffère pas beaucoup de Hérésie, paru deux années auparavant. La musique reste sombre, gothique, plus proche de Bartok et Stravinsky ou de certains compositeurs de bandes originales pour film fantastique que du Rock. Interprétée par des instruments acoustiques comme le hautbois, le cor anglais, le basson, le violon plus des claviers, une basse et une batterie, ces sept plages sont parfaites pour illustrer des contes macabres d’une autre temps. Atonales, austères, exaspérantes parfois, elles ramènent immanquablement à un âge de déraison où sorcellerie, inquisition et hérésie gouvernaient les croyances et la vie des hommes. Et si ces sons évoquent en nous des visions innommables, c’est qu’elles font partie de la mémoire collective inscrite dans l’histoire des civilisations européennes. Les titres de ces miniatures vont comme un gant à ce que l’on entend : La Corne du Bois des Pendus, Combat, La tête du Corbeau, Triomphe des Mouches… Les sons de l’harmonium en particulier ou de l’orgue (celui de l’église Saint Jacques à Bruxelles sur La Corne) rendent le voyage encore plus effrayant pour autant que ce soit possible. Et si Triomphe des Mouches qui clôture le disque est de loin le sanctuaire de ce chemin des morts terrifiant, le reste n’en est pas moins riche en frissons. Les orchestrations décalées, les cordes frénétiques, les percussions d’outre tombe, les résonances presque irréelles construisent une musique atmosphérique torturée et dissonante. Aucun synthétiseur n’étant utilisé, la musique n’a pas été balayée par le temps et, 25 années plus tard, son pouvoir d’évocation est intact. Plus proche d’Umberto Eco (Le Nom de la Rose) et de Matthew Lewis (Le Moine) que de Tolkien, Ceux du Dehors est un disque rare. Finalement, l’unique chose que l’on puisse reprocher à Univers Zero c’est son absence de concession : en refusant d’intégrer au détour de sa musique une once de délicatesse ou une petite mélodie attachante, il s’est probablement privé d’une grande partie du public fasciné par ce genre d’ambiance. On notera que l’absolutisme d’Univers Zero est allé jusqu’à choisir pour la pochette une photo macroscopique et colorisée d’une « Pierre des Sorciers », le groupe étant probablement beaucoup plus intéressé par l’idée que l’on exposait là les sorciers avant de les mener aux lieux patibulaires que par l’absence d’harmonie caractérisant cette image. Symptomatique !

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Djam Karet : Burning The Hard City (Cuneiform), USA 1991

Ceux qui apprécient les solos de guitare électrique dans l’esprit d’Andrew Latimer ou de David Gilmour seront probablement comblés, bien que ce disque exclusivement instrumental offre aussi des sonorités plus expérimentales où effets stéréoscopiques, distorsion et saturation prennent le pas sur la mélodie (Province 19 : The Visage of War). Au fil des longues plages qui tournent pour la plupart autour des dix minutes, s’installent parfois des climats atmosphériques grâce aux synthés qui donnent à la musique une coloration « space » : on appréciera ainsi sur Feast of Ashes, un des meilleurs titres du disque, les nappes électroniques évoquant l’école allemande des Klaus Schulze et autres Tangerine Dream sur lesquelles vient en finale se greffer un solo de guitare grandiose. Certaines plages, comme Grooming The Psychosis, tournent sur elles-mêmes mais, comme l’a démontré Ozric Tentacles qui a passé la dernière décennie à recycler ce genre de musique, les répétitions en boucles sont bien souvent un mal nécessaire à la genèse d’un groove hypnotique. Topanga Safari se développe sur une ritournelle de basse qui rappelle à nouveau Tangerine Dream quand ses albums mêlaient électronique et instruments traditionnels. Ten Days To The Sand est l’autre grand moment du répertoire encore une fois grâce à ses textures synthétiques planantes et à un arrangement plus fouillé sur lequel la guitare peut broder à l’aise sans risque de lasser. L’album se termine sur le titre éponyme dans l’esprit du Floyd de Wish You Were Here au début pour évoluer ensuite vers quelque chose de plus bluesy où plane l’ombre de Roy Buchanan bientôt chassée par celle de Jimmy Page. Burning The Hard City est un disque inclassable nourri de traditions progressistes et psychédéliques que l’on recommandera surtout aux aficionados de la six-cordes électrique … et aux curieux, évidemment !

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Pendragon : The Jewel (Elusive Records), UK 1985 - réédition en CD avec 2 titres en bonus (Toff Records), 1990

Pendragon s’est constitué à la fin des années 70 autour du guitariste et chanteur Nick Barrett mais avec le style de musique qu’il s’était choisi, ses chances d’intéresser un label au coeur d’une Angleterre alors submergée par le punk et la new wave étaient à peu près nulles. Dans le sillage du succès relatif de Marillion, ils décrochent quand même un contrat avec Elusive Records et produisent enfin leur premier disque en 1984 : un mini-album de 4 titres intitulé Fly High Fall Far bientôt suivi, une année plus tard, par The Jewel. L’expérience du groupe, qui a déjà donné de nombreux concerts (dont une participation au Reading Festival), est immédiatement ressentie : les arrangements ont quelque envergure, les musiciens s’envolent dans des solos maîtrisés et les compositions originales ne cherchent pas à reproduire en vain le style de Genesis ou de Marillion. The Black Night par exemple, avec ses changements de tempo, est un morceau très accrocheur : commençant comme une ballade électrique qui se développe lentement en une ambiance planante avec une guitare à la Gilmour, la composition prend rapidement de l’ampleur et culmine avec des solos entrelacés de guitare et de claviers. Ces derniers sont joués par Rick Carter, Clive Nolan n’ayant pas encore à l’époque rejoint le groupe. Nick Barrett chante avec un accent prononcé des textes dont la signification reste obscure et n’a ni la puissance ni le charisme d’un Gabriel ou d’un Fish, mais il joue par contre de la guitare avec un bel aplomb, s’appropriant des solos spacieux qui prennent appui sur les nappes de synthé. D’autres bons moments surgissent comme Circus et ses longs développements instrumentaux, Leviathan plus musclé avec sa guitare acide et sa batterie généreuse ou encore comme la mini-suite Alaska, en deux sections, qui débute dans un vol d’hélicoptère avant d’explorer de jolis paysages sonores. Bien que ce disque soit une borne importante dans la survie du Rock progressiste à travers les années 80, il est loin d’être parfait : la musique pâtit d’un manque de dynamisme, les mélodies ne sont pas assez fortes pour s’imposer, le chanteur se force parfois (sans parler de son accent !) et la production est terne. Même l’illustration de Dave Hancock reproduite sur la pochette est loin de valoir les images fantastiques de Simon Williams qui feront bientôt partie de l’univers du groupe. The Jewel a été réédité en CD sur le label de Pendragon (Toff Records) avec deux plages en bonus extraites du EP Fly High Fall Far dont le titre éponyme révèle l’influence du Pink Floyd. A noter que Pendragon annonce sur son site une nouvelle édition pour mai 2005 avec deux bonus supplémentaires : Insomnia et Armageddon, deux titres extraits de Once Upon a Time in England Volume 1 (1999) en versions réenregistrées. Si vous êtes quand même tenté par l’acquisition de cet album de Néo-prog imparfait mais prometteur, peu connu mais historique, le plus sage serait donc de patienter jusque là !

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Mike Oldfield : Hergest Ridge (Virgin), UK 1974 - édition remastérisée (Caroline), 2000

Les cloches tubulaires placèrent Mike Oldfield (et Virgin Records) en pleine lumière mais, quelque part, elles lui jetèrent aussi un peu d’ombre. Car qui se souvient encore de l’album qui vint ensuite et qui, pourtant, ne lui rend pas grand-chose sur le plan de la réussite formelle. Conçu dans la campagne à la frontière du Pays de Galles où Oldfield s’était replié pour échapper au succès démesuré de son premier opus, Hergest Ridge, qui porte le nom d’une colline des alentours, ressemble à Tubular Bells sur le plan de la méthode mais en diffère largement au niveau du style. Cette fois encore, l’auteur a conçu une longue pièce faite de sons empilés avec patience et ténacité mais il ne s’agit plus d’une unique et interminable progression convulsive. Hergest Ridge est une oeuvre apaisée constituée par l’imbrication savante et multiforme de couches mélodiques, le guitariste allant jusqu’à combiner les pistes de dizaines de guitares pour créer une cathédrale sonore aussi singulière que mégalomaniaque. Charmant, lyrique, enluminé par des chœurs et des cordes arrangés par son ami David Bedford, Hergest Ridge, malgré la complexité de sa construction, apparaît comme une œuvre légère, perpétuellement en mouvement comme les couleurs des collines changent lentement avec les ombres des nuages qui les traversent. On peut même imaginer sur la seconde face la fureur d’une tempête tumultueuse symbolisée par le rugissement des guitares. En fait, cette musique s’écoute comme on regarde un panorama et c’est le secret de son extraordinaire pouvoir d’évocation : Olfied n’ayant rien fait d’autre que combiner les instruments à l’infini en une symphonie pastorale en hommage aux paysages anglais qui l’ont inspiré. La version reprise sur le CD est celle remixée en 1976 pour le coffret Boxed, l’auteur ayant décidé que cette nouvelle version serait définitive et la seule méritant d’être désormais rééditée. La pochette, réalisée par Trevor Key, représente probablement les vallées environnantes du lieu de séjour et la vue en cercle traduit peut-être la vision circulaire que l’on pouvait avoir du haut de la colline de Hergest Ridge. On notera aussi, à côté du chien, la présence d’une maquette de planeur dont on sait que le compositeur était particulièrement friand. Moins célèbre que Tubular Bells, Hergest Ridge reste quand même un album d'une inaltérable élégance qui démontre que la formule inventée par Mike Oldfield n'était pas encore arrivée à terme.

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Rush in Rio [DVD] (Rounder / Castle), CANADA 2003

Le 23 novembre 2002 au Maracana Stadium à Rio de Janeiro devant une foule en délire, la tournée « Vapor Trails » s’achève. L’énergie dégagée par le groupe est incroyable et, plus incroyable encore, le public sait ce qu’il est venu voir : il connaît le répertoire et constitue un gigantesque chœur, participant à l’évènement, transférant sa propre énergie au trio et allant même jusqu’à chanter sur des passages purement instrumentaux (XYZ). Le mixage a d’ailleurs privilégié volontairement cette participation, rendant ainsi hommage à l’enthousiasme des aficionados brésiliens (ce qui signifie aussi que pour un son pur Rush, on est prié d’aller voir ailleurs et de se reporter aux albums studio). On raconte qu’à cause de problèmes liés à la tempête, rien ne s’est déroulé comme prévu : pas de sound check, pas d’essai des vidéos ou autres appareils techniques … Et c’est un fait que la prise de son patine un peu dans la première demi-heure mais, grâce aux ajustements in situ des ingénieurs, elle s’améliore par la suite. Le Dolby Digital 5.1 Surround place l’auditeur au milieu du délire (on n’est pas loin d’un match de foot) tandis que Geddy Lee, Alex Lifeson et Neil Peart, littéralement transcendés par l’évènement, donnent tout ce qu’ils peuvent. Mis en valeur par un fantastique jeu de lumière, Rush revisite en un show de près de trois heures une quinzaine d’albums piochés dans sa riche discographie: 29 titres réunis sur le premier compact rouge où chacun à la chance de briller y compris les 40.000 personnes présentes ce soir là. Dès leur arrivée sur scène et les premières notes de Tom Sawyer et jusqu’au dernier morceau, la puissance de feu des trois Canadiens ne faiblira jamais et force est de constater qu’avec une moyenne d’âge tournant autour de la cinquantaine (la voix de Geddy Lee dérape désormais parfois dans les aigus), Rush conserve une phénoménale énergie et un total contrôle de sa musique. Filmé en écran large avec une qualité d’image très satisfaisante, on voit tout bien mieux que si l’on se trouvait au cœur de cette gigantesque arène. Le second DVD noir est consacré à un documentaire de 45 minutes « The Boys in Brazil », réalisé par le photographe attitré Andrew MacNaughtan, à propos de la tournée brésilienne et qui s’avère plus amusant que ce qui est fait d’habitude. Trois extraits du concert, les instrumentaux YYZ et La Villa Strangiato ainsi que O Baterista et son incroyable solo de batterie, sont également repris sur le second disque mais avec un aspect multi-angle permettant de varier les plaisirs et, notamment, de détailler les mouvements du batteur Neil Peart. Et en bonus, le groupe a inclus deux fichiers cachés dont il vous faudra trouver la clé pour y accéder : le dessin animé projeté sur By-Tor & The Snow Dog ansi qu’une ancienne promo datant de 1975. Délivré dans une luxueuse pochette, Rush in Rio est un double DVD recommandé à ceux qui aiment surtout la chaleur et la performance d’un vrai concert de Rock sans rechercher nécessairement une compilation en forme de « best of live » de leurs grands moments. A vous de voir maintenant si ce choix artistique vous convient !

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Nektar : Journey To The Centre Of The Eye (Bacillus / Bellaphon), UK 1971 - Edition remastérisée avec deux titres en bonus au format SACD (Eclectic Discs / Dream Nebula), 2004

Quatre anglais installés à Hambourg fondèrent Nektar en 1969, un groupe méconnu qui attendra deux années avant de sortir son premier LP. Difficile de donner un aperçu de cette musique contrastée. A peine peut-on affirmer d’emblée qu’elle emprunte au courant psychédélique alors en vogue en Allemagne. Toutefois, ce disque se rattache aussi au mouvement progressiste par plusieurs de ses éléments. D’abord, c’est bien un concept album même si le thème nébuleux qui relève de la SF est vague et ne paraît pas véhiculer un quelconque message. Ensuite, le répertoire comprend 13 titres imbriqués, avec des mélodies récurrentes, qui composent une pièce unique dont il est difficile d’isoler une partie. Enfin, Nektar a manifestement eu la volonté de composer une musique ambitieuse et sophistiquée qui privilégie la cohérence de l’ensemble plutôt que les improvisations individuelles. On notera quand même au fil des plages quelques influences britanniques. Ainsi, Prélude annonce-t-il les transes spatiales de Hawkwind. Countenance, avec ses nappes d’orgue qui se déroulent en un lent crescendo pour exploser soudain dans une furie libératrice, toutes guitares électriques dehors, évoque instantanément le Pink Floyd de Zabriskie Point et d’Ummagumma. Sur It’s All In The Mind, le Mellotron pastoral, la guitare acoustique et même l'intonation vocale appellent la comparaison avec le King Crimson de Cadence And Cascade. Quant à Pupil Of The Eye, son côté enlevé et plus hard emprunte peut-être à un groupe comme Uriah Heep. On mentionnera encore The Nine Lifeless Daughters Of The Sun plutôt convaincant avec ses entrelacs de guitares (Roye Albrighton) et d’orgue (Allan Freeman) et sa basse (Derek Moore) bien mixée en avant. Impressionnante pour un premier album, l’oeuvre n’est pourtant pas exempte de défauts : il manque incontestablement à ces enchaînements d’accords un thème fort, les passages expérimentaux (Warp Oversight en particulier) sont agaçants, les transitions entre les sections sont approximatives et parfois totalement incongrues comme celle entre les deux séquences de The Dream Nebula et, surtout, on regrette que les climats atmosphériques soient abandonnés trop vite au moment où l’on commence enfin à dodeliner de la tête. Le disque est enregistré par l'ingénieur du son Dieter Dierks, célèbre pour avoir fondé avec Peter Hauke le label mythique de rock heavy / progressif Bacillus qui produira d’ailleurs la quasi-totalité des albums de Nektar. A noter que la présente chronique est basée sur la première version CD éditée par Bellaphon (la compagnie allemande de distribution du label Bacillus). Une nouvelle version remastérisée au format SACD est sortie à l’été 2004 avec deux titres en bonus (Do You Believe in Magic? et 1-2-3-4 extraits de l’album Sound Like This) mais, ne l’ayant pas entendue, je ne peux rien en dire. En plus de Journey qui vaut sûrement la peine d’être écouté autrement que comme un fonds documentaire, on conseillera à ceux qui souhaiteraient redécouvrir ce groupe original d’opter aussi pour leur quatrième opus, Remember the Future. Tous deux trouveront sûrement une petite place dans le cœur des amateurs de Prog.

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