Rock progressiste : les Nouveautés 2021 (Sélection)



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JPL : Sapiens, chapitre 2/3 : Deus Ex Machina (Indépendant / Bandcamp), France, 12 mars 2021
Sapiens, chapitre 2/3 : Deus Ex Machina
1, Le flambeur (8.53) - 2. Deus ex Machina (1) : La Machine (5.41) - 3. Deus ex Machina (2) : Une pièce pour nous gouverner tous (6.40) - 4. Terre brûlée (8.52) - 5. Encore humains ? (12.48)

Jean Pierre Louveton (chant, guitares, basse, instruments virtuels); Jean Baptiste Itier (batterie); Florent Ville (claviers, programmation, instruments virtuels); Guillaume Fontaine (claviers, programmation, instruments virtuels); Stéphanie Vouillot (chœurs)


Ça démarre sur les chapeaux de roue avec Le Flambeur. Guitares pyrotechniques et rythmique lourde délivrent un heavy rock à haut indice d'octane qui accompagne la course folle d'un protagoniste vers on ne sait où. Le lien avec le premier volume de Sapiens demeure obscur mais ce n'est pas grave, on comprendra mieux plus tard. Cette introduction particulièrement dynamique et remplie de verve instrumentale dure quand même presque 9 minutes et a l'avantage de stresser l'auditeur afin de le mettre en condition pour ce qui va suivre.

Deus Ex Machina 1 : la machine prend graduellement le contrôle sur une musique forte où les claviers tiennent cette fois un plus grand rôle. L'idée maîtresse du concept avec l'avènement de la robotique se met en place tandis que ce premier volet se termine sur des accords grandioses et pleins de souffle dans la plus pure tradition d'un prog épique. La seconde partie de ce morceau, Une Pièce Pour Les Gouverner Tous, est un des grands moments de l'album : un idéal sonique de grande qualité avec un solo de guitare éblouissant qui monte dans les hautes couches atmosphériques comme pour célébrer la toute puissance de la nouvelle divinité.

Décidément si ce disque est l'un des plus musclés de Jean-Pierre Louveton, il est aussi l'un des plus variés. Terre brûlée est une formidable épopée conquérante dont les paroles dramatiques et signifiantes résonnent avec une belle vitalité. Encore Humains? clôture l'album en beauté avec une pointe de nostalgie. La partie instrumentale enrichie par les chœurs de Stéphanie Vouillot n'a aucune difficulté à vous happer dans l'ailleurs. L'album nous laisse alors sur un constat désespérant : nous somme la créature qui ne sait plus d'où elle vient. Sommes-nous maintenant machine ou encore un peu humain ? Ne doutons-pas que l'épisode trois pourvoira à cette ultime question existentielle.

Une fois de plus Jean-Pierre Louveton l'a fait. Avec son univers mi sociologique mi science-fictionnel qui évoque parfois les textes de Neil Peart pour Rush, ce second volet de sa trilogie Sapiens en impose et, surtout, impose son créateur comme une des figures de proue d'un mouvement progressiste francophone toujours fier et debout. Recommandé ! [4½/5]

[ Chronique de Pierre Dulieu ]

[ Sapiens, chapitre 2/3 : Deus Ex Machina sur Bandcamp ]
[ A écouter : Deus ex Machina 1 : La Machine - Deus ex Machina 2 : Une Pièce Pour Les Gouverner Tous ]

Psychic Equalizer : Revealed II (Bandcamp), Espagne, 19 mars 2021
Revealed II
1. The Astronomers (7:09) - 2. Destination Zero (8:31) - 3. Something Hurts (4:53) - 4. The Last Of Humankind (5:36)- 5. You Won't Have My Faith (4:28) - 6. Lament (3:30)

Hugo Selles (claviers, basse); Carlos Barragán (guitares classiques et électriques); India Hooi (chant, bansuri, guitares acoustiques, claviers); Adrian Ubiaga (claviers, basse) + James Knoerl (drums)


Revealed IRevealed est une curiosité composée de 2 EP (5 morceaux pour le 1er et 6 pour le 2ème) constituant une suite cohérente à tous points de vue. La première partie est disponible depuis le 23 avril 2020. La seconde, à laquelle cette chronique se rapporte, sortira le 19 mars 2021.

The Astronomer est une belle métaphore sur la recherche, le savoir, l'intégrité. Mise en musique dans un emballant morceau à tiroir où les mélodies se succèdent, virevoltent, donnent lieu à des échanges entre claviers/piano et guitare, sous forme de dialogue ou de parties communes. Des breaks et accalmies complexifient cette pièce qui accroche l'auditeur par sa structure complexe et son refrain accrocheur et mémorisable. Très bon choix pour ouvrir les hostilités.

L'enfermement (les lois, les guerres, les frontières imperméables) est le thème de Destination Zero. L'introduction passe en rythmique impaire avant de céder la place à une accalmie (piano) et de repartir de plus belle dans une cavalcade avec joute entre guitare (avec basse « calée » dessus) et piano dans un tempo rapide et enlevé. Après un retour au thème principal et au chant (léger, enrichi de vocalises), une dernière envolée survient avant une fin abrupte. Something Hurts débute par un chant accompagné au piano avant l'entrée, majestueuse, de l'orchestre qui brode un motif musclé et très néo-progressif dans sa conception. La voix est magnifique et chante sa peine et sa souffrance sur une orchestration robuste avant un retour au calme (piano-voix) pour s'éteindre sur quelques dernières notes de clavier.

Appuyée par la flûte, l'entrée en matière, douce et vespérale, de The Last Of Humankind ne laisse en rien présager l'arrivée d'une guitare saturée en shred avant que l'orchestre ne déboule au grand complet. Le tempo est rapide et le son plutôt « métal ». Break, avec piano bastringue, pour entrer dans une phase complexe à la structure un peu math rock. Le chant guide à nouveau la pièce vers une ambiance plus progressive (chœurs du plus bel effet) avec une mélodie bien marquée et une jolie intervention de guitare solo. La voix monte en toute fin pour s'arrêter brusquement, comme sur un cri. Il est vrai que ce morceau est très noir et véhicule un désespoir porté par India Hooi avec une grande conviction.

Sur You Won't Have My Faith, la chanteuse débute son texte avec quelques notes de piano en appui avant que la pièce ne se structure. Elle évoque la tromperie, les promesses non tenues, le mensonge et la trahison. Morceau calme, mélodique, simple… qui se termine avec la dernière phrase mourante qui donne son titre à la chanson. Lament est une pièce orchestrale avec des vocalises prenantes. C'est très fin, presque aérien, chaque musicien jouant avec retenue. Un crescendo de voix mêlées/doublées donne une certaine majesté avec un finale en douceur.

Psychic Equalizer, quintet au line-up stable, est en constante évolution. Les préoccupations humaines, philosophiques, écologiques, politiques des artistes imprègnent les chansons à travers des textes intelligents et poétiques. Musicalement, la diversité est au rendez-vous ainsi qu'un savoir-faire indéniable pour trousser des mélodies accrocheuses, surprendre par des développements inattendus, des trouvailles sonores, des contrastes étudiés, le tout avec un naturel parfait, une sorte d'osmose. L'écoute est un vrai moment de bonheur immersif et l'attention est maintenue sur la longueur.

Les deux parties de Revealed se complètent à la perfection, jusque dans les visuels, et forment une œuvre achevée et soignée. [4½/5]

[ Chronique d'Alain Bourguignon ]

[ Revealed II sur Bandcamp ] [ Revealed I sur Bandcamp ] [ Revealed sur Amazon ]
[ A écouter : The Astronomers (Revealed II) - Summer Clouds (Revealed I) - Unveiled (Revealed I) ]

The Flying Caravan : I Just Wanna Break Even (2 CD / Digital / Bandcamp), Espagne, 11 janvier 2021
I Just Wanna Break Even
1. Get Real (7:44) - 2. Flying Caravan (6:49) - 3. Upstream to Manonash (7:20) - 4. Love's Labour Mislaid (6:39) - 5. The Bumpy Road to Knowledge (16:45) - 6. A Fairy Tale for Grown-Ups, Part 1: Northern Lights (6:47) - 7. A Fairy Tale for Grown-Ups, Part 2: Change of Revue (5:05) - 8 .A Fairy Tale for Grown- Ups, Part 3: S.A.D. (Solitude Affective Disorder) (9:11) - 9. A Fairy Tale for Grown-Ups, Part 4: The World Had Turned Over (And I Couldn't Hold On) (4:42) - 10. A Fairy Tale for Grown-Ups, Part 5: Moonlight Labyrinth (3:52) - 11. A Fairy Tale for Grown-Ups, Part 6: Second Thoughts (2:57) - 12. A Fairy Tale for Grown-Ups, Part 7: The Sum of Your Fears (3:29) - 13. The Bumpy Road to Knowledge (16:56)

Antonio Vaiente (guitares); Izaga Plata (chant et voix); Pedro Pablo Molina (basse); José Sanchez (claviers); Lluís Mas (batterie, percussions) + Invités : Manuel Salido (saxophone); Juan Carlos Aracil (flûte); Jorge Aniorte (voix)


I Just Wanna Break Even (2 CD)Originaire d'Alicante, en Espagne, The Flying Caravan nous propose son premier album : I Just Wanna Break Even, disponible depuis le 11 janvier 2021. N'ayant peur de rien, ils pénètrent dans l'arène du rock progressif avec un double CD. La pièce d'ouverture, très blues et instrumentale, nous amène dans le vif du sujet avec un son catchy quand les claviers entrent dans la danse. Tel un hymne, The Flying Caravan pose les bases de ce qu'est le groupe. Upstream to Manonash lorgne vers Pink Floyd tandis que le chant d'Izaga Plata enjolive la chanson. Love's Labour Mislaid, avec sa guitare à la Santana, se démarque légèrement du reste. Avec ses 16 minutes, The Bumpy Road to Knowledge évoque un peu le King Crimson des débuts, la flûte et le saxo en plus.

A Fairy Tale for Grown-Ups entame le second disque comme une suite en plusieurs parties : Northern Lights est un instrumental très réussi; introduit par la basse et la guitare bientôt rejointes par le chant d'Izaga, Change of Revue pose des questions existentielles; S.A.D. (Solitude Affective Disorder) continue ce cycle à la manière d'un Styx en pleine forme; The World Had Turned Over (And I Couldn't Hold On) avec une allusion à la rédemption se caractérise par un chant très doux; introduit par la basse rejointe par les claviers, Moonlight Labyrinth est un instrumental dominé par la guitare; Second Thoughts apparaît très lyrique avec une orchestration au top niveau. The Sum of Your Fears termine le cycle sur un beau duo chant/guitare. Retour enfin à The Bumpy Road to Knowledge dans une version alternative plus orchestrée.

Si le néo-prog doit aller vers ce type de production ; je signe à deux mains. Tout, depuis les références des années 60-70 aux sons les plus modernes, se trouve magnifiquement exploité ici. Ce splendide double CD, basé sur des textes profonds et signifiants, extraordinairement orchestré, arrangé et produit par une formation débutante, annonce, espérons-le, une belle carrière discographique. En tout cas, si ceci n'est pas un grand disque, je n'y comprends plus rien ! [4½/5]

[ Chronique d'Alain Bourguignon ]

[ The Flying Caravan sur Bandcamp ]
[ A écouter : Get Real - Flying Caravan - Upstream to Manonash ]

Transatlantic : The Absolute Universe: Forevermore (extended version) (InsideOut Music / 2 CD), 2021
The Absolute Universe: Forevermore
CD 1 (47:12) : 1. Overture (8:11) - 2. Heart Like a Whirlwind (5:11) - 3. Higher Than the Morning (5:29) - 4. The Darkness in the Light (5:43) - 5. Swing High, Swing Low (3:48) - 6. Bully (2:11) - 7. Rainbow Sky (3:19) - 8. Looking for the Light (3:59) - 9. The World We Used to Know (9:21)

CD 2 (43:02) : 10. The Sun Comes Up Today (5:38) - 11. Love Made a Way (prelude) (1:25) - 12. Owl Howl (7:05) - 13. Solitude (5:41) - 14. Belong (2:49) - 15. Lonesome Rebel (2:53) - 16. Looking for the Light (reprise) (5:12) - 17. The Greatest Story Never Ends (4:17) - 18. Love Made a Way (8:02)


Neal Morse (chant, claviers, guitare acoustique); Roine Stolt (guitare électrique, chant), Pete Trewavas (basse, chant); Mike Portnoy (drums, chant)


The Absolute Universe: Forevermore (extended version)Le retour après 7 années de silence du vaisseau Transatlantic est une bonne nouvelle. Peaufiné via Internet pendant de longs mois après une rencontre initiale du groupe en Suède au mois de septembre 2019, l'œuvre en impose. Contrairement à Steven Wilson qui cherche à tout prix à trouver de nouveaux sons, quitte à sombrer dans le versant pop de sa musique, celle de Transatlantic reste du prog épique et puissant créé par quatre musiciens hors normes au sommet de leur art. Dans la ligne directe de The Whirlwind, The Absolute Universe: Forevermore est un projet monumental vaguement conceptuel à propos des conflits entre l'homme et la société actuelle mais dont les titres peuvent fort bien être écoutés séparément.

Il existe une alternative à ce double CD : The Breath Of Life est une œuvre condensée de 90 à 60 minutes pour tenir sur un seul disque mais il est bon de savoir qu'il ne s'agit pas d'une version simplement éditée du double album mais bien de nouveaux enregistrements réalisés avec une approche différente et des textes modifiés. Laquelle des deux est l'achat prioritaire reste difficile à dire : le fait que la version longue a été éditée par Roine Stolt tandis que la courte est l'œuvre de Neal Morse vous donnera peut-être un indice. Dans les deux cas, les guitares flamboient, les claviers rutilent, la basse vrombit, la batterie enfonce les clous avec une redoutable efficacité et le chant comme les harmonies vocales sont au top : bref si les surprises par rapport aux opus précédents sont limitées, la musique est, quant à elle, absolument splendide et, avouons-le, c'est ainsi qu'on la préfère ! [4/5]

[ Chronique de Pierre Dulieu ]

[ The Absolute Universe: Forevermore (Extended Version) (CD / Vinyle / Digital) ] [ Absolute Universe: The Breath of Life (Abridged Version) (CD / Vinyle / Digital) ]
[ A écouter : The World We Used To Know (Forevermore, Extended Version) - Overture / Reaching For The Sky (The Breath Of Life, Abridged Version) ]

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