Jazz International (9) : Jazz Short Stories


Ces clichés historiques, collectés sur Internet ou dans des magazines, ont été pris par divers photographes
dont les noms, quand il a été possible de les retrouver, sont indiqués sous chaque image


- Volume IX -


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A Great Day in Harlem 1958

"A Great Day in Harlem 1958", photo par Art Kane

"C'est la photo la plus célèbre de l'histoire du jazz : le portrait de 57 musiciens réunis par Art Kane le 12 août 1958 dans la 126e rue de Harlem à New York. De Monk à Mingus, de Lester Young à Dizzy Gillespie et de Count Basie à Horace Silver, ils étaient tous présents sur le trottoir à 10h du matin. Parmi les grands absents figurent Louis Armstrong, Duke Ellington, Billie Holiday et Ella Fitzgerald mais aussi Miles Davis et John Coltrane qui deviendront bientôt les fers de lance d'une nouvelle génération de jazzmen (Kind Of Blue sortira en 1959, année de publication de cette photo dans le magazine Esquire)."


Ornette Coleman

Ornette Coleman, photo : Jimmy Katz

"Le maître de l'abstraction, Ornette Coleman, photographié dans sa maison à New-York comme s'il faisait lui-même partie d'un tableau abstrait. Ce dernier donne l'illusion d'une voie lactée avec une myriade d'étoiles, ce qui a fait dire au photographe, Jimmy Katz : "Ornette a ouvert la voie pendant tant de décennies. Il a exploré l'univers pour nous tous". Cette splendide photo est tirée du livre de Jimmy & Dena Katz, Jazz Katz : The Sounds of New York (Jazzprezzo, 2007), un superbe volume de 188 pages offrant 175 clichés en noir et blanc des principaux jazzmen actuels."


Duke Ellington dans les années 30

Duke Ellington dans les années 30, Frank Driggs Collection

"Dans les années 20 et 30, Duke Ellington veut développer son art, composer et jouer à l'abri des nombreuses contingences. Ça tombe bien, au Cotton Club de Harlem et dans sa filiale de Chicago, il est sous la protection des gangsters et, en particulier d'Al Capone, fan de jazz et imprésario occasionnel. Avec ses petits yeux plissés, Capone a fixé ses ouailles et, en levant l'index, leur a donné un ordre péremptoire : "personne n'embête Duke Ellington." Supporté par un tel mécène, le talentueux maestro n'eut aucun mal à s'imposer comme le roi incontesté des "Jungle Nights" de Harlem et d'ailleurs."


Louis Armstrong & Django Reinhardt

Louis Armstrong & Django Reinhardt, date et lieu inconnus, peut-être en 1946 (photo non créditée)

"Il est notoire que Louis Armstrong était l'idole de Django Reinhardt. En revanche, les sentiments de Louis envers Django étaient plus réservés. Dans son livre, Michael Dregni note que quand Charles Delaunay passa un disque de Django au trompettiste, "ce dernier ne montra aucun enthousiasme mais accepta de rencontrer Django comme une faveur." Mais lors de leur première rencontre à l'appartement de Louis, ce dernier très occupé à s'habiller pour dîner ne montra aucune affinité pour Django qui resta planté avec sa guitare. Un essai de jouer un morceau n'eut pas d'effet sur Louis et c'est un Django dépité qui finalement prit congé de son hôte indifférent. Cette photo me paraît bien illustrer l'agacement de Louis en présence de Django même si le contexte dans lequel elle a été prise m'est inconnu. Mais peut-être qu'après tout, comme certains l'ont suggéré, que Louis n'était ici qu'incommodé par la fumée de la cigarette que Django tenait à la main ? "


James Carter

James Carter en l'an 2000 à New York (photo : Arthur Elgoort)

"Comme d'autres collectionnent les guitares, le saxophoniste James Carter est un collectionneur, historien et réparateur de saxophones, depuis le sopranino jusqu'au baryton en passant par des modèles plus rares comme le Fmezzo ou le saxophone basse. Il en en possède de très anciens modèles ayant fait l'histoire du jazz comme un ténor spécial ayant appartenu à Don Byas. Doué d'une mémoire prodigieuse, ce musicien peut jouer tous les styles avec une désinvolture savante et s'approprier tous les répertoires avec une impétuosité gourmande. Il faut absolument l'avoir vu endosser le rôle de Ben Webster dans le film Kansas City de Robert Altman. On l'aperçoit ici posant avec un de ses instruments fétiches en l'an 2000 sur un trottoir de New York pour la caméra du photographe Arthur Elgoort."


Lucky Peterson

Pat Martino, Photo de Pierpaolo Ferrari pour l'album Formidable (2017)

"Dans les années 70, Pat Martino devint l'un des guitaristes les plus renommés du jazz, enregistrant coup sur coup des albums superbes. Mais en 1980, à la suite d'une opération pour un anévrisme cérébral, il est frappé d'amnésie. Il oublie toutes ses chansons, tous ses accords et ne sait même plus comment utiliser son instrument. Il réapprend alors à jouer depuis le début, en réécoutant ses propres disques. Miracle, sept années plus tard, grâce à un travail intensif, paraît un album intitulé The Return sur lequel le musicien a retrouvé son célèbre phrasé staccato très rapide et harmoniquement très riche. Et en 2004, il sera même élu "Guitariste de l'année" par Down Beat. Pat Martino n'a pas que le profil du lion, il en a aussi le courage!"


Pat Martino

Lucky Peterson, Festival de Jazz à Carthage, 6 avril 2014 (Photo : Pierre Dulieu)

"Avec un demi-siècle de scène à son actif, Lucky Peterson était non seulement l'un des grands héritiers du delta blues mais il était aussi un enfant prodige de l'orgue, un chanteur à la voix rauque authentique, un guitariste électrique plein de verve et un showman extraordinaire. Sur scène, il combinait tout ça avec une passion phénoménale, faisant se lever et danser le public au milieu duquel il finissait invariablement par descendre en continuant de jouer de la guitare, comme ici au Festival de Jazz à Carthage en avril 2014."


Orson Welles & Charles Mingus

Orson Welles écoutant Charles Mingus et Horace Parlan au Five Spot, New-York, en 1958 (photo : Dennis Stock)

"A l'avant-plan, Orson Welles, le menton dans la main et apparemment très concentré, écoute la musique de Charles Mingus. Orson Welles aimait le jazz passionnément : il a d'ailleurs utilisé les ressources dramatiques de cette musique dans une scène de son chef d'œuvre, Citizen Kane (1941). Et il est notoire qu'à cette époque, il eut une aventure amoureuse avec Billie Holiday. Il avait aussi l'intention de tourner It's All True, un projet de film en plusieurs parties (dont la première est intitulée Jazz Story) qui malheureusement ne verra jamais le jour. Dix-sept ans plus tard, cette photographie, prise en 1958 par Dennis Stock, témoigne encore de la proximité qui a toujours existé entre Welles et le jazz."


Hank Mobley

Hank Mobley pendant la session "Straight No Filter" du 17 juin 1966 (photo : Francis Wolff)

"Francis Wolff fut, avec Alfred Lion, le cofondateur de Blue Note devenu le plus prestigieux label de jazz du XXe siècle. Il avait l'habitude de flâner dans le studio avec son appareil photo quand les musiciens répétaient et enregistraient leurs albums pour y capturer sur le vif quelques scènes qui serviraient ensuite à illustrer des pochettes devenues mythiques. La plupart des clichés de Francis Wolff sont en noir et blanc mais il en a aussi pris quelques-unes en couleur, comme ici Hank Mobley, photographié pendant la session "Straight No Filter" du 17 juin 1966. Il faut dire que le saxophoniste arborait ce jour-là un superbe pull jaune qui captait tous les regards!"


B.B. King à San Quentin

B.B. King donnant un concert en 1981 dans la prison d'État de San Quentin, Marin, Californie (photo non créditée)

"Quand en 1970, B.B. King accepta la demande du directeur de la prison de venir jouer devant les prisonniers de Cook County à Chicago, il en profita pour visiter les cellules avant de jouer. Le concert donné devant quelques 2.200 prisonniers assis sur des chaises pliables fit l'objet d'un disque qui remporta un énorme succès. Mais ce qui frappa King ce fut surtout le regard vide des détenus, leurs conditions de détention et le racisme qui couvait au sein de l'établissement dont la population carcérale comprenait environ 75% d'Afro-américains ou issus de races minoritaires. Conscient de leur avoir apporté pendant un bref moment une petite lueur d'espoir, B.B. King continua toute sa vie à offrir ses services à Cook County Jail ainsi qu'à d'autres prisons. Avec l'aide d'un avocat, il créa la Fondation pour la Promotion des Loisirs et de la Réadaptation des Détenus tandis qu'en 1998, le nombre de prisons américaines dans lesquelles il s'était produit dépassait les 50."







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