Quelques vinyles mythiques du Blues et leurs superbes pochettes


(Volume 2)


Robert Pete Williams : Free Again



LP Bluesville BV-1026

A1) Free Again (5:01) - A2) Almost Dead Blues (4:03) - A3) Rolling Stone (4:48) - A4) Two Wings (4:51) - A5) A Thousand Miles From Nowhere (5:17) - B1) Thumbing A Ride (4:37) - B2) I've Grown So Ugly (2:49) - B3) Death Blues (4:11) - B4) Hobo Worried Blues (4:11) - B5) Hay Cutting Song (4:16)

Robert Pete Williams (vocals, guitare). Enregistré le 14 novembre 1960 à la Nouvelle Orléans par Harry Oster.

Condamné à perpétuité pour homicide (un cas de légitime défense selon ses déclarations) et enfermé en 1956 au pénitencier d'Angola en Louisiane, Robert Pete Williams y a été redécouvert par les musicologues Harry Oster et Richard Allen. Après l'avoir entendu chanter et jouer, les deux chercheurs n'ont pas ménagé leurs efforts pour obtenir sa libération conditionnelle en 1959. Mais suite au contrôle strict qui lui était imposé en plus d'un travail de 90 heures par semaine à la ferme et de l'interdiction de voyager, sa vie quotidienne ne fut pas pour autant agréable et des idées morbides lui tournaient dans la tête - You may not want to hear it. Sometime I be walkin' along, feel like to me I'm gonna fall dead - C'est dans cette période difficile qu'il a enregistré en novembre 1960, à la Nouvelle Orléans, ce disque pour Bluesville et les titres des chansons parlent d'eux-mêmes : Free Again, Almost Dead Blues, Death Blues, A Thousand Miles From Nowhere... Seul avec sa guitare, il chante comme il parle, racontant ses turpitudes sur des accords lancinants. Et parfois, comme sur Rolling Stone, il utilise la lame d'un couteau qu'il fait glisser sur les cordes pour un jeu en bottleneck des plus expressifs. C'est le blues qu'on entend ici, le vrai, avec sa part de tristesse, de solitude, et de malheur.

[ Free Again (CD & MP3) ]

Lightnin' Hopkins : Walkin' This Road By Myself



LP Bluesville BV-1057

A1) Walkin' This Road By Myself - A2) Black Gal - A3) How Many More Years I Got To Let You Dog Me Around (2:59) - A4. Baby Don't You Tear My Clothes (2:53) - A5 Worried Life Blues (3:46) - B1. Happy Blues For John Glenn (5:21) - B2. Good Morning Little School Girl (3:06) - B3. The Devil Jumped The Black Man (4:11) - B4. Coffee Blues (3:39) - B5. Black Cadillac (3:38)

Lightnin' Hopkins (vocals, guitare); Buster Pickens (piano ); Spider Kilpatrick (drums); Billy Bizor (harmonica ). Enregistré le 20 février 1962 à Houston (Texas). LP sorti aux USA en 1962.

Redécouvert en 1959 par le musicologue Mack McCormick, le prolifique Ligntnin' Hopkins est en passe de devenir une vraie vedette au début des années 60. Le 20 février 1962, il entre dans les studios ACA de Houston (Texas) en compagnie d'un petit groupe d'accompagnateurs pour y enregistrer un nouvel album pour Bluesville. C'est là que sur le pouce, il écrit son fameux hommage à l'astronaute John Glenn dont il vient juste de voir, comme tous les Américains, l'odyssée à la télévision. Cette chanson en prise avec l'actualité fit à elle seule le succès du disque. Le reste est plus conforme au répertoire traditionnel de Lightnin' avec sa part d'improvisation et de reprises dont le fameux Good Morning Little School Girl de Sonny Boy Williamson interprété en up-tempo. Bien que le groupe invité ce jour-là avait l'habitude d'accompagner Hopkins sur scène à Houston, il eut quand même quelques difficultés à suivre un leader des plus fantasques dont les changements d'accords sont comme toujours totalement imprévisibles. Sur la pochette devenue culte, à l'aise dans ses pompes Stacy Adams, Hopkins déambule avec sa guitare sous le bras sur le trottoir d'une rue peuplée d'enfants, personnifiant à sa manière le style folk faussement débonnaire du bluesman vu comme un éternel baladeur.

[ Walkin' This Road By Myself (LP, CD & MP3) ]

California Blues (Anthology)



LP Kent KST 9003 / LP Musidisc 30 AB 5603

A1. Johnny Guitar Watson : Three Hours Past Midnight (3:13) - A2. George Smith : I Found My Baby (2:20) - A3. George Smith : Hey Mr. Porter (2:30) - A4. James Reed : The End (2:43) - A5. James Reed : My Mama Told Me (2:46) - A6. Walter Robertson : I've Done Everything I Can (2:52) - B1. Johnny Fuller : Prowling Blues (2:53) - B2. Johnny Fuller : Hard Times (3:07) - B3. Johnny Fuller : It's Your Life (3:02) - B4. Johnny Fuller : Buddy (3:21) - B5. Johnny Fuller : Back Home (2:25) - B6. Johnny Fuller : Johnny's Low Down Blues (3:27)

Titres enregistrés au milieu des années 50 et initialement édités par Modern Music. Johnny Guitar Watson : 1956; George Smith : Kansas City, 1955; James Reed : Oakland, mars 1954 (Bob Geddins); Walter Robertson : Oakland, 1954 (Bob Geddins); Johnny Fuller: Oakland, 1954 (Bob Geddins). LP Kent sorti aux USA en 1970. Edition française par Musidisc

Ce bel album présenté sous une double pochette est l'une des rares compilations à être consacrée au blues californien. Il fait partie d'une anthologie plus large qui rééditait des titres sortis dans les années 1950 sur les labels des frères Bihari. N'ayant pas eu une grande communauté noire avant les années 40, la Californie a toutefois attiré une importante main d'œuvre essentiellement texane pour développer les chantiers navals et d'armement nécessaires à la guerre du Pacifique. Rassemblés à Oakland et dans le ghetto de Watts au sud de Los Angeles., les Noirs y ont donné naissance à de nouveaux styles de blues moins rudes et moins tragiques qu'au Texas et dans le Delta. Plus urbain, sophistiqué et imprégné d'un jazz léger, le blues californien affichait un côté insouciant qui reflétait sans doute la douceur de vivre locale. A côté du célèbre Johnny "Guitar" Watson (dont le Three Hours Past Midnight repris ici incita Frank Zappa à devenir guitariste), figurent en face A de ce vinyle trois noms beaucoup moins connus : le chanteur et harmoniciste George Smith qu'on peut entendre yodler sur Hey Mr. Porter; le guitariste et chanteur James Reed dont on sait peu de choses sinon qu'il a émigré du Texas en Californie pour y enregistrer en 1954 sous les auspices du fameux producteur d'Oakland, Bob Geddins; et l'encore moins connu harmoniciste et chanteur Walter Robertson qui n'a apparemment enregistré que deux titres (dont I've Done Everything) intercalés entre deux sessions de Johnny Fuller qui joue aussi sur ce morceau. La face B est intégralement consacrée au versatile Johnny Fuller, chanteur à la voix distincte qui affiche aussi sa maîtrise de la six-cordes sur ces six plages datant de 1954. Ce programme fort bien enregistré et produit rend pleinement justice à la richesse du blues californien beaucoup moins célébré que les autres variétés de blues américain.

[ California Blues (Vinyle LP) ] [ California Blues (MP3 & CD) ]

Frenchin' the Boogie
Clifton Chenier : Frenchin' the Boogie



LP Blue Star XBLY 80 608

A1. Caldonia (2:46) - A2. Laissez Les Bons Temps Rouler (3:52) - A3. Tu Peux Cogner Mais Tu Peux Pas Rentrer (2:34) - A4. Le Blues De La Vache A Lait (3:29) - A5. Moi J'ai Une P'tit' femme (2:20) - A6. Tous Les Jours Mon Coeur Est Blue (4:04) - B1. J'veux Faire L'amour A Toi (2:57) - B2. Choo Choo Ch'Boogie (2:47) - B3. La Valse De Paris (2:59) - B4. Shake Rattle And Roll (2:09) - B5. Going Down Slow (In Paris) (3:42) - B6. Aye, Aye Mama (2:13) - B7. Don't You Lie To Me (3:07)

Clifton Chenier (accordéon, vocals); Stanley Joseph Dural, Jr. / Buckwheat Zydeco (piano, orgue); Paul Senegal (guitare); Joe Morris Brouchet (basse); Robert Peter St.Julian (drums); Cleveland Chenier (washboard). Enregistré en février 1976 au studio In The Country, Bogalusa (Louisiane). LP sorti en France en 1976.

Un des grands disques du roi du zydeco, l'accordéoniste et chanteur louisianais Clifton Chenier. D'expression francophone, il chante ici la plupart des titres dans un français créole truculent, y compris quelques standards traduits pour l'occasion comme Milkcow Blues (Le Blues de la Vache A Lait), Every Day I Have The Blues (Tous Les Jours Mon Coeur Est Blue), I Just Wanna Make Love To You (J'veux Faire L'amour A Toi) et I Got A Woman (Moi J'ai Une P'tit' Femme). En plus, il est accompagné par un groupe de premier ordre incluant son frère aîné Cleveland Chenier au frottoir ainsi qu'un autre musicien louisianais célèbre, Stanley Joseph Dural, Jr., futur Buckwheat Zydeco, au piano et à l'orgue. Des morceaux rock et R&B sont intercalés entre les blues pour un programme haut en couleur des plus réjouissants. Et à l'instar des autres disques de la collection House Of The Blues, la pochette de celui-ci, réalisée par le dessinateur français Jean Vern, est encore magnifique.

[ Frenchin' the Boogie (CD & MP3) ]

Cherry Red
Eddie "Cleanhead" Vinson : Cherry Red



LP Bluesway BLS-6007

A1. Cherry Red (3.09) - A2. Cadillac Blues (2.59) - A3. Juice Head Baby (3.08) - A4. Alimony Blues (3.27) - A5. Somebody's Got To Go (3.03) - B1. Flat Broke Blues (2.26) - B2. Old Maid Got Married (2.43) - B3. Workin' Blues (2.50) - B4. Wee Baby Blues (3.00) - B5. Goodnight Baby Blues (5.02)

Eddie "Cleanhead" Vinson (vocals, sax); Mike Bloomfield (guitare); Buddy Lucas (sax, harmonica); Patti Brown (piano, orgue); + bassiste et batteur non précisés. Enregistré à New-York, 1967. LP sorti en 1967.

Né à Houston au Texas, Eddie "Cleanhead" Vinson a toujours eu un pied dans le jazz et l'autre dans le blues (ou le R&B). Côté jazz, on se souviendra de sa participation au Cootie Williams Orchestra dans les 40's, de son groupe du début des années 50 qui comprenait un jeune saxophoniste ténor nommé John Coltrane, de ses enregistrements avec Cannonball Adderley et de ses deux compositions, Tune Up et Four, qui furent attribuées à tort à Miles davis. L'essentiel de sa production est toutefois axée sur le blues où il excelle grâce à une voix puissante et distincte dans le style des "blues shouters" couplé à un jeu raffiné au sax alto. Sur ce magnifique album, il modernise son style, y compris quelques-unes de ses chansons fétiches comme Cherry Red et Juice Head Baby, en faisant appel à l'un des plus grands guitaristes de blues blanc de l'époque : Mike Bloomfield dont le jeu électrique illumine les dix titres du répertoire. Supervisé à la perfection par Bob Thiele, producteur des meilleurs enregistrements du label impulse!, et même s'il n'est pas le plus connu (une nouvelle réédition en CD serait bienvenue), Cherry Red est en ce qui me concerne l'un des grands disques de blues des années 60.

[ Cherry Red (CD) ]

Roosevelt Sykes - Portraits In Blues Vol. 11
Roosevelt Sykes - Portraits In Blues Vol. 11



LP Storyville 671 189 (Portraits In Blues – Vol. 11)

A1. Big Ben (2:56) - A2. Boot That Thing (3:18); - A3. Springfield Blues (2:55) - A4. Henry Ford Blues (2:57) - A5. I'm A Dangerous Man (2:05) - A6. True Thing (3:48) - B1. You Understand (2:23) - B2. Whole Lot Of Children (3:25) - B3. The Last Laugh - B4. Gold Mine (2:22) - B5. 44 Blues (3:00) - B6. Sugar Cup (2:22)

Roosevelt Sykes : chant et piano. Enregistré à Copenhague, Danemark, le 23 octobre 1966. Notes de pochette par Paul Oliver. LP Sorti en 1967.

Né à Helena (Arkansas) en 1906, Roosevelt Sykes a émigré à trois ans à St. Louis, ville réputée pour sa longue tradition de piano blues. C'est là qu'il a développé son style de basses roulantes pour devenir l'un des pianistes les plus célébrés non seulement à St-Louis (dont il est considéré comme le musicien typique) mais aussi à Chicago et à La Nouvelle Orleans où il finira par se reloger à la fin des 60's. Avec son cigare et sa face hilare qui ne sont pas sans évoquer Fats Waller, Sykes mettait de la bonne humeur partout où il se produisait, s'attirant les faveurs du public et des femmes en particulier qui lui vaudront son surnom de Honeydripper. Ici enregistré au Danemark en 1967, il distille son blues et son boogie comme il l'a toujours fait, en reprenant avec entrain quelques-unes de ses compositions fétiches comme 44 Four Blues (sa première chanson qu'il enregistra à la fin des années 20), Henry Ford Blues et le fantastique Boot That Thing qui était sa réponse au fameux Boogie Woogie de Pinetop Smith. Doté d'une belle pochette colorée, la valeur de l'album est encore rehaussée par des notes écrites par Paul Oliver (toujours très idactique mais, dans ce cas, un peu bavard quand même et sans vraiment donner de renseignement sur la session elle-même).

[ Portraits In Blues Vol. 11 (Vinyle LP) ]

Mc Houston Baker : Mississippi Delta Dues
Mc Houston Baker : Mississippi Delta Dues



LP Blue Star 80 605 (House Of The Blues – Vol. 5), 1973

A1. Good Advice (3:03) - A2. High Sheriff Blues (3:39) - A3. Blues Before Sunrise (3:41) - A4. Terraplane Blues (2:48) - A5. Animal Farm (3:30) - A6. Alabama March (3:26) - B1. Sun Is Going Down (3:41). B2. Sweet Home Chicago (3:23) - B3) My Black Woman (2:44) - B4. Can't Find My Woman (3:23) - B5. Trouble Is A Woman (3:57) - B6. Lazy Daisy (2:52)

Mickey "Mc Houston" Baker (vocal, guitare acoustique, guitare National); Stefan Grossman (guitares acoustiques 6 et 12 cords); Ray Cooper (percussions); The London Strings Orchestra. Enregistré au studio Olympic Sounds, Londres, en avril 1973.

Né en 1925 à Louisville (Kentucky), Mickey "Mc Houston" Baker joua longtemps de la guitare à New York en tant que musicien de session pour des artistes comme The Drifters, Ray Charles, Ruth Brown, Big Joe Turner, Louis Jordan, ou Big Maybelle avant d'enregistrer en 1957, en duo avec Sylvia Robinson, Love Is Strange qui décrochera la première place des charts de R'N'B. C'est aussi lui qui tient le rôle masculin (et non Ike Turner comme on le pense généralement) sur le premier hit de Ike et Tina Turner, It's Gonna Work Out Fine. En 1962, il émigra en France qui deviendra sa nouvelle patrie d'adoption et où il reprendra son rôle d'accompagnateur, notamment pour le rocker Ronnie Bird mais aussi pour des musiciens américains de passage comme Coleman Hawkins, Champion Jack Dupree et Memphis Slim. Après l'énorme succès remporté par le folk-blues en Europe, Baker s'est reconverti à la guitare acoustique en interprétant des classiques du blues comme sur cet album où on peut l'entendre jouer et chanter, en compagnie de Stefan Grossman à la seconde guitare, des reprises de Charley Patton (High Sheriff Blues), Leroy Carr (Blues Before Sunrise et Can't Find My Woman), Robert Johnson (Terraplane Blues et Sweet Home Chicago), Son House (My Black Woman), J.B. Lenoir (Good Advice et Alabama March) plus trois de ses compositions. Toutefois, il eut aussi l'idée un peu bizarre d'ajouter des arrangements de cordes à ces vénérables chansons. Le résultat n'est pas si mal mais les puristes à l'époque n'ont pas vraiment apprécié si bien que le disque n'a pas remporté le succès qu'il aurait pu avoir. Dommage car le travail sur les guitares et la collaboration entre Baker et Grossman, grand spécialiste du finger-picking et du bottleneck, sont du miel pour les oreilles.

[ Mississippi Delta Dues (CD) ]

John Lee Hooker : It Serves You Right To Suffer
John Lee Hooker : It Serve(s) You Right To Suffer



LP Impulse! A-9103, 1966

A1. Shake It Baby (4:23) - A2. Country Boy (5:42) - A3. Bottle Up & Go (2:27) - A4. You're Wrong (4:22) - B1. Sugar Mama (3:15) - B2. Decoration Day (5:11) - B3. Money (2:26) - B4. It Serves You Right To Suffer (5:15)

John Lee Hooker (vocals, guitare); Barry Galbraith (guitare); Milt Hinton (bass); Panama Francis (drums); William Wells (trombone sur B3). Enregistré à New York le 23 novembre 1965. Produit par Bob Thiele.

Oui, John Lee Hooker a aussi réalisé un album pour le célèbre label Impulse! (John Coltrane) avant que Bob Thiele ne crée Bluesway qui sera dédié exclusivement aux productions de bluesmen. Agissant comme pour ses productions jazz, Thiele a suivi et dirigé la session en imprimant sa touche personnelle digne du grand producteur qu'il est. La voix profonde et envoûtante de Hooker est ainsi mise en relief par un accompagnement efficace et discret de jazzmen incluant le bassiste Milt Hinton, le batteur Panama Francis et, à la seconde guitare en complément de celle de Hooker, Barry Galbraith, plus le tromboniste William Wells sur le standard de Berry Gordy, Money (That's What I Want). Le résultat est tout simplement l'un des plus grands disques jamais enregistrés par le bluesman de Detroit.

[ It Serves You Right To Suffer (CD & MP3) ]

Texas Blues
Anthology Of The Blues : Texas Blues



LP Kent KST 9005 & Musidisc ‎30 AB 5605 (Archive Series – Vol. 5), 1969 (FR. 1976)

A1. Lil' Son Jackson : Milford Blues (2:27) - A2. Smokey Hogg : Unemployment Blues (2:35) - A3. Smokey Hogg : Bad Life Blues (2:40) - A4. Jesse Thomas : Meet Me Tonight (2:47) - A5. Whistlin' Alex Moore : Neglected Woman (2:39) - A6. Lowell Fulsom : Prison Bound (2:54) - B1. Whistlin' Alex Moore : Lillie Mae Boogie (2:32) - B2. Lil' Son Jackson : Cairo Blues (2:26) - B3. Jesse Thomas : Texas Blues (2:50) - B4. Jesse Thomas Tomorrow I May Be Gone (2:34) - B5. Charles Bradix : Boogie Like You Wanna (2:40) - B6. Charles Bradix : Dollar Diggin' Woman

Encore une de ces compilations de titres issus des labels des frères Bihari qui combine des artistes relativement connus (Lil' Son Jackson, Smokey Hogg et Lowell Fulsom) avec d'autres beaucoup plus rares. Le son de cet album est celui du blues texan tel qu'il existait à la fin des année 40 et il n'a pas grand-chose à voir avec celui d'Albert Collins ou de Freddie King qui définit aujourd'hui le blues de cette région d'Amérique du Nord. Le style global de ce disque est en effet plus enraciné dans le country blues de Blind Lemon Jefferson et de Lightnin' Hopkins. La guitare y est bien sûr à l'honneur mais aussi le piano représenté par Alexander Moore. Les bluesmen Texans qui figurent dans cette anthologie ont été enregistrés soit au Texas soit sur la Côte Ouest après qu'ils aient émigré à Los Angeles. Ainsi les titres de Little Son Jackson proviennent de sessions organisées en 1949 à Houston pour le label Gold Star de Bill Quinn ou pour Modern Records tandis que ceux d'Alexander Moore ont été réalisés à Dallas en 1951 pour RPM. Par contre, les titres de Jesse Thomas ont été enregistrés à Los Angeles en 1949 pour Modern et celui de Lowell Fulsom à Oakland en 1948 pour Colonial. La vraie rareté ici consiste en deux morceaux du chanteur et guitariste Big Charley Bradix qui n'a sorti que deux 78 tours, dont Dollar Diggin' Woman couplé en face B avec Boogie Like You Wanna qui furent captés à Dallas en 1948 et édités sur Colonial Records en 1948. Si vous croisez un jour sa route, n'hésitez-pas une seconde à acquérir excellent album fort bien emballé par Kent Records sous une superbe double pochette et doté de notes de pochettes éclairées écrites par le producteur de blues et fondateur du label HighTone, Bruce Bromberg.

[ Anthology Of The Blues : Texas Blues ]

Sonny Boy Williamson : More Real Folk blues
Sonny Boy Williamson : More Real Folk blues



LP Chess LP-1509 (Mono) ou LPS-1509 (Stereo), 1966

A1. Help Me (3:07) - A2. Bye Bye Bird (2:31) - A3. Nine Below Zero (3:25) - A4. The Hunt (2:44) - A5. Stop Right Now (2:58)- A6. She's My Baby (2:58) - B1. The Goat (2:43) - B2. Decoration Day (3:25) - B3. Trying To Get Back On My Feet (2:07) - B4. My Younger Days (3:18) - B5. Close To Me (2:58) - B6. Somebody Help Me (2:55)

Sonny Boy Williamson (vocal, Harmonica); Jack Myers (basse : B2 to B5); Milton Rector (basse : A1, A2); Willie Dixon (basse : A3 to A5, B1); Al Duncan (drums : A1, A2); Clifton James (drums : B2 to B5); Fred Below (drums : A3, B1); Odie Payne (drums : A4, A5); Buddy Guy (guitare : B2 to B5); Luther Tucker (guitare : A4, A5, B1); Matt Murphy (guitare : A1, A2); Robert Lockwood Jr. (guitare : A3 to A5, B1); Lafayette Leake (orgue : A1, A2; piano : B2 to B5); Otis Spann (piano : A4, A5, B1); Don Hankins (sax : B2 to B4); Jarrett Gibson (sax : B2 to B4).

Les grands bluesmen du label Chess ont tous eu droit à une compilation intitulée The Real Folk-Blues qui, le succès aidant, fut suivie d'un deuxième volume logiquement dénommé More Real Folk-Blues. Ce disque collecte des chansons de Sonny Boy Williamson puisées dans ses dix années de collaboration avec Leonard Chess. Sur les 12 titres, 9 sont de la plume de l'harmoniciste, une est de Willie Dixon (Close To Me) et deux ont été écrites en duo par Dixon et Williamson (The Hunt et Bye Bye Bird). Tous sont essentiels mais Help Me, Nine Below Zero et Bye Bye Bird, qui ont été rejoués par des milliers de groupes à travers le monde, comptent parmi les chefs d'œuvre absolus du blues de Chicago.

[ The Real Folk Blues / More Real Folk Blues (CD & MP3) ]

Little Walter : Boss Blues Harmonica
Little Walter : Boss Blues Harmonica



LP Chess ‎2CH 60014, 1972

A1. My Babe (2:52) - A2. Sad Hours (2:37) - A3. You're So Fine (2:49) - A4. Last Night (3:23) - A5. Blues With A Feeling (3:08) - A6. Can't Hold Out Much Longer (2:59) - B1. Juke (2:47) - B2. Mean Old World (2:57) - B3. Off The Wall (3:01) - B4. You Better Watch Yourself (3:23) - B5. Blue Lights (3:08) - B6. Tell Me, Mama (2:40) - C1. Back Track (2:35) - C2. It's Too Late, Brother (2:43) - C3. Just A Feeling (2:52) - C4. Teenage Beat (3:00) - C5. Just Your Fool (2:20) - C6. Flying Saucer (3:02) - D1. I Got To Go (2:48) - D2. Shake Dancer (2:45) - D3. Too Late (2:34) - D4. Thunderbird (2:45) - D5. Ah'w Baby (2:46) - D6. Boom Boom, Out Go The Lights (2:43)

Willie Dixon (basse : A1, B5, C1 to C4, D1, D4); Elgin Evans (drums : A6, B1, B2); Fred Below (drums : A1, A3, A5, B3 to B6, C2 to C4, C6, D1, D3 to D6); George Hunter (drums : C1); Little Walter (Harmonica, Vocals); David Myers (Guitare : A1, A3, A5, B3 to B6, C2 to C4, D3, D6); Freddie Robinson (Guitare : C1); Jimmy Rogers (Guitare : A6, B1, B2); Leonard Caston (Guitare : D4); Louis Myers (Guitare : A3, A5, B3, B4, B6, D3); Luther Tucker (Guitare : D1, C1, C6, D5); Muddy Waters (Guitare : A6, B1, B2, D6); Robert Lockwood, Jr. (Guitare : A1, B5, C2 to C4, C6, D1, D4 to D6). Produit par Leonard et Phil Chess.

Quand cet album est arrivé dans les bacs européens en 1972, il a rappelé combien Little Walter, décédé quatre années auparavant, avait été le plus important et le plus influent des harmonicistes de blues. Véritable virtuose de l'harmonica chromatique, il en amplifiait les notes et les effets via un microphone utilisé comme une caisse de résonnance. Tous ses grands titres sortis en simple de 1952 à 1964 sont collectés ici, depuis Juke (Checker, 1952), qui fut le premier et le seul instrumental joué sur un harmonica à grimper au sommet des charts de R'N'B, jusqu'à Shake Dancer (Checker, 1964) en passant par Sad Hours (Checker, 1952, N°2 dans les charts), You're So Fine (Checker, 1954, N°2) et My Babe (Checker, 1955, N° 1). Réédité à plusieurs reprises avec des pochettes parfois bizarres et sans rapport avec le contenu, ce double LP qui permet en plus d'écouter quelques pointures du Chicago Blues comme Muddy Waters, Jimmy Rogers ou Willie Dixon, constitue la crème de la crème du blues urbain des années 50 et 60.

[ Boss Blues Harmonica (2 LP & MP3) ]

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