Petite Histoire de la Pochette de Jazz : Partie II


Reid Miles / Miles DavisReid Miles / Donald ByrdReid Miles / Horace ParlanReid Miles / Lee Morgan

Reid Miles / Sonny ClarkReid Miles / Stanley TurrentineReid Miles / Joe HendersonReid Miles / Andy Warhol / Kenny Burrell
Reid Miles & Blue Note

Miles Davis, Volume 2 (1953)
Donald Byrd : Blackjack, 1967
Horace Parlan : Movin' and Groovin', 1960
Lee Morgan : Lee-Way, 1960

Sonny Clark : Cool Struttin'
Stanley Turrentine : Hustlin', 1964
Joe Henderson : In 'n Out, 1964
Kenny Burrell : Blue Lights, Vols. 1-2, 1958


En 1956, quand Blue Note commença à produire des LP 12" et qu’il fallut concevoir des pochettes adaptées à ce nouveau format, Reid Miles fut recruté comme designer. Comme Steinweiss, Miles n’aimait que la musique classique et était réputé pour revendre les disques de jazz qu’on lui donnait mais il était un designer génial. Ses idées allaient contribuer à donner aux productions du label un look moderne et original qui deviendrait l’emblème du disque de jazz dans le monde et serait copié un peu partout. Utilisant de façon non conventionnelle les photographies pleines de vie de Francis Wolff, qui flashait systématiquement les artistes au cours de toutes les sessions Blue Note, Reid conçut des pochettes comme personne n’en avait jamais vues auparavant. Les photos retenues étaient souvent non conventionnelles, l’instrument occupant plus d’espace que la tête du musicien (Hustlin’ de Stanley Turrentine) qui pouvait aussi bien être remplacée par des jambes de femme déambulant dans la rue (Cool Struttin’ de Sonny Clark). Ou alors elles étaient imprimées en format réduit et dans des angles bizarres sur une page blanche ou colorée d’une teinte uniforme (Miles Davis Volume 2 ; Lee-Way de Lee Morgan ; Blackjack de Donald Byrd ; Movin’ & Groovin’ de Horace Parlan). Parfois, la pochette n’était constituée que de caractères géants ondulant au rythme du jazz, Reid s’amusant comme un fou avec les possibilités offertes en matière de typographie (In n' Out de Joe Henderson). Il arrivait aussi que Reid Miles fasse appel à d’autres artistes comme le peintre Andy Warhol qui conçut des dessins pour Kenny Burrell (Volume 2, 1956 et Blue Lights, 1958) et Johnny Griffin (The Congregation, 1957). Bien que décédé en 1993, Reid Miles à produit l’essentiel de son oeuvre pour Blue Note, soit pendant une période de 11 années. Aujourd’hui, ses conceptions originales sont encensées par tous et sont même à nouveau copiées par les artistes contemporains de Hip Hop ou d’Acid Jazz. Le catalogue Blue Note repris en 1985 by Capitol Records a été réédité en conservant les pochettes originales, ce qui permet aux amateurs de continuer à admirer les montages conçus par celui qui reste le plus talentueux et le plus novateur des designers de la musique populaire. Quant à Andy Warhol, il concevra encore quelques pochettes célèbres mais cette fois dans le domaine du rock notamment pour Nico et le Velvet Underground (la célèbre banane), les Rolling Stones (Sticky Fingers, 1971 et Love You Live, 1977), Diana Ross (Silk Electric, 1982) et Aretha Franklin (Aretha, 1986).

John Coltrane : Kulu Se MamaColtrane / Shepp : New Thing At Newport

The John Coltrane Quartet PlaysPharoah Sanders : Tauhid


Le style IMPULSE!





John Colrane : Kulu Se Mama (1965)

John Coltrane With Archie Shepp : New Thing at Newport (1965)

John Coltrane Quartet Plays (1965)

Pharoah Sanders : Tauhid (1966)
En 1960, Creed Taylor, alors producteur chez ABC-Paramount Records, persuada sa compagnie de créer un nouveau label entièrement dévolu au jazz : Impulse! Après avoir signé John Coltrane en 1961 et recruté le producteur visionnaire Bob Thiele la même année, Impulse! ne tarda pas à s’imposer comme le label incontournable du nouveau jazz. Avec ses bandes rouges et noires placées sur la tranche des albums qui permettaient de les repérer instantanément dans une rangée de disques, son logo composé d'un i collé à un point d’exclamation !, ses pochettes doubles en carton fort couvertes de photos somptueuses et sa devise « The New Wave In Jazz », Impulse! entra dans l’histoire et fit connaître au monde entier les musiques avant-gardistes d’Archie Shepp, Albert Ayler, Alice Coltrane, Ahmad Jamal, Pharoah Sanders, Yusef Lateef, Gato Barbieri, Oliver Nelson, … et bien d’autres. Les pochettes d’Impulse! présentaient généralement des photographies en couleur de musiciens prises sous des angles artistiques, parfois à contre jour en nimbant l’artiste d’une aura lumineuse comme pour mettre en exergue son statut de nouveau prophète du jazz (Kulu Se Mama). Les photos sont d’ailleurs d’une extraordinaire qualité offrant des jeux de couleurs et des contrastes fascinants pour un impact maximal. Impulse! utilisait généralement les mêmes photographes parmi lesquels on repèrera plus souvent que d’autres les noms de Charles Stewart et de Chuck Stewart. Mais la pochette la plus célèbre du label Reste sans doute celle de A Love Supreme : bien que Chuck et Charles soient crédités dans les liner notes pour d’autres épreuves et que la photo de couverture avait été réservée au célèbre photographe Lee Tanner, c’est finalement le producteur de la session Bob Thiele qui utilisa un de ses propres clichés en noir et blanc de Coltrane. Toutefois, c’est une photo de Lee Tanner prise au cours du Jazz Workshop de Boston en 1963 qui sera choisie pour illustrer deux ans plus tard la pochette de John Coltrane Quartet Plays (Chim Chim Cheree).

Pete Turner / Wes Montgomery
Pete Turner / Stanley Turrentine
Nat Adderley : You, BabyPaul Desmond : Summertime
Freddie Hubbard : First LightPete Turner / deodato
Pete Turner & CTi Records



Wes Montgomery : Road Song (CTi), 1968
Stanley Turrentine : Salt Song (CTi), 1971

Nat Adderley : You, Baby (CTi), 1968
Paul Desmond : Summertime (CTi), 1968
Stanley Turrentine : First Light (CTi), 1971
Deodato / Airto : In Concert (CTi), 1973
Bien que l'imagerie propre au jazz ait continué à subsister à travers son histoire et son évolution, l'émergence du rock à la fin des années 60 a contribué à éroder partiellement cette spécificité. C'est aussi à partir de cette époque que les compagnies de disques se sont résignées à octroyer certaines concessions aux artistes qui se sont mis à accorder de plus en plus d'importance à l'aspect visuel de leur musique. Certains groupes ont engagé des artistes, illustrateurs ou photographes, parmi leurs connaissances dans les écoles d'art. Une des conséquences a été un soudain élargissement des intérêts, des messages et des possibilités. Les pochettes sont devenues moins évidentes, plus obliques dans l'interaction image - musique et parfois même carrément cryptées, destinées alors à des initiés qui s'amusent à les décoder pour y rechercher des messages cachés (Rappelez-vous la pochette du Sergent Pepper's des Beatles qui contenait assez de symboles et de références obscures pour écrire un mémoire d'étude).

En 1967, le producteur Creed Taylor, qui travaillait alors pour Verve Records, décide de créer son propre label et passe un contrat de production et de distribution avec A&M Records. Son nouveau label s'appelle CTi Records (pour Creed Taylor Inc.) et il se distingue par une sophistication et un exotisme qui tranche radicalement sur les productions de l'époque. Le recours systématique au designer Sam Antupit et surtout aux photographies de Pete Turner, qui accentuent encore cette aura de fraîcheur et de modernité, contribue largement au succès commercial du label. Célèbre pour ses clichés pris au cours de voyages autour du monde, Turner attire l'attention par son travail sur la couleur considérée comme un élément graphique à part entière. Avec lui, Cti abandonne les portraits classiques de musiciens et propose sur des pochettes doubles et glacées de superbes photos qui n'ont qu'un lien parfois évident et parfois ténu avec le titre de l'album ou la musique de l'artiste. Ainsi la route sur l'album Road Song pour Wes Montgomery, l'océan pour Salt Song de Stanley Turrentine ou encore la fonte des glaces pour le Summertime de Paul Desmond apparaissent comme des choix plutôt évidents. L'image pour l'album en concert de Eumir Deodato est plus cryptique : elle fait référence au fameux monolithe noir de 2001, l'Odyssée de l'Espace et à travers lui à l'ouverture de Also Sprach Zarathustra de Richard Strauss qui ouvrait le film de Kubrick et qui, repris par Deodato, devint son plus célèbre morceau et sa signature. Aujourd'hui, les albums originaux de CTi sont très recherchés par les collectionneurs surtout que le catalogue (devenu entre-temps la propriété de Columbia, lui-même une partie de Sony Music) n'a été réédité en compact que partiellement et de manière aussi sporadique qu'anarchique.

Miles Davis : Bitches BrewMiles Davis : Live EvilReturn To Forever : Romantic Warrior
Abdul Mati Klarwein & l'influence du Rock

Miles Davis : Bitches Brew, CBS (1969)
Miles Davis : Live Evil, CBS (1970)
Return To Forever : Romantic Warrior, CBS (1976)


Fin des années 60 : le rock psychédélique impose un style artistique aussi bien sur le plan musical que graphique. En ce qui concerne les pochettes, le recours au surréalisme, au collage, à la fantasy ou à la science fiction a permis la création d'images nouvelles avec des combinaisons de couleurs et de thèmes jusqu'alors insoupçonnées. L'album devient un objet de contemplation pendant que l'on écoute la musique et l'illustration fait un retour en force par rapport à la photographie. En jazz, les artistes les plus connus du grand public, parce qu'ils se sont imprégnés d'une manière ou d'une autre de la nouvelle culture populaire, ornent les pochettes de leurs albums d'images qui ne dépareraient en rien une collection de disques de rock. En 1969, Miles Davis confie l'illustration du fabuleux Bitches Brew et ensuite une année plus tard celle de Live/Evil à Abdul Mati Klarwein, l'homme qui a réalisé l'une des plus belles pochettes de l'histoire du rock pour Santana (Abraxas). Aussi intenses et parfois plus connues que la musique qu'elles abritent, ces peintures surchargées sont riches d'un symbolisme mystique et/ou magique et dégagent une aura à la fois sensuelle et provocatrice. Klarwein n'a pas réalisé beaucoup d'autres oeuvres dans le domaine musical sinon quelques illustrations pour Reuben Wilson, Buddy Miles, Jon Hassell, George Duke, Jackie McLean, Osibisa et quelques autres mais aucune ne vaut celles conçues pour Miles et Santana. Quant à l'illustration de Electric Warrior, due à Wilson McLean, elle aurait pu convenir à n'importe quel disque de rock progressif inspiré par le folklore médiéval comme Gryphon ou Jethro Tull. Il ne s'agit là que de quelques échantillons représentatifs de cette tendance. On en trouvera d'autres en recherchant sur le Net ou chez les disquaires les pochettes d'autres albums dont voici quelques exemples plutôt réussis :
  • Sonny Fortune : Awakening (A&M), 1975 - Illustration : Robert Krogle
  • Freddie Hubbard : Liquid Love (CBS), 1975 - Illustration : Lou Beach
  • Miles Davis : Agharta (CBS), 1975 - Design : Tadanori Yokoo
  • Lenny White : Venusian Summer (Nemperor), 1975 - Illustration : Larry Kresek
  • Deodato : First Cuckoo (MCA), 1975 - Design / photo : Carmine Macedonia
  • Jon Hassell : Earthquake Island (MCA), 1978 - Cover painting : Mati Klarwein

Barbara Wojirsch / Jan GarbarekMayo Bucher / Keith Jarrett

Dieter Rehm / Keith JarrettJim Bengston / Arild Andersen

L'esthétique ECM



Jan Garbarek Quartet : Afric Pepperbird (1970) - Cover Design : Barbara Wojirsch

Keith Jarrett : La Scala (1997) - Cover Graphics & Drawing : Mayo Bucher

Keith Jarrett Trio : Always Let Me Go Live in Tokyo (2002) - Design & Cover Photo : Dieter Rehm

Arild Andersen : Hyperborean (1997) - Cover Photo : Jim Bengston
En 1969, l'ancien contrebassiste allemand Manfred Eicher créée le label ECM pour enregistrer les nouvelles musiques improvisées de musiciens américains comme Keith Jarrett ou Pat Metheny mais en laissant aussi une porte grande ouverte aux influences classiques et folkloriques européennes. Aujourd'hui, le label visionnaire est reconnu pour son esthétisme bien défini par sa devise - Le plus beau son après le silence - et il symbolise l'inventivité, les apports et les incroyables mélanges opérés au sein du jazz par les musiciens européens. Mais Eicher ne s'est pas contenté d'imposer un style musical, il a aussi permis l'éclosion d'un style graphique à part mettant bien en valeur la pureté glacée des productions cristallines du label munichois. Barbara Wojirsch fut l'un des premiers designers du label : elle a créé de nombreuses pochettes dont la simplicité apparente n'a d'égale que l'efficacité et a mis au point ce fameux style typographique épuré et austère qui est encore utilisé aujourd'hui. ECM s'est aussi fait remarquer par ses pochettes avec de superbes photographies, souvent en noir et blanc, représentant des rivages ou d'autres paysages désolés, froids, inhabités et figés sous des cieux sombres et tourmentés. Jim Bengston est l'un de ses talentueux photographes inspirés par la nature ayant réalisé quelques belles pochettes pour Arild Andersen (Hyperborean, 1997), Marilyn Crispell(Nothing Ever Was, 1997), David Darling (Dark Wood, 1993) ou Trygve Seim (Different Rivers, 2001). Dieter Rehm est un autre photographe régulier du label qui travaille lui en couleur et a réalisé quelques pochettes célèbres de la firme pour des disques entre autres de Pat Metheny (Travels, 1982), Zakir Hussain (Making Music, 1986), Steve Tibbetts (Yr, 1980) et Keith Jarrett (Live in Tokyo, 2002). Quant au peintre suisse Mayo Bucher, il symbolise mieux que quiconque l'art d'ECM. Ses oeuvres épurées qui relèvent à la fois de l'abstraction et de la géométrie font naître une impression de constante opposition entre deux mondes en apparence totalement étrangers : le son et le silence, la réalité et l'imaginaire. Bucher a réalisés quelques pochettes pour des disques de John Abercrombie (Tactics, 1996), Ketil Bjornstad et David Darling (River, 1996), Keith Jarrett (La Scala, 1997) et Ralph Towner (Ana, 1997) et l'esthétisme imaginé par Manfred Eicher n'a probablement jamais mieux été représenté que par ces graphismes abstraits d'une beauté confondante.

L’avènement du disque compact et au-delà.
Le label Mogno RecordsDans les années 80, l’industrie du disque fut bouleversée par la diffusion d’un nouveau média : le disque compact. D’un point de vue graphique, ce fut d’abord ressenti comme une catastrophe : les beaux albums 30 cm en carton fort se sont vus progressivement remplacés par des boîtiers de plastique de 12 cm offrant juste l’espace nécessaire pour indiquer lisiblement le nom du groupe et des musiciens ainsi que les titres des plages. Alors que la mort de la pochette apparaissait inéluctable, les artistes se sont adaptés en trouvant des alternatives pour compenser la réduction drastique des dimensions du disque. ECM par exemple entoure ses boîtiers d’un emballage en carton fort qui augmente sensiblement la surface disponible. Verve, Blue Note ou Atlantic ont réédité leurs collections sous la forme de digipacks : des supports cartonnés qui se déplient en triplant ou même quadruplant la taille de la pochette, offrant du même coup de nouvelles possibilités graphiques par l’enchaînement des images que l’on découvre au fur et à mesure que l’on déplie l’album. Sony édite des coffrets luxueux regroupant plusieurs cédés couvrant une partie de l’œuvre d’un artiste ainsi qu’un carnet comportant parfois plus de 100 pages qui détaille les partitions tout en présentant des photographies inédites des sessions ou des concerts. Beaucoup de boîtiers sont aussi devenus transparents laissant apercevoir en fond des images qui se combinent harmonieusement avec les couleurs du disque lui-même. Enfin, la plus grande révolution aura été l’invention du livret qui, sur plusieurs pages richement illustrées, analyse les titres et fourmille de renseignements sur les artistes, leurs œuvres, les paroles des chansons, les conditions d’enregistrement … etc. Ces livrets fort prisés des mélomanes permettent à nouveau d’écouter la musique de manière active en apprenant tout ce qu’il faut savoir pour mieux en apprécier les valeurs. Beaucoup de labels, surtout indépendants, se sont ainsi créés un style propre qui permet de les reconnaître au premier coup d’œil. Citons pour exemple ACT en Allemagne, Dreyfus Jazz en France, Winter & Winter aux Etats-Unis et, pour la seule petite Belgique, Igloo, De Werf ou encore Mogno Records dont les digipacks au design stylisé sont particulièrement réussis.

Aujourd’hui, outre l’invention du DVD de musique qui se répand de plus en plus, une nouvelle mutation se prépare avec le téléchargement de fichiers MP3 à partir de sites Internet payants. La musique digitale se libère de son support visuel et redevient une abstraction pure. En apparence tout au moins car les graphistes s’adapteront un nouvelle fois. On peut imaginer que parallèlement aux sites musicaux se développeront sur le web des sites dédiés aux groupes et aux musiciens autorisant le téléchargement d’illustrations, de photos, de livrets complets avec le détail des biographies, des discographies et les textes des chansons. Ainsi que des vidéos présentant le groupe en action pendant la session d’enregistrement ou en concert ou qui permettront d’entendre des spécialistes ou l’artiste lui-même s’exprimer sur son art et son oeuvre. C’est d’ailleurs déjà le cas pour les quelques jazzmen modernes au fait de la technicité mais il est probable que, dans les années à venir, on assistera à une généralisation de ces procédés. A ce moment-là, la pochette imprimée traditionnelle aura bel et bien disparu …. Et qui s’en souviendra encore ?



Partie I : Alex Steinweiss - James Flora - David Stone Martin - Burt Goldblatt
William Claxton, Pacific Jazz & Contemporary Records - Prestige & Riverside.



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