Blues 17 : Autres Suggestions / Livres / Nouveautés


Bad Luck Blues
"Ils m’ont tiré dessus à San Antone,
Et ils m’ont mis dehors à Kansas City.
Seigneur, je me demande ce que j’ai fait de mal !
Ma maison a brûlé à Boston.
Ma femme m’a quitté dans le Maine.
Je me suis cassé les deux bras dans l’Utah,
Alors que je prenais un train de de marchandise.
Oh, pas de chance, oui, pas de chance !"

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Bad Luck, Albert King
Funky London, Stax (1994)


Queen Sylvia Embry : Midnight Baby
Queen Sylvia Embry : Midnight Baby (L+R Records), 1983

La vie d’une femme chanteuse de blues n’a jamais été facile, particulièrement en milieu urbain et notamment sur la scène de Chicago. Koko Taylor en particulier en a longtemps fait les frais au point qu’elle avait failli abandonner le métier avant que son énorme talent ne soit reconnu par le public et par ses pairs. Ce fut aussi le cas pour d’autres femmes comme Big Time Sarah, Bonnie Lee ou Queen Sylvia Embry qui, pourtant, avait une autre corde à son arc : elle jouait de la basse de manière professionnelle avec un dynamisme que beaucoup d’hommes pouvaient lui envier. Elle jouait à la fin des années 70 au Checkerboard Lounge de Chicago dans l’orchestre de Lefty Dizz et de l’avis de tous ceux qui l’on vu sur scène, elle accaparait la lumière. On ne lui a malheureusement que rarement permis d’entrer en studio. Aussi ne subsiste d’elle que quelques rares enregistrements. Le premier fut enregistré en 1979 pour le label Razor (une filiale d’Alligator Records) avec son mari de l’époque, Johnny Embry, mais la production est trop médiocre pour rendre justice à son talent. En 1980, elle enregistra quatre morceaux pour Alligator sous la supervision du producteur Bruce Iglauer. On les trouve sur le formidable CD Living Chicago Blues Vol. 4 sur lequel sa prestation ne démérite pas aux côtés de celles de Detroit Junior et de Luther "Guitar Junior" Johnson. Enfin, il y a ce Midnight Baby, un disque de 1983 sur lequel Queen Sylvia n’interprète que des compositions personnelles. Elle y est accompagnée par une section rythmique et deux guitaristes : le grand Jimmy "Fast Fingers" Dawkins avec qui elle avait réalisé une tournée l’année précédente et Richie Kirsh qui prend un beau solo après Dawkins sur New York Bound. C’est du blues de Chicago modernisé à la Magic Slim comme on pouvait en écouter alors dans le « West Side ».

Queen Sylvia fut ensuite enrôlée la même année dans la tournée de l’American Folk Blues Festival '83. La réédition en CD de l’album Midnight Baby est d’ailleurs augmentée de deux titres enregistrés live en novembre 1983 au Music-Hall de Würzburg, en Allemagne. Les portes semblaient donc s’ouvrir pour elle mais, au milieu des années 80, Sylvia tomba malade et fut contrainte d’abandonner la musique en 1986 après une tournée mondiale avec le Mississippi All-Stars. A la même époque, le magazine Living Blues rapporta qu’elle avait abandonné le blues pour se tourner vers le gospel. Elle est morte en 1992 des suites d’un cancer. Queen Sylvia est restée dans l’histoire de la musique comme l’une des rares instrumentistes féminines du blues de Chicago et, peut-être bien, comme la seule bassiste féminine du genre.

[ Queen Sylvia Embry : Midnight Baby ]

A écouter :
[ I'm Hurtin' - New York Bound - Going Upstairs (Living Chicago Blues Vol. 4) ]

Earl King & Roomful of Blues : Glazed
Earl King & Roomful of Blues : Glazed (Black Top Records), 1986

Originaire de La Nouvelle Orléans, Earl King est resté dans les mémoires comme le compositeur de Come On, un standard du blues repris entre autres par Jimi Hendrix et Stevie Ray Vaughan. Mais il était beaucoup plus que cela : un bon chanteur et guitariste et un compositeur très honorable dont les chansons, sorties en single sur Ace et Imperial, grimpaient parfois dans les Charts R’n’B. Après avoir quitté Imperial en 1963, Earl King a enregistré plusieurs albums pour différentes firmes dont celui-ci, Glazed, produit par Hammond Scott et sorti en 1986 sur Black Top Records. Il y est fort bien accompagné par Roomful of Blues (avec le guitariste Ronnie Earl). Le mariage entre le blues funky typique de La Nouvelle Orleans et le jump blues propre au groupe de la Côte Est a donné de beaux fruits, d’autant plus qu’Earl King avait apporté d’excellentes nouvelles compositions comme It All Went Down the Drain ou Iron Cupid. L’album a été remarqué par les amateurs et il a même été nominé pour un Grammy Award en 1987 dans la catégorie « Meilleur album de blues contemporain » (remportée cette année-là par le disque Strong Persuader de Robert Cray). Avec ses cuivres, la musique groove, souvent plus proche du R’n’B que du blues pur. Earl King enregistrera encore deux autres albums pour Black Top mais aucun des deux n'a surpassé cet enregistrement.

[ Earl King & Roomful of Blues : Glazed ]

A écouter :
[ Somebody's Got A Tail - It All Went Down The Drain ]

Kennedy’s Blues. African American Blues and Gospel Songs on JFK
Guido van Rijn : Kennedy’s Blues. African American Blues and Gospel Songs on JFK, University Press of Mississippi, 2007, 252 pages

Various Artists : Kennedy’s Blues. African-American Blues And Gospel Songs On JFK 1960-1964 (CD Agram Blues), 2007

Ce livre est consacré à l’analyse quasi exhaustive des chansons de blues et de gospel à contenu politique, écrites par des Afro-Américains, ayant pour thème les années Kennedy. Après Roosevelt Blues et The Truman And Eisenhower Blues, il s’agit du troisième volume de la série de Guido Van Rijn consacrée aux chansons d’actualité blues et gospel. Il offre une analyse approfondie et détaillée de la perception de John Fitzgerald Kennedy dans l’imaginaire afro-américain. Des évènements comme la conscription militaire, la course à l’espace, les problèmes sociaux, le débarquement de la baie des Cochons, la guerre froide, les mesures pour les droits civiques des Noirs, la Marche sur Washington et, bien sûr, l’assassinat le vendredi 22 novembre 1963 du trente-cinquième président des États-Unis a Dallas (Texas) ont trouvé leur place dans les paroles des bluesmen. Sur base du flot de chansons commémoratives sorties après sa mort, Guido van Rijn explique comment John F. Kennedy est rapidement devenu un héros mythique pour les auteurs-compositeurs de blues en dépit de tout ce qu'il n’avait pas accompli.

Comme pour les livres précédents, un CD compagnon est inclus qui reprend 28 des chansons enregistrées entre 1960 et 1964 qui sont abordées dans le livre, parmi lesquelles Army Man Blues de Big Joe Williams, Mr. Khruschev de Bo Diddley, Twistin' Out In Space de Robert Parker, (The Welfare) Turns Its Back On You de Freddy King, I'm Gonna Sit In Till You Give In de B.B. King, Sad Day In Texas d’Otis Spann et President Kennedy de Son House. Etrangement, la chanson President Kennedy/ I’m Going Home, que Sleepy John Estes composa et enregistra à Londres en 1964, n’y figure pas. Elle est pourtant entièrement consacrée aux événements qui l'avaient profondément marqué l'année précédente : la mort de John F. Kennedy et sa renommée posthume.

[ Kennedy’s Blues. African American Blues and Gospel Songs on JFK ]

Kennedy's Blues
Tard un vendredi soir,
Tout le monde était triste.
Nous avons perdu le meilleur président
Que nous ayons jamais eu
Mais il est rentré chez lui,
Rentré à la maison.
Il est parti depuis trop longtemps.

Il allait de ville en ville
Pour défendre nos droits.
Un petit vaurien
A pris la vie du président
Mais il est rentré chez lui,
Rentré à la maison.
Il est parti depuis trop longtemps.

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President Kennedy de Sleepy John Estes,
Ry Cooder : Boomer’s Story (Reprise Records, 1972)
Photo : Kennedy's Blues, Guido van Rijn,
University Press of Mississippi, 2007





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