Quelques vinyles mythiques du Blues et leurs superbes pochettes


(dont il ne faut surtout jamais se séparer)


Big Joe Williams : Piney Woods Blues



LP Delmar Records DL-602, 1958

A1) Baby, Please Don't Go - A2) Drop Down Mama - A3) Mellow Peaches - A4) No More Whiskey - A5) Tailor Made Babe) - A6) Big Joe Talking - B1) Some Day Baby - B2) Good Morning Little Schoolgirl - B3) Peach Orchard Mama - B4) Juanita - B5) Shetland Pony Blues - B6) Omaha Blues

Big Joe Williams (vocals, guitare 9 cordes); J. D. Short (harmonica, guitare). Enregistré à St Louis en janvier et février 1958.

Le premier disque longue durée de Joe Lee Williams, musicien, auteur, personnage truculent et grand bourlingueur du Sud qui trafiquait ses guitares en leur rajoutant des cordes supplémentaires. Son album, il l'a intitulé "Piney Woods Blues" car c'est là que tout a commencé, en 1903, près de Crawford dans le Mississippi, à la lisière d'un bois de pins. Son blues, il le chante (quand il ne le raconte pas comme sur Big Joe Talking) aujourd'hui comme hier, sans maniérisme en s'accompagnant à la guitare acoustique dans un style très personnel qui ne manque jamais d'émotion. Sur quelques plages, il est accompagné à la seconde guitare et à l'harmonica par un autre vétéran, J.D. Short, histoire de varier les ambiances. Et si certains titres paraissent un peu trop connus des amateurs (Baby, Please Don't Go, Good Morning Little Schoolgirl ou Drop Down Mama entre autres), comptez sur Williams pour les tordre à sa façon unique jusqu'à les rendre parfois non reconnaissables.

[ Piney Woods Blues (CD & MP3) ]

Memphis Slim & Willie Dixon : The Blues Every Which Way



LP Verve Records V-3007, 1960

A1) Choo Choo - A2) 4 O'Clock Boogie - A3) Rub My Root - A4) C Rocker - A5) Home To Mamma - B1) Shaky - B2) After Hours - B3) One More Time - B4) John Henry - B5) Now Howdy

Memphis Slim (vocals, piano); Willie Dixon (vocals, Basse). Enregistré à New York en janvier 1960.

Cette rencontre entre deux géants, au propre comme au figuré, est l'une des grandes associations du blues moderne. De la racine "John the Conqueror" qui sert d'amulette (Rub My Root) au bon vieux train qui parcourt les terres du blues (Choo Choo) en passant par l'exaltation de l'infatigable héro folklorique John Henry, les thèmes sont éternels mais l'interprétation qu'en fait le pianiste Memphis Slim et le contrebassiste Willie Dixon est unique. Parce que cet enregistrement a été réalisé sans batterie ni autre accompagnement jazzy, cet album apparaît plus réussi que son prédécesseur (Willie’s Blues, 1959). La musique y est plus authentique et la fusion entre les sonorités des deux instruments quasi parfaite.

[ Big Bill Broonzy Sings Folk Songs (CD & MP3) ]

Big Bill Broonzy Sings Folk Songs



LP Folkways Records FA 2328, 1962

A1) Backwater Blues - A2) This Train - A3) I Don't Want No Woman (To Try To Be My Boss) - A4) Martha - A5) Tell Me Who - B1) Bill Bailey - B2) Alberta - B3) Goin' Down This Road - B4) Tell Me What Kind Of Man Jesus Is - B5) John Henry - B6) Glory Of Love

Big Bill Broonzy (Guitare, Vocals). Enregistré par Moses Asch en 1956.

Le dernier enregistrement réalisé par Big Bill Broonzy pour la marque Folkways résonne comme un adieu. Déjà malade d'un cancer du larynx, Big Bill ne laisse pourtant aucune chance à son public de s'en apercevoir et interprète avec son soul coutumier ce programme intemporel de chansons folk, country-blues et gospel. Son jeu de guitare qui a toujours été très original est comme d'habitude terriblement expressif, épousant et prolongeant l'effet des paroles. Les prises en studio, particulièrement bien enregistrées, sont complétées par quelques autres captées à un concert donné en 1956 en compagnie de Peter Seeger à la Northwestern University. Lee Conley Bradley, dit Big Bill Broonzy, est décédé de sa terrible maladie deux années plus tard, en 1958, à l'âge de 65 ans.

[ The Blues Every Which Way + Willie's Blues (CD & MP3) ]

Big Bill Broonzy : The Blues



LP Scepter SRM 529, 1965

A1) Louise, Louise Blues - A2) Letter To My Baby - A3) Stand Your Test In Judgement - A4) Do Rights Blues - A5) Low Down Blues - A6) The Moppin' Blues - A7) Coal Black Curly Hair - B1) Hey! Bud Blues -B2) Baby Please Don't Go - B3) Down By The Riverside - B4) Kind Hearted Blues - B5) When Did You Leave Heaven - B6) John Henry - B7) Lonesome Road Blues

Big Bill Broonzy (Guitare, Vocals). Enregistré à Paris en 1951 et 1952.

Une autre bonne collection de chansons folk, country-blues et spirituals chantées et accompagnées à la guitare acoustique par Big Bill Broonzy alors qu'il était à Paris au début des années 50 dans le cadre d'une tournée européenne. L'album, sorti en 1965 sur le label Scepter de Florence Greenberg, est agrémenté d'une superbe pochette dessinée par Burt Goldblatt dans le style de celle qu'il réalisa quelques années plus tôt pour la réédition chez Columbia des enregistrements de Robert Johnson (King Of The Delta Blues Singers). On y voit une vue prise du dessus de Broonzy jouant sa guitare, un pied sur une chaise, dans une efflorescence impressionniste de teintes bleutées. Impact visuel garanti!


John Lee Hooker Sings The Blues / That's My Story



LP Riverside 12-321, 1960

A1) I Need Some Money - A2) Come On And See About Me - A3) I'm Wanderin' - A4) Democrat Man - A5) I Want To Talk About You - A6) Gonna Use My Rod - B1) Wednesday Evenin' Blues - B2) No More Doggin' - B3) One Of These Days - B4) I Believe I'll Go Back Home - B5) You're Leavin' Me, Baby - B6) That's My Story

John Lee Hooker (vocals, guitare); Sam Jones (basse : A1, A3, A5 à B5); Louis Hayes (drums: 1, 3, A5 à B5). Enregistré aux Studios Reeves Sound à New York City le 9 février 1960. Produit par Orrin Keepnews.

Alors que John Lee Hooker poussé par les patrons de Vee-Jay Records accentuait son côté électrique, le producteur Orrin Keepnews le ramena à une version plus rurale de lui-même. Difficile toutefois de parler d'un retour à l'authenticité puisque forgé à Détroit, le blues de John Lee est urbain et passe donc par nécessité à travers un amplificateur. Sur la majorité des titres, l'accompagnement est assuré par deux jazzmen compétents, membres à l'époque du quintet de Cannonball Adderley, ce qui apporte de nouvelles couleurs à sa musique (après tout, Riverside était d'abord un label de jazz). On peut certes préférer le Hooker électrique mais on ne saurait nier que cette version acoustique et plus sobre du maître du boogie est tout aussi attachante.

[ That's My Story: John Lee Hooker Sings The Blues / That's My Story (CD & MP3) ]

John Lee Hooker Plays & Sings The Blues



LP Chess LP-1454, 1961

A1) The Journey - A2) I Don't Want Your Money - A3) Hey Baby - A4) Mad Man Blues - A5) Bluebird - A6) Worried Life Blues - B1) Apologize - B2) Lonely Boy Boogie - B3) Please Don't Go - B4) Dreamin' Blues - B5) Hey Boogie - B6) Just Me And My Telephone

John Lee Hooker (Vocals, Guitare). Tous les enregistrements ont été réalisés à Détroit en 1952, sauf Mad Man Blues, Hey Boogie et Dreamin' Blues (Detroit, 1951), et Just Me And My Telephone (Detroit, 1951 ou 1952)

Beaucoup moins lustrés que sur l'album produit par Orrin Keepnews, les enregistrements réalisés à Detroit au début des années 50 et collectés plus tard par Chess Records présentent un John Lee Hooker urbain, jouant avec énergie son boogie rudimentaire et hypnotique qui alterne en permanence paroles et riffs de guitare dans une succession lancinante d'appels et de réponses. C'est le Hooker des débuts, âpre et électrique, celui qui galvanisera des légions de jeunes rockers blancs (des Groundhogs aux Canned Heat), particulièrement en Europe où il remportera bientôt, lors de la première tournée de l'American Folk Blues Festival en automne 1962, un succès considérable.

[ Plays & Sings The Blues (CD & MP3) ]

Bumble Bee Slim : Back In Town



LP Pacific Jazz Records PJ-54, 1962

A1) Direct South - A2) Wake Up In The Mornin' - A3) Driftin' Blues - A4) Puppy Love - A5) New B & O Blues - B1) Midnight Special - B2) In The Evening - B3) Meet Me In The Bottom - B4) Wee Baby Blues - B5) I'm The One

Bumble Bee Slim (vocas, guitare); Leroy Vinnegar (basse); Ron Jefferson (Drums); Joe Pass (guitare); Les McCann (piano); Richard Holmes (orgue); Curtis Amy (sax ténor); Lou Blackburn (trombone). Enregistré en 1962 dans les Studios Pacific Jazz à Hollywood, CA.

Né le 7 mai 1905 à Brunswick (Géorgie), Amos Easton appris le blues à Indianapolis (Indiana) en s'inspirant du duo Leroy Carr et Scrapper Blackwell, empruntant au premier sa manière légère et nonchalante de chanter et au second sa technique de guitare. Il développa ainsi un style chaud, à la fois plaisant et accessible, qui entraînera l'intérêt de multiples labels comme Paramount, Vocalion et Bluebird, et qui le conduira après s'être installé à Chicago à devenir l'un des bluesmen ayant le plus enregistré dans les années 30. Au début des années 40, attiré par l'industrie du film pourvoyeuse d'emplois pour les musiciens, Bumble Bee Slim émigra à Los Angeles sans toutefois y rencontrer le succès espéré. C'est sur la Côte Ouest, que dans un dernier effort pour se renouveler, il enregistra en 1962 à Hollywood ce superbe Back In Town bourré de soul en compagnie de musiciens de jazz renommés comme le pianiste Les McCann, l'organiste Richard Holmes et le guitariste Joe Pass. Malheureusement, le succès n'étant toujours pas au rendez-vous, Slim adoptera par la suite un profil bas en se contentant de jouer dans les clubs californiens jusqu'à sa mort en 1968.

[ Back in Town! (vinyle) ]

Robert Johnson : King Of The Delta Blues Singers



LP Columbia CL 1654, 1961

A1) Crossroads Blues - A2) Terraplane Blues - A3) Come On In My Kitchen - A4) Walking Blues - A5) Last Fair Deal Gone Down - A6) 32-20 Blues - A7) Kindhearted Woman Blues - A8) If I Had Possession Over Judgment Day - B1) Preaching Blues - B2) When You Got A Good Friend - B3) Rambling On My Mind - B4) Stones In My Passway - B5) Traveling Riverside Blues - B6) Milkcow's Calf Blues - B7) Me And The Devil Blues - B8) Hellhound On My Trail

Robert Johnson (vocas, guitare). Enregistré du 23, 26 & 27 novembre 1936 à San Antonio (Texas) et les 19 & 20 juin 1937 à Dallas (Texas) par ARC (American Record Corporation).

Il n'y rien à rajouter à propos de ces enregistrements séminaux de Robert Johnson par rapport à ce qui a déjà été dit ailleurs dans ces pages. Enregistrés au cours des deux sessions légendaires de 1936 et 1937, les 16 titres en mono compilés sur ce disque révélèrent Johnson au monde entier. Jusque là, il restait pour beaucoup une énigme, ce que taduisent des notes de pochettes souvent imprécises. D'ailleurs, aucune photographie de lui n'étant connue à l'époque (on en découvrira deux au cours de la décennie suivante), le label commanda une illustration à Burt Goldblatt qui dessina, selon une perspective plongeante, un homme sans visage habillé comme un paysan et jouant de la guitare assis sur une chaise au milieu de nulle part. L'ombre du personnage, comme s'il était exposé au soleil de midi, et le dépouillement du dessin accentuent l'impression de solitude que l'on ressent en regardant cette image devenue mythique.

[ King Of The Delta Blues Singer (vinyle) ]

Little Brother Montgomery : Chicago The Living Legends



LP Riverside Records RLP 410

A1) Home Again Blues - A2) Up The Country Blues - A3) Saturday Night Function - A4) Michigan Water Blues - A5) Sweet Daddy (Your Mama's Done Gone Mad) - B1) Prescription For The Blues - B2) 44 Vicksburg - B3) Trouble In Mind - B4) Riverside Boogie - B5) Oh, Daddy - B6) Somethin' Keep Worryin' Me Blues

Little Brother Montgomery (Piano, vocals: A2, A4, B1, B3, B6); Mike McKendrick (Banjo: A2 to A5, B5) - Bob Gordon (Clarinette: A2 to A4, B3) Ted Butterman (Cornet: A2 to A4, B3, B5, B6); Rufus Brown (2) (sax ténor: A3); Elaine McFarland (vocals: B5). Enregistré le 6 septembre 1961 au Birdhouse à Chicago.

Musicien doué capable jouer du blues comme du jazz et dont s'inspireront beaucoup de pianistes de blues comme Otis Spann et Sunnyland Slim , Little Brother Montgomery a eu une longue carrière dont une bonne partie s'est déroulée à Chicago. Plusieurs artistes de cette ville ont ainsi eu recours à ses service dans les années 50 et 60 dont Otis Rush et Buddy Guy, ce qui ne l'a pas empêché d'enregistrer quelques superbes albums comme celui-ci capté live au Birdhouse en 1961. Montgomery y chante et joue soit en solo, soit accompagné par un petit combo discret mais efficace. C'est du blues décontracté imprégné de jazz mainstream (il y a même une reprise du Saturday Night Function de Duke Ellington) toujours relaxant même quand il joue du boogie-woogie (Riverside Boogie) ou s'aventure au-delà de la zone confortable des 12 mesures (Sweet Daddy).

[ Chicago The Living Legends (CD & MP3) ]

Silas Hogan : Trouble At Home



LP Blue Horizon 2431 008

1A) Out And Down Blues - 2A) You're Too Late Baby - 3A) I'm Goin' In The Valley - 4A) So Long Blues - 5A) I'm Gonna Quit You Baby - 6A) If I Ever Needed You Baby - 7A) Trouble At Home Blues - 1B) Lonesome La La - 2B) Baby Please Come Back To Me - 3B) Airport Blues - 4B) Just Give Me A Chance - 5B) ark Clouds Rollin' - 6B) Early One Morning - 7B) I'm In Love With You Baby

Silas Hogan (vocals, guitare); Isaiah Chairman, Leslie Johnson, Rufus Thibodeaux (basse); Burnell Hayney (drums); Sylvester Buckley, Whispering Smith (harmonica). Enregistré par Jay Miller à Crowley, Louisiane, entre 1962 et 1966. Produit par Jay Miller.

Trouble At Home est une fantastique compilation, sortie sur le label Excello et sur Blue Horizon, du guitariste et chanteur Silas Hogan (1911 - 1994). Introduit par Slim Harpo auprès du producteur Jay Miller en 1962, Hogan ne commença pratiquement sa carrière discographique qu'à l'âge de 51 ans. Dans un style qui appartient à cette variété de blues local connue sous le nom de "Swamp Blues" qui regroupe des artistes comme comme Lightning Slim, Lazy Lester et Lonesome Sundown, il enregistra son blues moite et traînant pour le label Excello de 1962 à 1965 avant de retourner dans l'anonymat. Ce disque reprend notamment les 45 tours Lonesome La La et Airport Blues, deux de ses compositions qui connurent un relatif succès régional.

[ Trouble At home (vinyle)) ]

Sleepy John Estes : Broke And Hungry



LP 77 Records 77-LA-12-27

A1) Broke And Hungry - A2) Black Mattie - A3) 3:00 Morning Blues - A4) Beale Street Sugar - A5) Olie Blues - B1) So Glad I'm Livin' - B2) Freedom Loan - B3) The Girl I Love - B4) Electric Chair - B5) Sleepy John's Twist

Sleepy John Estes (guitare, vocals); Hammie Nixon (harmonica); Yank Rachell (mandolin, guitar), Mike Bloomfield (guitare: A1, A3, A4, B2). Enregistré le 3 mars 1964 à Chicago.

Edité aux Etats-Unis par Delmark et, en Angleterre, par le label britannique 77 Records fondé par le disquaire londonien Doug Dobell, Broke And Hungry Ragged And Dirty Too (intitulé selon une chanson que Estes enregistra en 1929), raconte les mêmes histoires que jadis: les gens, les évènements, les endroits, l'argile rouge et les changements de la vie agraire autour de Brownsville, dans le Tennessee. A côté des vétérans Hammie Nixon à l'harmonica et Yank Rachell à la mandoline, la présence du jeune guitariste Michael Bloomfield surprend mais ne change rien à l'ambiance paresseuse de la musique de "John l'endormi" qui, à l'époque, faisait ses valises pour partir en Europe.


Sister Rosetta Tharpe : Gospel Train



LP Decca DL 8782 / Brunswick ‎– LAT 8290

A1) Don't Take Everybody To Be Your Friend - A2) Jonah - A3) Jesus Is Here Today - A4) My Journey To The Sky - A5) Down By The River Side - A6) Up Above My Head, I Hear Music In The Air - B1) Strange Things Happening Every Day - B2) How Far From God - B3) This Train - B4) Were You There When They Crucified My Lord? - B5) When I Move To The Sky - B6) Didn't It Rain?

Sister Rosetta Tharpe (vocals, guitare) + Sam Price Trio. Compilation de titres enregistrés de 1944 à 1949.

Rosetta Tharpe (1915-1973) popularisa le gospel dans les années 40 en l'interprétant d'une manière exhubérante jamais entendue auparavant. Cet album qui est une compilation de morceaux enregistrés pour le label Decca dans les années 40 comprend quelques uns de ses meilleurs titres comme Down By The River Side et Didn’t It Rain? Certes, toutes ses chansons sont inspirées par la religion mais son incroyable voix est chargée de soul et elle s'accompagne à la guitare, pas seulement en plaquant des accords, dans un style mêlant jazz, rock et blues à mi-chemin entre Chuck Berry et Charlie Christian. Sacrée Rosetta !

[ The One And Only Queen Of Hot Gospel (CD & MP3) ]

Bukka White : Parchman Farm



LP Columbia C 30036

A1) Pinebluff, Arkansas - A2) Shake 'Em On Down - A3) Black Train Blues - A4) Strange Place Blues - A5) When Can I Change My Clothes? - A6) Sleepy Man Blues - A7) Parchman Farm Blues - B1) Good Gin Blues - B2) High Fever Blues - B3) District Attorney Blues - B4) Fixin' To Die Blues - B5) Aberdeen Mississippi Blues - B6) Bukka's Jitterbug Swing - B7) Special Stream Line.

Bukka White (vocals, guitare slide); Washboard Sam (washboard: A3 à B7). Compilation de titres enregistrés à Chicago en 1937 et 1940.

Cette compilation du label Columbia regroupe 14 blues légendaires enregistrés pour le producteur Lester Melrose à Chicago par Bukka White, seul avec sa guitare Dobro ou parfois accompagné par Robert Brown (Washboard Sam). Après les deux premiers morceaux de février 1937 (Pinebluff, Arkansas et le fameux Shake 'Em On Down), White fut emprisonné au pénitencier de Parchman Farm pour avoir tiré sur un agresseur. De retour à Chicago, il enregistra les 7 et 8 mars 1940 les douze titres suivants qui constitueront l'essentiel de son répertoire : 12 chansons plus expressives les unes que les autres qui expriment sa vie dans le Sud, la solitude, la dépression, la dépendance vis-à-vis de l'alcool et son expérience en prison quand ce n'est pas son amour des trains qui traversent le Mississippi à toute vitesse et qu'il sait imiter mieux que personne sur sa guitare métallique à résonateur. Indispensable!

[ The Complete Bukka White (CD) ]

Koko Taylor : Southside Lady



LP Black And Blue 33542

A1) I'm A Little Mixed Up - A2) Wonder Why - A3) What Kind Of Man Is This? - A4) Black Nights - A5) Love Me To Death – A6) I Got What It Takes - A7) Big Boss Man – A8) I'm Gonna Get Lucky – A9) Twenty-Nine Ways.

Koko Taylor (Vocals); Jimmy Rogers, Louis Myers (Guitares); Willie Mabon (Piano); Dave Myers (Basse); Fred Below (Drums). Enregistré le 13 décembre 1973 au Studio Condorcet à Toulouse (France).

Si en matière de blues, les années 20 ont incontestablement été dominées par les femmes (Bessie Smith, Ida Cox, Ma Rainey, Clara Smith, Martha Copeland, Victoria Regina Spivey…), les décennies suivantes n'ont connu que quelques rares représentantes féminines dont Alberta Hunter dans les 30's, Memphis Minnie, Rosetta Tharpe et Billie Holiday dans les 40's, Ruth Brown dans les 50's, Etta James et Koko Taylor dans les 60's. Digne représentante du blues de Chicago où elle s'installa en 1952, Koko décrocha la timbale en 1965 avec son simple Wang Dang Doodle enregistré avec l'harmoniciste Little Walter pour Chess Records. A partir de là, le succès lui sourit et elle effectua un premier voyage en Europe en 1968 avec l'American Folk Blues Festival. Fin 1973, alors qu'elle se produit en France dans le cadre du Chicago Blues Festival, elle est conduite au studio Condorcet à Toulouse pour y enregistrer cet album. Une aubaine pour la "Reine du Blues" qui se trouvait à l'époque sans label après sa période Chess et avant son nouveau contrat avec Alligator. Accompagnée avec efficacité par quelques-unes des vedettes du Festival (le guitariste Jimmy Rogers, le pianiste Willie Mabon et les fantastiques Aces comprenant les frères Myers et Fred Below), Koko délivre quasiment en live dans le studio deux compositions personnelles ainsi que quelques reprises notamment de Willie Dixon et de Lowell Fulson en plus du fameux Big Boss Man de Luther Dixon. Bien sûr, Koko Taylor a enregistré d'autres albums plus percutants que celui-ci mais, en plus d'avoir un son clair fort agréable qui tranche sur celui plus épais de ses futures productions, cette session a un côté à la fois vivant, dynamique et authentique qui la rend particulièrement attachante.

[ South Side Lady (CD & MP3) ]

Muddy Waters : More Real Folk Blues



LP Chess 1511

A1) Sad Letter - A2) Gonna Need My Help - A3) Whiskey Blues - A4) Down South Blues - A5) Train Fare Blues - A6) Kind Hearted Woman - B1) Hello Little Girl - B2) Early Morning Blues - B3) Too Young To Know - B4) She's All Right - B5) My Life Is Ruined - B6) Honey Bee.

Muddy Waters (Vocals, Guitare); Little Walter (Harmonica: A1, A2, B3 à B5); Ernest Big Crawford (Basse: A1 à B3, B6); Elgin Evans (Drums: B4 & B5); Jimmy Rogers (Guitare: B4 & B5). Enregistré en novembre 1948 (A3 à A6), en juin 1950 (A1, A2, B1, B2), en janvier 1951 (B3 & B6), et en janvier 1953 (B4 & B5)

Sortie en 1967 par le label Chess, cette compilation regroupe des titres enregistrés par Muddy Waters à Chicago de 1948 à 1953. Le répertoire comprend, à côté de morceaux plus anciens, quelques-uns de ses premiers enregistrements électriques, si bien que l'intitulé "Folk-Blues" n'est là que pour attirer un public friand de ce genre de musique alors en vogue depuis les "American Folk-Blues Festivals" et le blues boom britannique. Mais les chansons sont superbes et Muddy est bien secondé par le bassiste Ernest Big Crawford sur la plupart des titres, par le batteur Elgin Evans qui dynamite She's Alright avec sa fougue habituelle, et par Little Walter et son harmonica qui enluminent You're Gonna Need My Help et My Life Is Ruined. Quant au leader, son chant et sa guitare slide sont déjà autoritaires et influenceront toute une génération de bluesmen futurs tandis que sa reprise du Kindhearted Woman de Robert de Johnson rappelle, à ceux qui l'auraient oublié, que les racines de son art sont dans le Delta.

[ More Real Folk Blues (LP) ] [ The Real Folk Blues / More Real Folk Blues (CD) ]

Furry Lewis : Fourth And Beale



LP Blue Star / House Of The Blues Vol. 2 - BRCBS 80 602

A1) Going To Brownsville - A2) John Henry - A3) Casey Jones - A4) St Louis Blues - B1) Judge Boushe Blues - B2) Just A Little Fun - B3) Going Back To Gary - B4) When The Saints Go Marchin' Home - B5) A Dog Named Blue.

Furry Lewis (Vocals, Guitare). Enregistré le 5 march 1969 dans l'appartement de Furry Lewis, entre Fourth et Beale Streets, Memphis.

Actif dans les années 20 et 30, ce chanteur guitariste né à Greenwood mais basé à Memphis connut une deuxième carrière dans les années 60 et 70 au cours desquelles il enregistra quelques albums qui remportèrent un réel succès chez les amateurs de folk-blues. Celui-ci fut cependant enregistré dans des conditions spéciales puisque la session fut organisée dans l'appartement même de Furry Lewis au coin de Fourth et Beale Streets à Memphis par le célèbre producteur Terry Manning. Furry est sur son lit, seul avec sa guitare, et il chante ses petites histoires, soit six de ses chansons plus trois traditionnels, dans un style forcément plus calme que d'habitude mais aussi plus envoûtant. Dans cette ambiance intimiste, le blues de Lewis sonne authentique, coule de façon naturelle et dégage une intense émotion différente de celles des autres albums réalisés au cours de cette période. Fort bien enregistrées par deux microphones reliés à un Crown CX-800, les bandes de cette session ont servi plusieurs fois notamment en Europe pour une édition chez Barclay en 1971 et plus tard, en 1974, par Blue Star / House Of The Blues avec une nouvelle et superbe pochette réalisée par le dessinateur français de bandes dessinées Jean Vern.

[ Fourth And Beale (CD & MP3) ]


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