Jazz International (6) : Jazz Short Stories


Ces clichés historiques, collectés sur Internet ou dans des magazines, ont été pris par divers photographes
dont les noms, quand il a été possible de les retrouver, sont indiqués sous chaque image


- Volume VI -


[ Vol. I - Vol. II - Vol. III - Vol. IV - Vol. V - Vol. VII - Vol. VIII ]





Dexter Gordon

Dexter Gordon au Royal Roost de New York City, 1948
Photo : Herman Leonard


"Herman Leonard est le Rembrandt des photos de jazz. Ses personnages plongés dans la pénombre des clubs sont littéralement statufiés grâce à des prises de vue sous des angles inédits et à la mise en place de colonnes de lumière éblouissante qui révèlent tous les détails. Sa photo la plus iconique est celle du jeune saxophoniste Dexter Gordon (avec le batteur Kenny Clarke en arrière-plan) prise en 1948 au Royal Roost de New York City. Avec sa tête auréolée de clarté comme s’il recevait l’inspiration d’une muse invisible, Dexter pose sereinement devant le Speed Graphic du photographe, enveloppé dans la fumée de cigarette dont les volutes symbolisent les arabesques improvisées du jazz."


Tina Brooks

Tina Brooks photographié par Francis Wolff dans le studio de Rudy Van Gelder, Englewood Cliffs, NJ, 2 mars 1961

"Tina Brooks n’a pas eu de chance. Cet excellent saxophoniste ténor enregistra quatre albums pour Blue Note entre 1958 et 1961 dont un seul parut en son temps : True Blue. Les trois autres furent laissés de côté et Tina Brooks resta un inconnu pour la plupart des fans, vécut une fin de vie misérable et décéda dans l’anonymat en août 1974. La raison pour laquelle Blue Note ne sortit pas les albums de Tina Brooks de son vivant reste un mystère. Peut-être qu’Alfred Lion, qui était un maniaque de la précision, pensait que le saxophoniste pouvait encore faire mieux la prochaine fois. Les trois disques ont fini par être extraits des archives et édités à partir des années 80. Pour les avoir écoutés, je les trouve personnellement tout aussi bons que certains albums de Hank Mobley par exemple. Le destin prend parfois d’étranges chemins."


Keith Jarrett

Keith Jarrett (piano)
Photo non créditée, probablement ECM


"Le 24 janvier 1975, Keith Jarrett devait jouer à l'Opera House de Cologne devant 1300 personnes. Il avait exigé pour l'occasion un piano à queue Bösendorfer 290 Imperial mais une fois arrivé sur place, il constata qu'à la place, l'organisateur avait fait venir par erreur un autre instrument beaucoup plus petit : un Bösendorfer Baby Grand utilisé uniquement pour des répétitions qui se trouvait passablement désaccordé en plus d'avoir un problème de pédales. Après l'avoir essayé, Jarrett furieux menaça d'annuler le concert. Pendant qu'on cajolait l'artiste, une armée de techniciens se pencha sur le piano pour le rendre plus juste et jouable sans réussir pour autant à corriger tous les défauts. Et à 11h30 dans la soirée, Keith Jarrett accepta de monter sur scène et s'arrangea, en modifiant son jeu, pour compenser les lacunes de son instrument. Il donna ce soir là un concert exceptionnel qui reste encore aujourd'hui l'une de ses plus célèbres performances. Elle fut enregistrée et éditée sur l'album légendaire The Köln Concert qui devint son plus grand succès. En fin de compte, le piano imparfait que Jarrett pensait devenir son pire cauchemar s'avéra être plus une aubaine qu'une malédiction."


Enrico Rava

Enrico Rava. Photo Pierre Dulieu, prise au festival de Jazz à Carthage le jeudi 12 avril 2018

"A l'hiver 1957, Miles Davis était en tournée en Italie. Un soir qu'il jouait à Turin, un jeune homme de 18 ans qui s'essayait à jouer du jazz très classique au piano et au trombone était dans la salle. Au fur et à mesure que le concert se déroulait, une muse vint le visiter et quand il sortit du spectacle, Enrico Rava était devenu trompettiste. Depuis, Il a tout essayé, du free au symphonique en passant par le jazz européen romantique et, aujourd'hui, c'est lui qui est devenu une source d'inspiration pour les plus jeunes."


Lester Young

Photo Herman Leonard : les affaires de Lester Young à New York City en 1948

"Sur cette photo d'Elmore Leonard dédiée à Lester Young, le musicien n'apparaît pas dans l'image. A la place, on ne voit que ses affaires : un étui ouvert de saxophone, une feuille de musique, une bouteille de coca, une cigarette et son chapeau, le fameux "pork pie hat" qui permet de l'identifier immédiatement. Cette nature morte nous invite à nous raconter une histoire : Lester a pris son instrument et déposé sa cigarette et son chapeau (qu'il ne quittait pratiquement jamais) avant d'aller en session dans la pièce à côté. En voyant ces objets inanimés, c'est l'histoire du jazz qu'on se remémore, ses artistes et ses sessions légendaires jusqu'au solo de sax de Sheik Of Araby que lester était peut-être parti enregistrer ce jour-là."


Count Basie

Count Basie. Photo : Jay Maisel

"Un splendide cliché artistique de Count Basie pris par le photographe new-yorkais Jay Maisel, surtout connu pour avoir réalisé la pochette du plus célèbre album de jazz de tous les temps : Kind of Blue de Miles Davis."


Session Kind Of Blue

John Coltrane, Cannonball Adderley, Miles Davis et Bill Evans.
Session « Kind Of Blue », 1959, photo : Donald Robert Hunstein


"Le photographe américain Donald Robert Hunstein travailla pour le studio interne du label Columbia de 1955 à 1986. Sa plus grande heure de gloire fut la photo qu'il prit en 1963 de Bob Dylan marchant bras dessus bras dessous avec son amie Suze Rotolo dans une rue de Greenwich Village au soleil couchant. Elle est entrée dans l'histoire du rock en faisant la couverture de The Freewheelin' Bob Dylan. Mais Don Hunstein fut aussi le bienheureux photographe attitré des deux sessions « Kind Of Blue » de Miles Davis qui eurent lieu les 2 mars et 22 avril 1959 dans le studio Columbia de Manhattan. Sur cette photographie, on peut ainsi voir les 3 légendaires souffleurs du sextet regroupés autour du piano de Bill Evans, soit de gauche à droite Coltrane, Cannonball Adderley et Miles Davis."


Duke Ellington

Duke Ellington photographié par Herman Léonard à l'Olympia de Paris en 1958

"Cette photographie prise par Herman Léonard à l'Olympia de Paris en 1958 est chargée de symboles. Duke Ellington, commençant ou finissant un morceau, y apparaît sur scène sublimé par des rayons de lumière qui percent l'obscurité. Le photographe a voulu ainsi amplifier l'autorité du Duke en tant que maître de musique, figure solitaire et presque inaccessible. C'est une vision idéalisée, iconique, et romantique aussi, qui hisse cet interprète, compositeur et arrangeur du XXe siècle au niveau des génies de la musique reconnus comme tels aux Etats-Unis : Aaron Copeland, George Gershwin et Leonard Bernstein. Certains y ont vu également l'engagement d'un photographe qui, en son temps, avait su dépasser le poids du racisme pour porter au panthéon des héros américains un musicien noir dont le talent n'avait rien à rendre à personne."


Billie Holiday

Billie Holiday et son Boxer nommé Mister, Downbeat club backstage, New York, février 1947. Photo William P Gottlieb

"En 1943, Billie Holiday est au zénith. Les clubs la réclament, le magazine Life lui consacre une double page et, dans la rue, tout le monde la reconnaît et l'interpelle : "Hé Lady Day !" Billie profite de son nouveau statut de star. Elle compose elle-même son répertoire et, avant de chanter, exige un silence total. Elle s'habille d'une robe élégante, met des colliers de perles et des gardénias blancs dans ses cheveux … et enfile un manteau de vison pour déambuler dans la 52e Rue. Elle a aussi désormais un superbe Boxer nommé Mister qui l'accompagne partout et la protège contre ses fans trop empressés. Mister entre dans les clubs d'Harlem où il est le seul chien à être admis (on ne refuse rien à Lady Day.) Les hommes de sa vie n'ont pas mérité beaucoup d'estime mais pour Mister, la belle Billie tricote des pulls, le revêt de fourrure quand il fait froid, lui cuisine des steaks énormes et l'emmène faire des ballades dans New York autour de minuit."


Art Blakey

Art Blakey par Francis Wolff, "A Night In Tunisia" session, Van Gelder Studio, Englewood Cliffs, NJ, 7 août 1960

"La majorité des photos prises par Francis Wolff l'ont été avec un Rolleiflex associé à un flash tenu à bout de bras. Il tenait la caméra dans sa main gauche et le flash dans sa main droite levée, un peu comme la statue de la Liberté, essayant de placer sa source lumineuse dans la meilleure position possible. Pendant les sessions Blue Note, Art Blakey était le tonnerre et Francis, la lumière !" (Rudy Van Gelder, ingénieur du son chez Blue Note)







This website is a public service to anyone interested to know more about jazz and blues musicians.
The photographs and magazine excerpts are offered under the assumption that it is "fair use" to share this with
individuals on a non-profit basis. Any picture considered questionable will be removed if requested
to do so by anyone holding copyrights if they voice objection to their material being included here






Signez mon livre d'or Commentaires et avis sur ce site : livre d'or
DragonJazz FB
Contact pour promotion et chronique : @dragonjazz.com

Retour à la page d'index


© 1998-2018 DragonJazz